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07/12/2011

JACQUES D’ARNOUX

 


jacques d'arnoux,chiré,lecture et traditionJacques d’Arnoux n’est plus... Après une longue vie de souffrance, il vient de s’éteindre à l’âge de 85 ans, rappelé par Celui vers lequel il n’a cessé de se tourner tout au long de son calvaire.
Bien que nous ne connaissions pas son enfance et son adolescence, dont il n’a jamais parlé, nous pouvons supposer qu’il fut un jeune homme turbulent au caractère affirmé. N’a-t-il pas en effet quitté les bancs de son collège au moment de la Première Guerre Mondiale pour aller combattre l’ennemi qui envahissait sa Patrie? C’est ainsi qu’en 1917,
à l’âge de 20 ans, lors d’une reconnaissance aérienne, son avion fut abattu et s’écrasa dans le réseau allemand où il fut laissé pour mort et où, sous une incessante pluie de feu et d’acier, il attendit du secours 26 heures durant, avant d’être ramené derrière les lignes françaises, dans un état désespéré, puisque très grièvement blessé (vertèbres brisées, lésion de la moelle épinière qui entraîna une paralysie des membres inférieurs)
A compter de cette heure, le jeune homme, plein de vie et d’entrain qu’il était (n’oublions pas qu’il avait 20 ans!) doit se résoudre à passer le reste de ses jours pratiquement allongé et constamment alité. Ce furent d’abord 60 mois d’hôpitaux militaires dont il ne sortit qu’en 1922, puis presque soixante ans d’un calvaire physique épouvantable et insupportable pour tout commun des mortels. Mais Jacques d’Arnoux était un homme d’une trempe exceptionnelle. Il a ainsi pu faire cette confidence que la plus grande grâce qu’il reçut après celle de son baptême fut peut-être cette chute d’avion qui lui a permis d’utiliser le reste de sa vie pour la concentrer sur ce qui lui semblait le plus important, pour la consacrer au combat incessant
à mener contre les ennemis de son Dieu et de son Sauveur. Aux caractères de cette force, faut-il donc l’infortune pour leur révéler, comme des abîmes, leur puissance de résistance ?
Car il n’a cessé d’être un combattant. Ne pouvant plus lutter physiquement comme il l’avait d’abord choisi, il le fit par la plume et la pensée en donnant une extraordinaire leçon de courage et de ténacité, en persistant là où quiconque, à sa place, aurait probablement abandonné. Il fut de cette race d’hommes qui forcent l’admiration, mais qui également nous font un peu peur car «
on ne se sent pas de plain-pied avec les héros et les saints. Ils réclament un effort fatigant. Ils nous font vergogne de notre faiblesse, de notre pusillanimité, de notre inertie, de toute notre chair sensuelle ou tremblante, et ce n’est pas agréable » (Henry Bordeaux).
Dès lors, Jacques d’Arnoux engage un combat contre la mort. N’ayant pas connu la victoire sur le terrain, il lui faut sa victoire quotidienne. Peu à peu, il va gagner cette victoire contre la mort qu’il prend au collet pour la secouer chaque jour d’une poigne redoutable, car il veut
agir, il a besoin de parler, il a quelque chose à dire. Ces choses, il va les dire dans des ouvrages qui débordent d’une « énergie surhumaine avec l’amour qu’il porte aux autres et l’amour qu’il porte à Dieu; je ne sais quelle étrange joie l’habite et qui fait partie de sa nature, de  son être, de sa substance » (Michel de Saint-Pierre).
Les ouvrages qu’il va publier sont le fruit d’une réflexion intense, d’une spiritualité parvenue à des sommets que peu d’êtres humains ont atteints. Mais lui-même ne s’en attribuait aucun mérite personnel ; il a toujours pensé qu’il fut privilégié par la Providence qui, par l’entremise de ses infirmités, l’a détourné des chemins faciles, l’a séparé du monde comme de toute politique et lui a permis de mieux se défendre contre l’hypnose d’universel conformisme et d’avoir été préservé de cette folie du XX” siècle où trop de « bien pensants » s’acharnent à vouloir raccommoder les incompatibles et concilier les inconciliables ; d’avoir été gardé «
de cette troublante époque où trop de bergers prudemment détournés de la ligne de faîte, cette ligne de force de la justice, poussaient leurs troupeaux dans les lacets dérobés du moindre mal, du moindre risque ».
Et force nous est bien de constater que les desseins de la Providence sont vraiment impénétrables, car, en fait, que serait-il advenu de Jacques d’Arnoux s’il n’avait pas connu cette épreuve ? Comme il le dit lui-même, « sa vie, sans doute, se fut dispersée, gaspillée, sinon perdue ». Un caractère comme le sien ne se serait jamais contenté de demi-mesures, des faux semblants, de l’hypocrisie, du mensonge qui sont devenus le lot commun dans lequel nous devons aujourd’hui nous débattre sans discontinuer. C’est pourquoi ses livres nous apparaissent comme des sources d’eau claire, comme des oasis de pureté dans les terrains marécageux où nous nous embourbons, dans les déserts matérialistes qui dessèchent nos âmes.
Le premier qu’il publia en 1925 «
Paroles d’un revenant » (1) contient ses notes de guerre et celles qu’il rédigea durant ses 60 mois d’hôpitaux. Ecrites par un garçon de 25 ans, elles nous laissent pantois, tellement elles sont imprégnées de foi, d’espérance et de charité, C’est un de ces livres qui font remonter à la surface ce que nous avons de meilleur en nous. « Leçons de courage magnifique dans l’adversité, de stoïcisme dans la souffrance, méditation sur la vanité des choses de ce monde, tout ceci se retrouve dans « Paroles d’un Revenant » qui est une sorte de synthèse des valeurs chrétiennes vécues à leur plus haut niveau. » (J.P. Roudeau, Lecture et Tradition N’ 71, consacré à Jacques d’Arnoux) Suivit  en 1938 « Les Sept colonnes de l’héroïsme » (2) rempli
d’une telle force explosive et radieuse qu’il ferait soulever au-dessus d’eux-mêmes même les êtres les plus aplatis.

Après la dernière guerre, sont publiés « L’Heure des Héros, (avec ou contre le Christ) » (3) et « Nouvelles Paroles d’un Revenant, (justice pour Dieu) » (4) dans lesquels, infatigable combattant du Christ, Jacques d’Arnoux cherche à mettre ses frères en garde et à les prévenir des maux qui les menacent, de la subversion aux multiples visages qui les assaille, car il est pour lui une urgente nécessité celle de démasquer Satan et d’aller le combattre sur le terrain qu’il s’est donné.
Pour terminer, il nous fit l’honneur de nous confier le manuscrit de son dernier livre «
Les Soifs de l’Homme » que Michel de Saint- Pierre, dans sa préface, qualifie de pièce maîtresse de son oeuvre. Pour notre part, nous dirions la clef de voûte, l’achèvement sur cette terre d’une oeuvre dans laquelle l’auteur n’a cessé de proclamer sa foi avec une conviction et une ardeur lyrique admirables : « sans cet emportement de foi vers la plus Réelle des réalités, cette divine Tendresse cent mille fois révélée et prouvée, l’homme n’est rien, n’a rien, ne peut rien ».
La disparition de Jacques d’Arnoux laisse un vide immense dans le domaine de la littérature authentiquement catholique ; elle nous prive d’un exemple; elle nous enlève un guide en qui nous avions toute confiance pour gravir à sa suite le chemin difficile qui conduit vers la maison du Père Eternel,
Réjouissons-nous de le savoir encore présent auprès de nous par l’intermédiaire de ses écrits animés du plus pur souffle catholique, inspirés de la plus belle charité chrétienne, parcourus du plus grand amour fraternel. Dans l’obscurité et les ténèbres de la subversion qui nous aveuglent, les pages de Jacques d’Arnoux sont un phare qui éclaire notre route, car selon les termes d’Henry Bordeaux «
il y a en lui une telle puissance d’irradiation que la lumière en ruisselle comme d’une torche »,

Jean SECHET

(Lecture et Tradition, n°83, juin-juillet 1980)

(1) 1 ère édition, Librairie Plon - réédité chez Téqui.
(2) Librairie Plon (épuisé)

(3) Editions Ch. Beyaert (Ire édition) - Réédité chez Résiac.
(4) Nouvelles Editions Latines.
(5) Editions de Chiré,

Bibliographie

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  • Paroles d'un revenant, préfacé par Henry Bordeaux, Librairie Plon, 1923, plusieurs réimpressions, puis Téqui, 1977, 232 pages

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  • Les sept colonnes de l'héroïsme, Plon, 1938, puis Éditions de Chiré : 1982 (560 pages), puis 2011 (480 pages)

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  • L'heure des héros, Bayaert, 1946 et 1949, puis Résiac, 1981, 246 pages

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  • Nouvelles paroles d'un revenant (Justice pour Dieu), Nouvelles Editions Latines, 1965, puis 1983

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  • Les soifs de l'homme, préfacé par Michel de Saint-Pierre, Éditions de Chiré, 1978, 207 pages

Dans la revue Lecture et Tradition

  • Interview de Jacques d´Arnoux - Des Soifs de l´Homme aux sources de l´Espérance, par R. Martel - Les Soifs de l´Homme de J. d´Arnoux (par Michel de Saint-Pierre) - Paroles d´un Revenant de J. d´Arnoux (par Jean-Paul Roudeau) - Nouvelles Paroles d´un Revenant de J. d´Arnoux (par Flore Lantana), in n° 71 (juin-juillet 1978)

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  • N° 83 (juin-juillet 1980) : numéro spécial Jacques d´Arnoux (48 pages)

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  • Grands exemples: Jacques d’Arnoux et Robert Brasillach (par Willy-Paul Romain), in n° 103 (septembre-octobre 1983)

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  • Jacques d’Arnoux (par Jean Auguy) - Message de Jacques d’Arnoux, in n° 116 (novembre-décembre 1985)

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  • N° 157-158 (mars-avril 1990) : Il y a 10 ans, Jacques d´Arnoux

Dans les Cahiers de Chiré

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  • Adieu à Jacques d’Arnoux (par Miles), in Cahier n° 6 (année 1991)

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  • Jacques d’Arnoux, la volonté, l’héroïsme et la foi (par Jean Mabire), in Cahier n° 15 (année 2000)

 

Les Ouvrages encore disponibles peuvent être commandés aux Editions de Chiré

08/02/2010

Non! La Monarchie n'est pas morte !

(article paru dans Lecture et Tradition n° 387-388)

 

« La démocratie, c’est la Révolution couchée, et qui fait ses besoins dans ses draps », disait Léon Daudet en 1928 (Le Courrier des Pays-Bas). De même en 1935, le Dr Alexis Carrel constatait que « le principe démocratique a contribué à l’affaiblissement de la civilisation, en empêchant le développement de l’élite » (L’Homme cet inconnu).

Deux cent ans après 1789, la Monarchie française paraît définitivement enterrée pour le commun des mortels, abreuvé par les médias de la philosophie vomitive des droits de l’homme, gangrené par cette nouvelle vérole qu’est l’esprit républicain, laïcard et maçonnique.

Les Idées ? La Question des Institutions ? La Formation politique ? Plus personne ne s’y intéresse ; « les petits esprits ne voyant », nous dit Bonald, «dans les meilleures institutions que leurs abus et dans les plus mauvaises, que leurs avantages ».

Dans un volume des plus de 300 pages, l’Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF) nous interpelle, nous sort de notre léthargie, pour réveiller en nous le sentiment monarchique et présenter au peuple français ce qu’était l’Ancienne France, tant décriée par nous gouvernants actuels.

Cet ouvrage nous expose tout d’abord une introduction à la Politique, puis développe certaines notions-clés, comme la Légitimité d’une institution, la notion du Bien Commun, ou encore, la question de l’Autorité.

Une étude claire et précise des Lois Fondamentales du Royaume, véritable constitution monarchique, le fonctionnement et l’histoire des corporations, et l’évolution de la Politique, à travers les différentes périodes de l’histoire de France, font de ce Manifeste  un important corpus doctrinal, dont on ne peut que saluer la parution.

Dans une France en pleine décadence, ce Manifeste, d’une lecture simple et agréable,  et résolument tourné vers l’avenir, est un traité indispensable à tout Français désireux de restaurer la Grandeur perdue de son Pays.

Royalistes ? Républicains ? Fascistes ? Bonapartistes ? Nationalistes ? Ce Manifeste s’adresse à tous et nous ne pouvons que bénir cette initiative bénéfique, dont le seul but est le Bien Commun et la restauration de la France.

Un livre à lire et à faire lire. « Tout désespoir en politique est une sottise absolue », disait déjà Charles Maurras en 1905 (L’Avenir de l’Intelligence). Non ! En ce début du XXI ème siècle, l’idée monarchique n’est pas morte en France !

 

 

Jean de Saint – Herbot

 

 

Manifeste Légitimiste, par l’UCLF, 326 pages, 20 €. Disponible  à la SA DPF (BP 1, 86190 Chiré-en-Montreuil)