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24/06/2010

G. K. Chesterton

G. K. Chesterton
Portrait de G. K. Chesterton en 1914
Portrait de G. K. Chesterton en 1914

   
   
   
   

G. K. Chesterton, de son nom complet Gilbert Keith Chesterton (29 mai 1874 - 14 juin 1936) est l'un des plus importants écrivains anglais du début du XXe siècle. Son œuvre est extrêmement variée : il a été journaliste, poète, biographe, apologiste du christianisme.

En tant qu'auteur de romans policiers, il est surtout connu pour la série de nouvelles dont le personnage principal est le Père Brown (The Wisdom Of Father Brown, The Incredulity Of Father Brown...).

Chesterton est surnommé « le prince du paradoxe ». Il utilise abondamment les proverbes et dictons populaires, les lieux communs - en les retournant soigneusement. On trouve par exemple dans Le Nommé Jeudi cette phrase : « Les cambrioleurs respectent la propriété. Ils veulent juste que la propriété, en devenant la leur, soit plus parfaitement respectée ». Jorge Luis Borges le revendique comme son maître.

Il est particulièrement renommé pour ses œuvres apologétiques et même ses adversaires ont reconnu l'importance de textes comme Orthodoxie ou L'Homme éternel. En tant que penseur politique, il dénigre également libéraux et conservateurs : « Le monde s'est divisé entre Conservateurs et Progressistes. L'affaire des Progressistes est de continuer à commettre des erreurs. L'affaire des Conservateurs est d'éviter que les erreurs ne soient corrigées. » [1]

Chesterton parlait souvent de lui-même comme d'un chrétien "orthodoxe", et d'ailleurs il se convertit au catholicisme romain. George Bernard Shaw, son adversaire et ami, dit de lui dans Time : « C'était un homme d'un génie colossal »[2].

 

 


Chesterton à l'époque de ses fiançailles, 1898

Chesterton étudie à la St Paul's School de Londres, puis à la Slade School of Art dans le but de devenir illustrateur. Il suit plus tard des cours de littérature à l'University College, sans pour autant obtenir de diplôme. En 1896, il commence à travailler pour l'éditeur londonien Redway, puis chez T. Fisher Unwin chez qui il reste jusqu'en 1902. Pendant cette période, il se lance aussi dans le journalisme comme pigiste dans la critique littéraire et artistique. En 1901, il épouse France Blogg. L'année suivante, une chronique d'opinion hebdomadaire lui est proposée au Daily News, puis en 1905 à l'Illustrated London News, où il resta pendant trente ans.

D'après son propre témoignage, dans sa jeunesse, il aurait été fasciné par l'occultisme, et aurait notamment utilisé avec son frère un Ouija[3]. Avec l'âge, il s'intéresse de plus en plus au christianisme, pour finalement se convertir au catholicisme en 1922[4].

Il était grand (1,93 m) et de forte corpulence (il dépassa 130 kg). Sa silhouette et son caractère inspirèrent au romancier John Dickson Carr le personnage du détective Gideon Fell. Chesterton portait habituellement une cape, une canne-épée, avait continuellement un cigare à la bouche. Un jour, il fit la remarque suivante à son ami George Bernard Shaw : "À vous voir, tout le monde pourrait penser que la famine règne en Angleterre" ; à quoi Shaw aurait rétorqué : "À vous voir, tout le monde pourrait penser que c'est vous qui en êtes la cause"[5]. Il oubliait fréquemment où il était censé se rendre et on rapporte qu'à plusieurs reprises, se trouvant dans un lieu éloigné, il envoie à sa femme, Frances Blogg, un télégramme où il écrit quelque chose comme : « Suis à Market Harborough. Où devrais-je être ? », auquel elle répond : « À la maison ».[6]

Chesterton aimait le débat, et se lançait souvent dans des discussions publiques et amicales avec George Bernard Shaw, Wells, Bertrand Russell et Clarence Darrow, entre autres. D'après son autobiographie, lui et Shaw auraient joué des cow-boys dans un film muet qui ne fut jamais réalisé.

Il mène une campagne victorieuse contre un amendement déposé par Winston Churchill à la loi de 1913 sur les handicapés mentaux, instaurant un programme de stérilisations contraintes.

Il meurt dans sa maison de Beaconsfield, dans le Buckinghamshire, le 14 juin 1936. C'est Ronald Knox qui prononce l'homélie de sa messe de funérailles, dans la cathédrale de Westminster à Londres. Il est enterré au cimetière catholique de Beaconsfield.

L'écrivain


Chesterton a écrit environ 80 livres, plusieurs centaines de poèmes, quelque 200 nouvelles, 4000 articles et quelques pièces de théâtre. Il fut chroniqueur pour le Daily News, l' Illustrated London News et pour son propre journal, le G. K.'s Weekly. Il écrivit également des articles pour l' Encyclopædia Britannica, comme l'article « Charles Dickens » et des parties de l'article Humour dans la 14e édition (1929). Son personnage le plus connu est le Père Brown, prêtre détective, qui n'apparaît que dans des nouvelles.

Il fut un chrétien convaincu bien avant sa conversion au catholicisme, et la thématique chrétienne apparaît tout au long de son œuvre. Ses écrits sont pleins d'humour, il utilise la plaisanterie et le paradoxe pour faire des observations profondes sur le monde, la politique, le gouvernement, la philosophie, et de nombreux autres sujets.

 

Œuvres traduites en français

Romans et nouvelles

  • Le Napoléon de Notting Hill (The Napoleon of Notting Hill, 1904), Paris, Gallimard, coll. L'Imaginaire, 2001 (ISBN 9782070761685)
  • Le Club des métiers bizarres (The Club of Queer Trades, 1905) Paris, Gallimard, coll. L'Imaginaire, 2003 (ISBN 9782070768059)
  • Le Nommé Jeudi : un cauchemar (The Man Who Was Thursday, 1908), Paris, Gallimard, coll. L'Imaginaire, 2002 (ISBN 2070766683)
  • Le Père Noël est immortel (The Shop of Ghosts, 1909), Paris, Hacette jeunesse, 1994 (ISBN 2010212525)
  • La Sphère et la Croix (The Ball and the Cross, 1909), Lausanne, L'Âge d'homme, 1981
  • La Clairvoyance du père Brown (The Innocence Of Father Brown, 1911),
  • Supervivant (Manalive, 1912), Lausanne, L'Âge d'homme, 1981
  • L'Auberge volante, (The Flying Inn, 1914), Lausanne, L'Âge d'Homme, 1981
  • La Tour de la trahison (réunit : La Tour de la trahison, Le Cinq de pique, Le Jardin enfumé), Grenoble, Glénat, 1977 (ISBN 2723400654)
  • L'Homme qui en savait trop (The Man Who Knew Too Much, 1922), Lausanne, L'Âge d'homme, 1984
  • Les Contes de l'arbalète (Tales Of The Long Bow, 1925 ; précédemment paru sous le titre Le club des fous), Lausanne, L'Âge d'homme, 2007, (ISBN 9782825137772)
  • Le Secret du père Brown (The Secret Of Father Brown, 1927), Paris, Lattès, 1995
  • Le Retour de Don Quichotte (The Return of Don Quixote, 1927), Lausanne, L'Âge d'homme, 1982
  • Le Poète et les lunatiques (The Poet and the Lunatics, 1929), Paris, Gallimard, coll. L'Imaginaire, 1982 (ISBN 2070280799)
  • L'assassin modéré suivi de L'Homme au renard (The Moderate Murderer, 1930 ; The Man who shot the fox, 1921), Paris, Le Promeneur, 2008 (ISBN 9782070122776 )
  • Les Quatre petits saints du crime (Four Faultless Felons, 1930), Lausanne, L'Âge d'homme, 1984. Comprend : L'Assassin modéré (The Moderate Murderer), Le Charlatan honnête (The Honest Quack ), Le Voleur mystique (The Ecstatic Thief), Le Traître fidèle ( The Loyal Traitor)
  • Le Scandale du père Brown (The Scandal Of Father Brown, 1935), Paris, U. G. E., coll. 10/18, 1990
  • Les Paradoxes de Monsieur Pond (The Paradoxes of Mr. Pond, 1937), Lausanne, L'Âge d'homme, 1985
  • L'œil d'Apollon : nouvelles choisies et présentées par Jorge Luis Borges, Paris, Retz, coll. La Bibliothèque de Babel, 1977
  • Le Jardin enfumé : et autres nouvelles (contient aussi : Le cinq d'épées, La Tour de la trahison), Talence, L'Arbre vengeur, 2007 (ISBN 9782916141176)
  • Les Enquêtes du Père Brown, Paris, Omnibus, 2008 (rassemble toutes les enquêtes du père Brown) (ISBN 9782258076082)
  • La fin de la sagesse : Et autres contes extravagants, Éditions L'Âge d'Homme, 2009 (ISBN 978-2-8251-3923-3)
  • Poèmes choisis, Bruxelles, Édition universelle, 1938
  • Les arbres d'orgueil, Paris, Le Promeneur, 2009 (ISBN 9782070127320)

Essais

  • Le Défenseur (The Defendant, 1901), Lausanne, L'Âge d'Homme, 1982
  • Hérétiques (Heretics, 1905), Texte sur Gallica Paris, Gallimard, coll. Idées, 1979 (ISBN 9782070354078)
  • Orthodoxie (Orthodoxy, 1908), Paris, Gallimard, coll. Idées, 1984 (ISBN 2070355047 )
  • La Morale des elfes (extr. de Orthodoxy), Paris, Mille et une nuits, La petite collection, 2007 (ISBN 9782755500318)
  • Le Monde comme il ne va pas (What's Wrong With the World, 1910 ; précédemment traduit sous le titre : Ce qui cloche dans le monde), Lausanne, L'Âge d'Homme, 1994
  • Le Siècle de Victoria en littérature (The Victorian Age in Literature, 1913), Lausanne, L'Âge d'homme, 1994 (ISBN 2825104906)
  • La Barbarie de Berlin : lettres à un vieux Garibaldien (The Barbarism of Berlin, 1914), Paris, éd. De « La Nouvelle revue française », 1915
  • Les Crimes de l'Angleterre (The Crimes of England, 1915), Paris, G. Crès, 1916
  • Petite Histoire d'Angleterre (A Short History of England, 1917), Paris, G. Crès, 1922
  • La Nouvelle Jérusalem (The New Jerusalem, 1920), Paris, Perrin, 1926
  • L'Homme éternel (The Everlasting Man, 1925), Bouère, D. M. Morin, 2004 (ISBN 2856522785) (Les deux parties étaient parues précédemment séparément : L'homme éternel, Paris, Plon, 1927 Texte sur Gallica et L'Homme qu'on appelle le Christ, Paris, Nouvelles éditions latines, 1947)
  • L'Église catholique et la conversion (The Catholic Church and Conversion, 1926), Paris, Bonne presse, 1952
  • Lumières sur deux villes : Londres et New York d'aujourd'hui (Sidelights of New London and Newer York, 1932), Paris, éd. de « La nouvelle revue critique », 1933
  • Le Paradoxe ambulant : 59 essais (choix de textes), Arles, Actes Sud, coll. Le Cabinet de lecture, 2004 (ISBN 2742748075)
  • Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste, Paris, Homme nouveau, 2009 (ISBN 9782915988284)

Biographies

  • Robert Browning (Robert Browning, 1903), Paris, Gallimard, 1930 (épuisé), puis nouvelle traduction de Véronique David-Marescot, Le Bruit du temps, 2009.
  • Charles Dickens (1906), Paris, Gallimard, coll. Vies des hommes illustres, 1928
  • William Blake (1910), Paris, Oswald, 1982 (ISBN 2730401253)
  • S. François d'Assise (St. Francis of Assisi, 1923), Paris, Morin, 1979
  • La Vie de William Cobbett (William Cobbett, 1925), Paris, Gallimard, coll. Vies des hommes illustres, 1930
  • Robert Louis Stevenson (1927), Lausanne, L'Âge d'homme, 1994 (ISBN 2825105023)
  • Chaucer (1932), Paris, Gallimard, 1937
  • Saint Thomas d'Aquin (St. Thomas Aquinas: The Dumb Ox, 1933), Paris, Plon, 1935
  • L'Homme à la clef d'or (Autobiography, 1936), Paris, Desclée de Brouwer, 1949

Notes

  1. Illustrated London News, 19 avril 1924
  2. Orthodoxologist [archive] Time, 11 octobre 1943
  3. Autobiographie, Chapitre 4
  4. (en) L'histoire de la conversion de Chesterton [archive]
  5. Voir page 148 in Isaac Asimov's treasury of humor, Isaac Asimov, Houghton Mifflin Harcourt, 1991
  6. Ward, Maisie. Gilbert Keith Chesterton, Chapter XV. Sheed & Ward. 1944.
  7. C. S. Lewis: The Collected Letters, Vol. 2

Bibliographie

  • Joseph de Tonquédec, G. K. Chesterton, ses idées et son caractère, Nouvelle Librairie nationale, Paris, 1920, 118 p.
  • André Maurois, Magiciens et Logiciens : Rudyard Kipling, H.-G. Wells, Bernard Shaw, G.-K. Chesterton, Joseph Conrad, Lytton Strachey. Katherine Mansfield, D.-H. Lawrence, Aldous Huxley, éditions Bernard Grasset, Paris, 1935, 367 p.
  • Raymond Las Vergnas, Portraits anglais : G. K. Chesterton. Hilaire Belloc. Maurice Baring, Librairie Hachette, Paris, 1937, 191 p.
  • Yves Denis, G. K. Chesterton : paradoxe et catholicisme, éditions Les Belles Lettres, Paris, 1978, 479 p., [pas d'ISBN]. – Reprise d'une thèse le lettres soutenue en 1975 devant l'université Toulouse II.
  • Christiane d'Haussy, La Vision du monde chez G.-K. Chesterton, éditions Didier, coll. « Études anglaises » no 77, Paris, 1981, 279 p., [ISBN erroné selon le catalogue BN-Opale Plus de la Bibliothèque nationale de France]. – Reprise d'une thèse de lettres soutenue en 1977 devant l'université Paris III.
  • Max Ribstein, G. K. Chesterton : 1874-1936, création romanesque et imagination, éditions Klincksieck, coll. « Bibliothèque de l'Université de Haute-Alsace » no 5, Paris, 1981, 294 p., (ISBN 2-252-02330-9).
  • Philippe Maxence, Réenchantement du monde : une introduction à Chesterton, éditions Ad Solem, Genève et Paris, 2004, 189 p., (ISBN 978-2-88482-041-7).
  • L'Univers de G.K. Chesterton : petit dictionnaire raisonné (textes rassemblés par Philippe Maxence), éditions Via Romana, Versailles, 2008, 310 p., (ISBN 978-2-916727-37-0).

Source: Wikipédia

 

 

Ouvrages disponibles:

23/06/2010

Utopie des usuriers


(G.K. Chesterton, Editions de l'Homme Nouveau)

 

William_Cavanaugh_Le_Mythe_de_la_violence_religieuse.jpg

Lecteur, attention ! Dans ce livre, Chesterton est en colère. Face à une société aux mains des puissances de l’argent, l’écrivain, habituellement si débonnaire, ne cache pas son écœurement et dissèque quelques aspects d’un système qui peu à peu donne tous les droits à l’argent au détriment des anciennes valeurs morales. À son habitude, il ne suit pas une démonstration rigoureuse et conserve son humour pour pourfendre les fauteurs de scandales, les puissants du moment.

<!--[if !supportEmptyParas]--> Livre de colère, essai d’hier pour aujourd’hui, Utopie des usuriers nous apprend qu’il y a un moment où le silence se fait complice et qu’il faut se réveiller au moins pour respecter son propre honneur.

<!--[if !supportEmptyParas]--> On trouvera aussi dans ce livre 18 autres essais à travers lesquels Chesterton aborde la question irlandaise, l’industrialisme prussien, la Révolution française, le mauvais journalisme ou la situation sociale de son temps.<!--[if !supportEmptyParas]--> Lors de sa publication en 1917, l’ouvrage ne fut pas publié en Angleterre, en raison de sa virulence, mais directement à New York.Il est aujourd'hui publié pour la première fois en France.

 

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Né en Grande-Bretagne en 1874, mort en 1936, G.K. Chesterton a bâti une œuvre immense (essais, poésie, biographies, romans, dessins). Il est reconnu comme l’un des « monstres » de la littérature anglaise du XXe siècle. On le redécouvre en France aujourd’hui après la parution de l’intégrale de ses romans policiers (Father Brown) et de l’édition de ses deux grands essais : Hérétiques et Orthodoxie (Editions Saint Rémi).

Disponible aux Editions de l'Homme Nouveau