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10/11/2011

L’ÉGLISE ET LE RALLIEMENT

(Philippe PRÉVOST, Editions CEC)

img211.jpgLa chute vertigineuse des vocations sacerdotales et religieuses, la déliquescence des moeurs, l’effondrement de l’autorité ecclésiale justifient grandement la réédition — étoffée notamment de précisions éclairantes relativement aux trois phases du ralliement — d’un ouvrage paru il y a près d’une décennie (RIV. du 7/12/2001) qui démontre, dans un vaste panorama historique, que la révolution perpétrée par le concile Vatican II est non le départ, mais l’aboutissement d’un long processus de contamination libérale des esprits remontant aux Lumières, quand les évêques libertins, rousseauistes voire voltairiens, s’épanouissaient à la cour de Louis XVI. On peut mettre en doute le discernement des pontifes qui entérinèrent la nomination de ces prélats « dans le vent ».


En effet, après la chute de l’Ancien Régime qui subordonnait les États au pouvoir spirituel, le futur Pie VII, dès 1798, engageait les catholiques français à se soumettre au Directoire ! Si Léon XIII, en 1892, les encourageait à reconnaître la République athée et franc-maçonne avec l’illusion que les monarchistes corrigeraient les lois impies, s’appuyant sur les arguties du distinguo jésuitique entre constitution et législation — contre lequel même saint Pie X n’osa pas s’inscrire en faux —, déjà Grégoire XVI et Pie IX — celui-là favorisant la lutte contre l’Autriche dans le vain espoir de reconquérir son autorité temporelle sur les provinces pontificales —, par de coupables erreurs de jugement, s’efforcèrent « d’obtenir l’obéissance des fidèles à l’égard des princes, fussent-ils hérétiques ou schismatiques. »


En digne disciple du cardinal Rampolla, Benoît XV poursuivit la politique de ralliement de son prédécesseur, ordonnant notamment aux évêques portugais et à leurs ouailles « de se soumettre sans arrière-pensée au pouvoir établi » détenu alors par les Loges les plus sectaires.


La seconde étape du ralliement, véritable dogme « qui fait désormais de Dieu le serviteur de César », fut la condamnation de l’Action française par Pie XI en 1926 sous la pression de l’épiscopat hérité de
Léon XIII et gangrené par la philosophie de Laberthonnière et Blondel, acharnés à éradiquer le néo-thomisme dont s’inspirait l’agnostique Maurras. Le honteux abandon des Cristeros mexicains, voués ainsi au massacre, puis l’excommunication des irréductibles procèdent de la même ligne politique pontificale.


Le dernier avatar du “dogme” conduisit l’Eglise, en introduisant en son sein la nouvelle théologie des PP. Chenu et Congar véhiculée à son de trompe par la presse démocrate-chrétienne, à collaborer avec les régimes communistes, assimilant le prolétariat à « la classe rédemptrice de l’humanité ». Pie XII lui-même, en levant la condamnation de l’Action française, n’eut pas le courage de revenir sur les raisons mensongères qui la motivèrent.


Dans cette seconde mouture, Philippe Prévost nous livre une réflexion très pointue, à la racine de la théologie conciliaire, sur l’articulation entre nature et surnature.
Estimant que la seconde ne peut parfaire la première qu’à raison de la perfection de celle-ci.


Marie-Gabrielle DECOSSAS

(Rivarol n°2978, 10 décembre 2010)

 

Disponible à la SA DPF

16/06/2010

Un centenaire trompeur

(Philippe Prévost, Editions de Paris)

centenaire-trompeur.jpgLe centenaire de la « loi de séparation » a provoqué une inflation de congratulations de la part aussi bien des hommes politiques de tout poil que de la hiérarchie catholique, en France notamment. Ces éloges sont-ils vraiment fondés ? Cette loi a-t-elle amené vraiment le bienfait d’une « laïcité ouverte et apaisée » ? Une étude facilement accessible répond à la question. Il s’agit de Un centenaire trompeur de Philippe Prévost.
« Cette erreur qui consiste à attribuer aux actes républicains une seule directive : la haine de la royauté, alors que leur véritable directive m’apparaissait avec la clarté de l’évidence » (Flourens, ancien hiérarque de la IIIe République devenu ensuite royaliste et catholique).
« M. Combes a hésité sur la question de la séparation... mais l’exécution des congrégations s’est accomplie si doucement... qu’il a maintenant conscience de la veulerie du parti conservateur et catholique... on peut tout maintenant dans notre pays et malheureusement on peut tout aussi contre notre pays. » (Paul Cambon, ambassadeur à Londres, républicain de toujours).
Ces deux citations, extraites du livre, illustrent parfaitement la teneur de cette étude... Dans une introduction, l’auteur commence par rappeler avec une grande pertinence que l’inspiration profonde de la loi du 9 décembre 1905, comme du reste de toute la législation antireligieuse de la IIIe République, se trouve dans l’œuvre révolutionnaire. Les épigones des hommes des lumières au pouvoir en 1789, disciples de Montesquieu et de Rousseau, font de la souveraineté populaire un dogme opposé à l’origine divine du pouvoir. La république, seul régime vraiment conforme à la révolution, doit ainsi être considérée avec Maurras comme une « religion » totalitaire, exclusive et persécutrice de tout autre.
La IIIe République a ainsi dans ses gênes le rejet de toute religion révélée et avant tout du catholicisme. Et lui sera imposée une « constitution civile », mot choisi à dessein pour exprimer sa désacralisation. Philippe Prévost traite ensuite dans un premier chapitre des « préludes à la séparation ». De la révolution française, en tout cas au moins à partir du consulat, jusqu’à 1789, les républicains, écartés du pouvoir, doivent se contenter de conspirer et de préparer un climat intellectuel favorable à leurs idées. La France vit alors sous le régime du concordat napoléonien qui a permis à l’Église et au catholicisme de revivre. À noter cependant la vue prophétique de Mme de Ségur, la divine comtesse, écrivant en 1861 « qu’on traquera le culte catholique dans tous les moyens de propagande ».
Après le départ de Mac Mahon en janvier 1879, c’est désormais, l’expression est de Bainville, « la république aux républicains ». Avec Jules Ferry commence dès 1880 la guerre sans merci contre l’Église et la religion catholique pour, selon son expression, « organiser l’humanité sans Dieu ». L’enlèvement des crucifix dans les écoles au cours de ladite année a vraiment valeur de symbole. Les 25 années qui suivront verront ainsi s’égrener le chapelet des lois scélérates, d’abord pour séparer l’enseignement de l’Église et ensuite, et très vite, pour persécuter et finalement expulser des congrégations religieuses et avant tout la Compagnie de Jésus. Comme au XVIIIe siècle janséniste, les Pères de la Compagnie, vrais fers de lance de l’Église, sont l’objet de la haine la plus féroce de la part de ses ennemis.
L’on doit noter la faiblesse et la passivité du parti conservateur et catholique pendant toute cette période qui coïncide presque exactement avec le règne de Léon XIII. Pape du ralliement à la république et de la conciliation, en vue d’éviter le mal suprême à ses yeux de dénonciation du concordat. Erreur d’appréciation incroyable, les capitulations successives de l’Église ayant au contraire renforcé la détermination du pouvoir de faire la séparation. En fait foi, la citation liminaire de Cambon. Ce fut cependant l’action de petites minorités : Jaurès, les « quatre états confédérés » repérés par Maurras, qui emporteront la décision d’en finir avec un concordat jugé obsolète. Les hommes politiques, Waldeck Rousseau, Rouvier, Combes lui-même, penchaient plutôt pour son maintien avec renforcement du contrôle sur l’Église. Après plus de huit mois de débats, la loi fut adoptée en décembre 1905. Votée facilement, elle présenta de grandes difficultés de mise en œuvre s’agissant notamment des associations cultuelles à constituer pour gérer les biens affectés au culte et des inventaires avec ouverture des tabernacles.
La position du Saint-Père Pie X fut claire et ferme. Pontife ouvert, il alla jusqu’à qualifier la séparation, en son principe, de « très bonne chose », en raison de la liberté en découlant. S’il la condamna, c’est en raison du caractère honteusement unilatéral de cette abolition du concordat et de la prétention d’imposer à l’Église par les associations cultuelles une constitution en opposition avec sa nature d’essence divine.
L’auteur clôt son étude par un bilan de la loi et une conclusion. La séparation avait d’abord et à nouveau grandement spolié l’Église. Surtout elle lui a retiré le prestige de la reconnaissance comme acteur majeur dans la sphère de la vie publique. Condamnée ainsi à une sorte de « mort civile » en étant confinée à la seule sphère privée elle a perdu de sa force d’attraction. Le nombre des ordinations va tomber de 1753 en 1901 à 820 en 1913. En compensation, l’Église eût dû y gagner sa pleine liberté. Mais d’abord peut-on vraiment être libre sans une suffisante indépendance matérielle ? (l’esprit de pauvreté n’est pas dans l’indigence mais dans le détachement des biens matériels).
S’agissant de la nomination des évêques, il est à déplorer que la liberté de choix si chèrement conquise fut « bradée » (c’est le terme) par Benoît XV, admettant l’opposition du pouvoir à une nomination pour raisons politiques.
Finalement, tout bien pesé, la fameuse loi de « laïcité ouverte et d’apaisement » s’inscrit bien dans le dessein révolutionnaire antichristique par excellence ; elle relègue hors de la sphère publique la religion qui en est pourtant l’âme et la racine selon la belle expression du professeur De Mattei. Chassant de la vie sociale spiritualité et transcendance, elle provoque par ce vide l’appel d’air des sectes et religions diverses à l’origine de la situation présente.
Malgré un volume modeste, ce livre est facile à lire et traite complètement de la question. Vraiment il est à lire, faire lire et offrir.

Antoine Perinet

(La lettre de CLE, n°113, 2 juin 2006)

Pour se procurer cet ouvrage: Editions de Paris

 

15/06/2010

La France et l’origine de la tragédie palestinienne

(Philippe PREVOST, Editions de Paris)
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La France et l’origine de la tragédie palestinienne de PREVOST Philippe

Pourquoi le peuple palestinien est-il « le seul au monde qui, avec la complicité des grandes puissances, n’ait aucun droit ni aucun avenir ? » C’est à cette question que tente de répondre (avec succès) Philippe Prévost à travers un ouvrage très documenté. Il faut dire que l’aventure sioniste ne s’est pas préparée en un jour et que toutes les occasions ont été exploitées par ses tenants pour aboutir à l’élaboration de leur rêve si malfaisant.
Pourtant, pendant la Première Guerre mondiale, la France et l’Angleterre, à la suite de longues discussions, donnèrent naissance aux accords Sykes-Picot qui, nolentes volentes, procuraient une relative égalité entre les différents peuples vivant en Palestine. L’internationale sioniste n’allait pas tarder à détruire ces dispositions en profitant en particulier des difficultés financières de l’Angleterre résultant de son engagement au sein du conflit mondial. Si la Perfide Albion voulait obtenir de nouveaux prêts de la part des banques juives américaines — son besoin d’argent frais était impérieux —, elle devait soutenir de toutes ses forces l’entreprise sioniste et protéger le foyer juif. Ce qu’elle fit avec grand zèle, d’autant plus qu’à la chute du tsar, les juifs du monde entier cessèrent de soutenir l’Allemagne. Dès lors, le colonialisme sioniste se mit en branle au détriment bien entendu des autochtones totalement méprisés.
En 1920, il y avait en Palestine 60.000 juifs pour environ 600.000 non-juifs. Mais tous les hommes n’ont pas la même valeur... Cet extrait d’un article de la revue Le Peuple juif du 8 août 1919 reproduit par Philippe Prévost est parfaitement révélateur : « Il est certain qu’en Palestine les peuples ne sauraient être ni conseillés ni appelés à disposer d’eux-mêmes (...) Quand on considère la Palestine et son futur développement, on doit toujours choisir, le problème est infiniment simple, entre l’incurie de 600.000 Arabes et la patience mystico-nationale (sic) des 100.000 juifs établis dans le pays. »


F.-X. R.

(Rivarol, n° 2825, 21 septembre 2007)

 

Pour vous Procurer cet ouvrage: Editions de Paris