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08/02/2010

Désinformation historique "en famille"

(article paru dans Rivarol n° 2897)

Pour compléter l’instruction historique enseignée par l’Education Nationale, les éditions Plon ont lancé une collection dirigée par Luc Ferry ; cette collection se voulant un instrument privilégié de la connaissance historique essentielle.

Nous avons étudié deux volumes récemment parus de cette collection.

Le premier, « L’Ancien Régime raconté en famille » retiendra peu notre attention.

En effet, l’énoncé des évènements historiques n’a rien d’extraordinaire, hormis les remarques habituelles sur l’intolérance de la Religion Catholique, sur l’horreur de l’Inquisition, et le refrain habituel sur les grands philosophes du siècle des dites « Lumières » qui ont permis de sauver l’Europe. Rien de très original ni de très intéressant.

Concernant le second volume étudié, « La droite racontée en famille », l’auteur Michel Winock nous présente l’image d’une droite passéiste et ringarde, cherchant à « maintenir les préjugés ».

Le Comte de Chambord, par exemple, est ridiculisé avec sa volonté de garder intact l’héritage traditionnel de la Monarchie française.

A l’encontre de cette première droite contre-révolutionnaire, l’auteur nous montre la Droite libérale considérée comme réaliste et ouverte au progrès.

S’ensuivent les attaques contre les nobles oppresseurs sous l’Ancien Régime, et les critiques habituelles contre Drumont et le mouvement nationaliste de la fin du XIX ème siècle.

L’Affaire Dreyfus est l’occasion de rappeler (p.97) que les Dreyfusards « défendent le droit, la justice, la vérité », contre les Antidreyfusards, qui au mépris de toute justice « défendent l’armée, la cohésion sociale, la patrie et la chose jugée ».

Concernant la condamnation de l’Action française par le Vatican en 1926, l’Action Française est présentée comme voulant se servir de la religion à des fins politiques.

On apprend ensuite (p. 124), que le Maréchal Pétain entrant au gouvernement de Paul Reynaud en mars 1940 est un « véritable Cheval de Troie en faveur de l’Armistice ».

Le chapitre sur Vichy est tel que l’ont pouvait s’y attendre. On y apprend en effet que la constitution d’un nouveau régime « ne résulte pas d’une nécessité », car d’autres pays européens vaincus n’ont pas changé de régime, le gouvernement partant en exil et l’Allemagne administrant directement les territoires envahis. Pour la France, la voie de la raison aurait été d’écouter de Gaulle car il ne fait pas de doute qu’il aurait sauvé le pays.

On y apprend aussi que Brasillach faisait preuve pendant la guerre d’un « antisémitisme criminel ».

Dans les chapitres suivants, on apprends que la décolonisation qui était nécessaire « s’achève dans le sang que font verser les desperados de l’OAS, défenseurs de l’Algérie Française » (p.161).

On apprend ensuite (p. 174) que « l’un des mérites de Jacques Chirac a été de refuser toute espèce d’accord, d’alliance ou de connivence avec la nouvelle extrême droite » dirigée par Jean-Marie Le Pen à partir de 1983 ; Jean-Marie Le Pen qui a « dirigé des scènes d’interrogatoires par la torture » (p.175) pendant la guerre d’Algérie.

Le dernier chapitre porte sur « La Droite sous Nicolas Sarkozy ». Nous ne nous y attarderons point.

Ces deux ouvrages de la collection « Raconté en famille » sont assez représentatifs, et ne sont finalement que le digne pendant des cours historiques professés par l’Education « dite » nationale.

 

 

Jean de Saint-Herbot