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30/11/2011

La Cabale

 

Article basé sur l'ouvrage de l'Abbé Meinvielle, De la Cabale au progressisme, Editions Saint Remi

 

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"Ce mot, étymologiquement signifie réception et, dans un sens plus large, tradition. Ce terme fut utilisé primitivement pour désigner l'enseignement oral par opposition à la loi écrite.

[...] Fondée sur le texte biblique, la cabale fut hiérarchisée comme une interprétation légitime de la Torah. Peu à peu, l'interprétation en tant que telle prit le pas sur son ancrage scripturaire." (Abbé Julio Meinvielle, De la Cabale au Progressisme, Editions Saint-Rémi, 1970, p. 8.)

"Au tout début, il n'y a pas deux traditions, mais une seule, car seul existe DIEU et le bien qui procède de ses mains bienfaisantes. La tradition perverse et cabalistique tire son origine de la bonne tradition (la "tradition orale judéo-catholique", ibid., p. 20), pervertie par la malice de l'homme, lequel à son tour se laisse séduire et aliéner par le diable. La grande tentation gnostique du vous serez comme des dieux s'isntalle dans le genre humain et le perd.

"Le noyau essentiel des vérités qui vient de DIEU tourne autour du mystère immuable de l'Unité et Trinité de DIEU. [...] La mauvaise cabale, quant à elle, se fonde sur le pur changement, qui reçoit les noms d'évolutionnisme, historicisme, dialecticisme ou progressisme. Le changement ne se trouverait pas dans la Créature, mais dans le Créateur. Dieu se ferait avec l'univers et avec l'homme. Dieu ne serait pas l' Esse Subsistens, dans la contemplation duquel les élus doivent trouver leur béatitude pour l'éternité, il serait une incessante production, un devenir, une praxis, que la créature doit s'appliquer à fabriquer" (Abbé Julio Meinvielle, De la Cabale au Progressisme, Editions Saint-Rémi, 1970, p. 15.)

 

LA TRADITION PERVERSE ET CABALISTIQUE

"La cabale est une invention juive née de la corruption par les mystères païens de la révélation donnée par Dieu au peuple juif. C'est la tradition divine pervertie par l'homme.

"A peine le christianisme est-il apparu que les Juifs s'efforcent de le détruire. Le détruire de l'extérieur en persécutant le Christ et les chrétiens, le détruire de l'intérieur en le corrompant par la cabale. C'est une seconde destruction qui produit le phénomène du gnosticisme chrétien."

[...]

"Pourquoi les Juifs, eux précisément, veulent-ils détruire le christianisme?"

"Parce que les Juifs sont les ennemis naturels du christianisme. De même qu'ils ont détruit le message mosaïque de la révélation divine, ils vont tenter de détruire le christianisme. Le grand péché des Juifs a été d'englober dans les traditions des hommes le message évangélique. Jésus le leur lançait à la figure: "Laissant de côté le précepte de Dieu, vous vous accrochez à la tradition humaine." Et il leur disait: "En vérité, vous annulez le précepte de Dieu pour établir votre tradition." (Matth., XV, 6.)

"La tradition des Juifs englobait aussi un règne messianique terrestre et humain à la place du règne de DIEU et de l'Eglise sur les peuples.

  • Un règne terrestre dirigé par les Juifs.
  • Un règne terrestre de pouvoir,
  • pouvoir de l'argent,
  • pouvoir politique,
  • pouvoir religieux sur les âmes des hommes.
  • Pouvoir totalitaire du même ordre et de la même dimension que le pouvoir du démon sur les peuples. Le pouvoir des trois tentations, pouvoir des plaisirs, pouvoir de l'orgueil, pouvoir de la possession des biens."

(Abbé Julio Meinvielle, De la Cabale au Progressisme, Editions Saint-Rémi, 1970, p. 111-112.)

Origine juive du gnosticisme chrétien

"Mais pour détruire le christianisme, il fallait le vider de l'intérieur tout en laissant entière son apparence extérieure. C'est là le travail des gnostiques.

"La gnose est une tentative de judaïsation ou de cabalisation du christianisme. La filiation juive hétérodoxe des gnoses chrétiennes a été bien affirmée à l'époque moderne. "Cette filiation nous est attestée par de nombreux documents qui font de l'hétérodoxie juive le milieu originel du gnosticisme chrétien." Le témoignage le plus ancien est celui d'Hégésippe que nous rapporte Eusèbe (Histoire ecclésiastique, IV, 22, 4, 7.), et il doit une partie de son exceptionnel intérêt au témoignage d'Eusèbe lui-même: Hégésippe "est venu à la foi à partir du judaïsme" (IV, 22, 18.). Il connaît la tradition juive non écrite. Par ailleurs, il dispose de sources précieuses concernant l'Eglise de Jérusalem. C'est de lui que nous tenons certains détails sur saint Jacques et une liste des successeurs de celui-ci à la tête de l'Eglise judéo-chrétienne (IV, 22, 4.) Aucun témoin n'est plus qualifié en ce qui concerne le judéo-christianisme palestinien.

Les principaux gnostiques

"Or Hégésippe écrit que sous l'épiscopat de Siméon, successeur de saint Jacques, l'Eglise "n'était pas encore corrompue par des idées creuses. Le premier à les introduire fut Thébutis, parce qu'on ne l'avait pas fait évêque. Il venait lui-même d'un milieu où pullulaient sept hérésies existant dans le peuple (juif). De ce milieu sont également issus

L'auteur affirme que d'une part Thébutis, d'autre part Simon et autres, viennent de sept sectes juives. Or il se trouve heureusement qu'Eusèbe nous a conservé un autre fragment d'Hégésippe qui énumère les sept sectes juives: "Il y avait différentes opinions sur la crconcision parmi les fils d'Israël contre la tribu de Juda et contre le Christ. Les voici: esséniens, galiléens, hémérobaptistes, masbotéens, samaritains, saduccéens, pharisiens." (IV, 22, 7.)

(Source: Abbé Julio Meinvielle, De la Cabale au Progressisme, Editions Saint-Rémi, 1970, p. 112.)

CONTENU DES DEUX CABALES

a) Existence d'un DIEU personnel, intelligent et libre, transcendant du monde. a)' L'immanence de Dieu au coeur de l'homme et du monde; athéisme ou panthéisme qui divinise le monde, la créature; confond la créature avec Dieu le Créateur; fait du monde une apparence de divinité...

b) Dieu, cause efficiente de l'homme et du monde dont il tire du néant la réalité. b)' Le monde et l'homme faits de la substance de la divinité...

c) Dieu destine l'homme à la divinisation en lui donnant par grâce sanctifiante un destin qui dépasse toujours les exigences de son être. c)' L'homme est divinisé dans sa nature. L'homme est Dieu. La mesure et la règle de toute chose, de toute vérité...

d) L'homme, ayant perdu sa divinisation primitive (péché originel), peut la recouvrer en adhérant à JESUS-CHRIST, Dieu fait homme, qui, en vertu de sa passion et de sa mort, lui rend cette divinisation. d)' l'homme tire sa divinisation de soi-même, mais JESUS-CHRIST peut lui indiquer le chemin par là où la tirer de soi-même... L'homme est de soi, un gnostique; JESUS-CHRIST, premier gnostique, est un paradigme de la divinisation de l'homme.

e) JESUS-CHRIST a institué en l'Eglise, son corps mystique, un moyen de salut pour l'homme qui, par soi-même et de soi-même, vient en état de créature et de péché. L'homme de soi, va au péché et à la ruine. e)' L'homme se sauve par soi-même et en soi en s'en remettant à l'autonomie et à la liberté de sa réalité intérieure, qui est divine. Il n'a pas besoin de l'Eglise... Du moins d'une Eglise opposée au monde...

f) Il existe nécessairement, en vertu de l'ordre établi par Dieu, deux réalités, l'une qui ne sauve pas l'homme et l'autre qui le sauve. L'homme a dans la conjoncture actuelle deux dimensions, l'une profane et naturelle, l'autre sacramentelle et surnaturelle. f)' L'Eglise n'étant pas nécessaire au salut de l'homme, il n'existe pas d'autre réalité ni d'autre dimension que celle purement humaine et celle du monde.

g) L'Eglise existe comme isntitution hors et au-dessus du monde, en vertu des mérites de JESUS-CHRIST, ainsi qu'il est nécessaire pour sauver le monde. g)' Il n'existe pas de société transcendante à l'homme lui-même et au monde.

"[...) Quiconque nie l'Eglise doit nier le Christ et par là même nier Dieu. Ce qui [...] apparaît dans la dynamique des siècles, qui opère et réalise progressivement la logique de la cité du mal (voir les deux cités, Saint Augustin.) C'est ce qui se passe à la "Réforme" qui en niant l'Eglise a préparé et ouvert la voie à la négation du Christ et de Dieu ainsi qu'au processus actuel de sécularisation (voir laïcisme.)

(Source: Abbé Julio Meinvielle, De la Cabale au Progressisme, Editions Saint-Rémi, 1970, p. 34-35.)

LA CABALE DANS L'EGLISE OU LE PROGRESSISME CHRETIEN (Abbé Julio Meinvielle)

"Ce serait une erreur, croyons-nous, que de prendre le progressisme chrétien pour l'effet d'une influence directe de la cabale. En ce qui cocnerne du moins le commun des théologiens touchés par le mouvement qui prétend changer l'Eglise, l'Eglise traditionnelle, celle de toujours, en une Eglise nouvelle actuellement en gestation, nous pensons que l'influence est indirectte, bien que que réelle et effective, et qu'elle passe par la culture moderne qu'ont totalement envahie des influences gnostiques et cabalistiques.

Ces influences ne se réalisent pas non plus d'une façon générale et totale; ce sont des influences partielles sur chacun des éléments doctrinaux et sur les faits - liturgiques, sociaux, de vie spirituelle et temporelle et de gouvernement - pris séparément. Si les choses continuent à suivre leur cour actuel, le changement qui se produit ainsi finira par prendre un rythme d'ensemble dévastateur, de caractère universel, qui modifiera substantiellement toute la doctrine et la vie de l'Eglise catholique.

Nous allons étudier chacun de ces changements pour arriver à la conclusion que, dans l'Eglise catholique romaine, se trouve en mouvement et en gestation une nouvelle religion, substantiellement différente de celle qu'a laissée le Christ, et qui prend les caractères d'une gnose païenne parfaitement configurée'.

(Source: Abbé Julio Meinvielle, De la Cabale au Progressisme, Editions Saint-Rémi, 1970, p. 257.)

Relativisme dans la Révélation et dans la théologie

"On connaît l'enseignement de l'Eglise sur l'immutabilité des dogmes révélés. Le premier concile du Vatican (Vatican I), dans la "Constitution sur la foi catholique", l'établit clairement. Il dit: "Car la doctrine que DIEU a révélée n'est pas proposée à l'ingéniosité des hommes pour être perfectionnée comme une invention philosophique, mais a été confiée à l'Epouse du Christ comme un dépôt divin qui doit être fidèlement gardé et infailliblement déclaré. Le sens qu'on doit cosnerver aux dogmes sacrés est donc celui que notre Sainte Mère l'Eglise a une fois déclaré et l'on ne doit jamais s'écarter de ce sens sous le prétexte et au nom d'une plus haute intelligence. Que donc croisse et augmente dans une alrge mesure l'intelligence, la science, la sagesse de chacun et de tous, qu'ils 'agisse d'un seul homme ou de toute l'Eglise, mais dans son propre genre, dans le même dogme, avec le même sens et dans le même précepte." (Denz., éd. 31, Herder, Fribourg, n° 1800.)

C'est une autre doctrine qu'enseigne Karl Rahner dans une conférence de l'Association "Paulus" à la Faculté de Théologie de Saint-Cuget del Vallès en mai 1966 (selecciones de teologica, Barcelone, n° 22, p. 148.), où il défend l'historicité de la Révélation et de la théologie. [...]"

(Source: Abbé Julio Meinvielle, De la Cabale au Progressisme, Editions Saint-Rémi, 1970, p. 257-261.)

On remet en question le caractère historique de l'Ecriture

La Bible est un mythe

Cette proposition a été condamnée en 1864 par Pie IX, dans le Syllabus: "VII. Les prophéties et les miracles racontés dans les saintes Écritures sont des fictions poétiques, et les mystères de la foi chrétienne sont le résumé d'investigations philosophiques ; dans les livres des deux Testaments sont contenues des inventions mythiques, et Jésus-Christ lui-même est un mythe" (proposition condamnée n° VII.)

Or, "[...] on sait que les tendances qui dominent aujourd'hui dans l'interprétation des Livres Saints sont toutes, de près ou de loin, dans l'orbite des exégètes protestants, en particulier de Bultmann qui - c'est de notoriété publique - s'active à "démythifier" les livres sacrés de l'Ancien et du Nouveau Testament. [...] Il est évident qu'en touchant à l'évènement historique et suprahistorique que résume le nom du Christ crucifié et ressuscité, l'on touche aussi à la foi chrétienne dans sa totalité. Si nous croyons à la résurrection du Christ, ce n'est pas parce que telle était la foi de la première communauté chrétienne, mais parce que cet évènement s'est produit réellement et historiquement.

La Résurrection à la vie du Christ signifie, en la démythifiant, "parvenir à l'authenticité de l'existence"

[...] D'après Bultmann, "résurrection à la vie" signifie, en la démythifiant, parvenir à l'authenticité de l'existence. En réalité, le salut ne s'est pas produit (alors et là) mais se produit toujours, quand par la parole de la prédication j'atteins le but de mon existence. C'est pourquoi, selon Bultmann, la démythification n'est pas un procédé éliminatoire ou soustractif, mais un processus herméneutique ou interprétatif par lequel, en interprétant le mythe, je parviens à la véritable compréhension de moi-même devant Dieu.

[...] La démythification que vise Bultmann se présente comme une tentative de vider le Nouveau Testament de la vérité chrétienne qui se fonde sur le fait historique de la Résurrection du Seigneur, et de le revêtir d'un mythe gnostique. Le Nouveau Testament, privé de vérité historique, renfermerait une signification gnostique. [...] La fameuse démythification serait une mythification gnostique. [...] Par le processus herméneutique, l'homme découvre son appartenance au monde et se trouve lui-même dans son authenticité. L'homme se sauve par lui-même et le Christ n'est qu'un paradigme de ce processus de salut.

Bultmann, par sa démythification du Nouveau Testament, renouvelle la transformation en cabale de l'Ancien Testament, spécialement de la Genèse, que réalisèrent les anciens cabalistes (voir gnostiques.)

(Source: Abbé Julio Meinvielle, De la Cabale au Progressisme, Editions Saint-Rémi, 1970, p. 261.) (Source: Abbé Julio Meinvielle, De la Cabale au Progressisme, Editions Saint-Rémi, 1970, p. 257.)

(Publié sur Christ-Roi)

Ouvrage disponible aux Editions Saint Remi

29/11/2011

De Lamennais à Maritain

(Julio Meinvielle, éd. Dominique Martin Morin)

 

1465719_9422658.jpgL’abbé Julio Meinvielle, connu pour ses ouvrages sur les menaces contre l’Église et la foi, se penche dans cet ouvrage remarquable dont la première édition fut publiée en France en 1956, sur l’utopie de la " nouvelle chrétienté " chère à Jacques Maritain. Il fallait bien en effet que fut fait le procès des œuvres du " deuxième Maritain ", Religion et culture, Du régime temporel, Humanisme intégral, Principes d’une politique humaniste, celui qui s’était assez considérablement écarté du premier, peut-être le plus grand philosophe thomiste du siècle. A cet égard l’ouvrage est remarquablement construit en sept chapitres d’élucidation des erreurs intellectuelles issues de l’utopie de la " nouvelle chrétienté " support de la philosophie sociale et politique de Maritain et du libéralisme catholique de Lamennais. L’abbé Meinvielle évoque ainsi notamment le " mythe du progrès à la nouvelle chrétienté " (condamnation d’une cité naturaliste, non soumise aux principes spirituels, libertaire, indifférentiste, démocratiste), " la cité de la fraternité universelle ", " de la révolution ", etc. Bien que faisant montre d’un certain retour aux sources saines de la philosophie catholique dans Le paysan de la Garonne, les œuvres d’après-guerre de J. Maritain connurent un tel retentissement que l’ouvrage de controverse de l’abbé Meinvielle se devait de connaître cette belle réédition pour servir de correction fraternelle aux erreurs dont pu bénéficier en son temps le communisme et actuellement le mondialisme.

(Conflits actuels, lundi 17 juin 2002)

Disponible aux Editions DMM