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15/07/2010

Pour l’art : éclipse ou renouveau

(Kostas Mavrakis, Editions de Paris)

Pour-lart_web.jpgArt contemporain : l’arrière-garde du « rien »
[...] Jusqu’alors, en effet, y compris chez la plupart des modernes, seul le critère esthétique était légitime, seule la recherche de la qualité animait l’artiste, y compris dans la rupture avec les anciens. Ceux-ci servaient toujours de référence, ne serait-ce que pour être dépassés. L’art contemporain a inversé l’ordre des finalités : ce n’est plus l’œuvre en soi qui compte, mais l’artiste en soi, son nom, sa signature, ses poses, ses gestes etc. Eux seuls assurent la valeur commerciale de l’œuvre. Il ne s’agit plus d’art, mais de stratégies publicitaires et communicationnelles. Comme l’ont montré de nombreux auteurs — dont Jean Clair et Kostas Mavrakis —, il est en cela le pur produit de la société de consommation et du spectacle.
Fondées sur l’idée que tout se vaut, donc que tout est art — comme, par exemple, les ordures ménagères —, ces stratégies ont peu à peu conduit à des surenchères spectaculaires, débouchant insensiblement sur le « triomphe de l’entropie, [du] non-art à l’état gazeux [...] » (Kostas Mavrakis). Cela dans le meilleur des cas. Au pire, elles ont pu conduire à la mise en scène des déviances les plus extrêmes et les plus mortifères : scatologie, pornographie hard, cannibalisme etc. [...]

Christian Brosio

(Spectacle du monde, n° 537, septembre 2007)

Disponible aux Editions de Paris