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26/03/2014

Carnets de Guerre 1939-1948

(René Benjamin, Cahiers René Benjamin n°2, Editions Pardès)

 

 

index.jpegCe deuxième volume des Cahiers René Benjamin regroupe des extraits inédits des Carnets de Guerre de René Benjamin présentés par Xavier Soleil.

Cette publication nous permet de suivre le déroulement de la guerre, de l’occupation et de la « libération-épuration » à travers les notes d’un témoin lucide de cette époque : René Benjamin.

Ainsi, par exemple, dès 1941, René Benjamin, contrairement à certains Français à vue courte, ne se fait aucune illusion sur la perfide Albion qui transforme notre pays en champ de ruines par ses bombardements criminels : « Les abrutis de Bretagne. Plus il leur tombe de bombes sur la tête, plus ils sont anglophiles et gaullistes. Ils répètent d’ailleurs ce que les Anglais, cyniques, leur disent, après avoir tué les leurs : - Vous n’avez pas vu que c’était des avions allemands ? » (page 32).

René Benjamin n’était pas plus favorable à l’occupant allemand qu’au destructeur anglais. Simplement, à la suite du Maréchal Pétain, et à l’exemple de Charles Maurras, il se dévouait pour la Seule France : « Entre l’immense risque allemand (sérieux – organisation – empoisonnement sûr de la vie : pas de jeu, pas d’air, pas de laisser-aller – pas de bonheur et pas de petite place laissée à l’imprévu de la vie – à une décision subite de Dieu) et la froide cruauté anglaise , dans leur intérêt, je souhaite pour quelques années une France seule sur ses ruines – méditant, s’isolant, se retrouvant, se recueillant. » (page 71).

Devant les attentats et les meurtres perpétrés par les maquis gaullo-communistes, René Benjamin entrevoit avec inquiétude l’épuration qui se prépare contre les élites de la pensée française : « Le préfet raconte les meurtres effrayant, les drames terribles du maquis. Tout commence par l’immonde mitraillette. Il dit son effroi sur l’état de la France : - Elle est encore riche ! s’écrie Béatrice. Riche de ses élites ! S’il n’y avait pas cela ce serait à désespérer ! Je pense :- Mais en effet, pourquoi ne pas désespérer ? Et je dis simplement : - Les élites ne sont exactement rien devant les mitraillettes. » (pages 93-94).

Mais au mois de juin 44, la situation empire, et les règlements de comptes se généralisent peu à peu sur le territoire : « Cette hideuse « libération » de la France, elle a été dès le premier jour imaginée par les fuyards, les dissidents, ceux qui avaient peur des Allemands. Et les orgueilleux comme De Gaulle. C’est eux qui l’ont mise dans la tête des Anglais. Vous pensez si les Anglais ont sauté sur l’occasion de détruire ce pays. Mais les vrais criminels ce sont les dissidents » (page 104).

Dans les rangs des « libérateurs » on trouve de tout, on trouve même certains prêtres philo-communistes. Ainsi, par exemple, lors de la messe du dimanche 23 février 1947, René Benjamin va entendre le sermon d’un certain Père Riquet, que nous retrouverons quelques années plus tard, lors des tentatives de rapprochement de certains clercs « catholiques » avec la Franc-maçonnerie… Le portrait que René Benjamin nous laisse du Père Riquet est édifiant : « Nous allons entendre, avec le haut et puissant seigneur Geslin le Père Riquet, qui est moins père que moi ! Dangereux phénomène ! Que je plains le Cardinal de devoir s’en servir ! C’est Mauriac en beau : belle tête, belles mains, belles attitudes théâtrales. Mais c’est le même monstre à l’intérieur, qui attaque et caresse dans la même minute. Le pompier incendiaire. L’infirmier assassin. La confusion de tous les genres avec une tête ravie. On sort de là avec l’envie de l’écraser. Malgré une patte de velours passée sur l’échine de la bourgeoisie et … de la noblesse (mais en disant férocement : Noblesse oblige !), sa haine perce à chaque instant pour tout ce qui n’est pas déporté, prolétaire et communiste aigri – et il hait au moment où il dit : « Le fait du chrétien, c’est d’aimer ». » (pages 133-134).

Ces carnets regorgent de réflexions, de pensées émouvantes sur le dévouement du Maréchal Pétain ou sur l’état de la France, d’informations, de récits divers, ce qui en fait un document de premier plan sur la seconde guerre mondiale.

Nous ne pouvons tout citer, mais nous finirons simplement par cette opinion si vraie du Général Weygand, rapportée par René Benjamin, sur De Gaulle : « Ainsi c’est ce misérable qui m’a fait arrêter – ce misérable qui a sur la conscience les 2000 morts de Mers-el-Kébir (Weygand vient devant la Haute Cour de déposer au procès Baudouin) parce qu’il a menti aux Anglais, parce qu’il a donné de la suspicion au sujet de notre flotte. Misérable qui laisse les communistes, seconde imposture (c’est lui la première) occuper tout dès le premier jour. Misérable qui a permis lâchement la mort de tant d’hommes. Misérable qui ne s’est pas battu. Misérable sans âme, mais pourri d’ambition, qui dès le grade de capitaine, me disait : «  J’aurai mon nom dans l’Histoire de France ! » » (pages 138-139).

 

 Jean de Saint-Herbot

 

Disponible aux Editions Pardès, 44 rue Wilson, 77880 Grez-sur-Loing

 

10/02/2014

De l’illusion démocratique au réalisme social

(Adrien Loubier, Editions Sainte Jeanne d’Arc)

 

I-Miniature-5509-de-l-illusion-democratique-au-realisme-social.net.jpgLe rôle de Jean-Jacques Rousseau dans la propagation d’idées fausses sur l’origine et l’organisation de la société, notamment par le Contrat social et le Discours sur  l’origine de l’inégalité parmi les hommes, fut déterminant dans la constitution du corpus doctrinal de la révolution française et de sa progéniture, la démocratie actuelle.

 

Cependant, le théologien jésuite François Suarez (1548-1617) va dégager des conclusions similaires à celles de Rousseau, quelques deux siècles en avance, dans son ouvrage Du pouvoir civil, de sa nature, de son origine, de ses limites, et de ses rapports avec le pouvoir pontifical.

 

La méthode employée par Suarez est la même que celle de Rousseau : le raisonnement est construit « en dehors de toutes considérations historiques sur les divers stades de la vie sociale ».

 

En commençant par écarter les faits, le raisonnement se trouve logiquement faussé et les conclusions ne peuvent qu’être utopiques et c’est sans surprise ce qui arrive avec la démocratie hypothétique découlant de la multitude, présentée par Suarez comme l’origine de tout pouvoir.

 

Pour remédier à cette conception faussée de l’origine du Pouvoir, dont nous subissons aujourd’hui encore pleinement les conséquences avec le régime actuel, Adrien Loubier va dans une seconde partie nous rappeler les fondements de la Cité, dont la cellule de base est la famille et non la multitude, et dont le couronnement sera, après la création successive des différents corps intermédiaires, le roi garant du bien commun.

 

Une bonne synthèse qui permet de s’écarter des « nuées démocratiques » et de revenir au réel en raisonnant sur de bonnes bases.

 

Jean de Saint-Herbot

 

Disponible aux Editions Sainte Jeanne d'Arc, Les Guillots,  18260 VILLEGENON

 

08/01/2014

Les Brigades Internationales de Franco

 

(Sylvain Roussillon, Editions Via Romana)

 

 

 

franco, brigadesQuand on parle de la Guerre d’Espagne, on évoque régulièrement le rôle des brigades internationales accourues au secours de la république marxiste espagnole.

 

Le camp nationaliste eut lui aussi ses « brigades internationales », composées de volontaires allemands, italiens, marocains, africains, juifs, irlandais, anglais, portugais, français, …

 

Il y aura même un volontaire chinois combattant dans les rangs de la Légion Condor.

 

Sylvain Roussillon nous livre ici la première étude d’ampleur sur ces volontaires oubliés, sur leurs faits d’armes, leur importance respective, leur itinéraire ultérieur, et leurs rapports parfois tendus avec l’armée franquiste.

 

Disponible aux Editions Via Romana

 

 

 

08/11/2013

René Benjamin

 

(Xavier Soleil, Editions Pardès, 12 €)

 

rene-benjamin-qui-suis-je.jpgLes étudiants en Droit qui découvrent le célèbre arrêt Benjamin du Conseil d’Etat du 19 mai 1933 illustrant la disproportion entre une possible atteinte à l’ordre public, du fait des remous occasionnés par la tenue d’une conférence de René Benjamin, et la mesure prise par le maire, à savoir, l’interdiction pure et simple de la conférence, ne savent pas, dans leur grande majorité, qui est ce René Benjamin, dont les conférences étaient susceptibles de créer des troubles à l’ordre public.

 

René Benjamin naît à Paris le 20 mars 1885, et meurt à Tours le 4 octobre 1948. Cet écrivain catholique et Français sera même qualifié de « représentant officiel du Syllabus » (page 19). Il fit de nombreuses conférences sur la littérature, l’histoire, … « Son art », écrit Xavier Soleil, « était dérivé de son amour pour le théâtre et, en réalité, il jouait, mimait, récitait ce qu’il était venu évoquer devant des auditeurs, qu’ainsi il attirait à lui, ou plutôt à ce qui était l’objet, momentané, de sa passion » (page 33).

« Mon avis est que Benjamin préparait soigneusement ses conférences, s’en imbibait en quelque sorte, que la forme pouvait varier selon les auditoires, mais qu’il possédait si parfaitement son sujet que les mots, pour exprimer sa pensée, arrivaient aisément » (page 35).

 

En tant qu’écrivain, la diversité de ses œuvres est représentative de son état d’esprit : « si j’ai le temps de méditer, et que rien ne presse, je peux écrire un récit romanesque. Mais les jours où j’ai hâte de ne rien dire que l’essentiel, l’art dramatique s’impose. Ai-je à me battre ? j’écris un pamphlet. Est-ce que j’admire un homme ? c’est un portrait que je tente. Enfin, tout en peignant, si je veux raisonner ce que je peins, je fait un essai » (page 39).

 

Critique féroce du régime républicain, et de la médiocrité intellectuelle qui en est issue, il n’hésite pas à s’en prendre aux responsables politiques : « Herriot, mon bon, vous êtes fichu ! Vous êtes fichus ! Vous vous êtes tous servis des instituteurs. Vous les avez créés, placés, adulés, mis en route. Ils ont été les premiers serviteurs du régime. Il faut hautement leur rendre justice : depuis quarante ans, sous votre direction, c’est eux qui nous ont fait par milliers des citoyens stupides comme une urne à voter, libérés scientifiquement de tout ce qui fait l’honneur de l’âme humaine, enfin des clients, des esclaves, des éléments élémentaires du suffrage universel. » (page 41).

 

René Benjamin a aussi écrit d’émouvants portraits de grands hommes de l’époque (Maurice Barrès, Charles Maurras, Le Maréchal Pétain, …). « Pourquoi ai-je donc une plume », disait-il,  « si ce n’est pas d’abord pour peindre ce qui est grand » (page 50).

 

Comme nous l’avons vu lors de notre précédent numéro, René Benjamin était passionné de Balzac. Pour Xavier Soleil, « il y a plus d’analogies qu’on ne croit entre la Comédie humaine et l’œuvre de René Benjamin. Mêmes dons d’observation, même appel à l’intuition chez l’un et chez l’autre. Passionnément curieux, tous les deux, de leur époque, et attachés à la décrire et à l’expliquer- je dirais même à la sauver » (page 60). Par ailleurs, René Benjamin souscrivait pleinement aux principes proclamés dans l’avant- propos de la Comédie humaine : « Le christianisme a créé les peuples modernes, il les conservera. De là sans doute la nécessité du principe monarchique. Le catholicisme et la royauté sont deux principes jumeaux … J’écris à la lueur de deux Vérités éternelles : la Religion, la Monarchie, deux nécessités que les événements contemporains proclament, et vers lesquels tout écrivain de bon sens doit essayer de ramener notre pays » (page 60). Cet esprit transparaît d’ailleurs dans ce qu’il écrit après la défaite de 1940 : « il faut que la France ressuscite et soit personnelle. Elle n’a qu’une manière de l’être entre la juiverie anglo-saxonne, cette fausse liberté sans mœurs, et la tyrannie hitlérienne. C’est sa tradition chrétienne et monarchique. Et il est probable que c’est son avenir » (page 79).

 

Proche de l’Action Française, il n’hésite pas à prendre sa défense, lors de l’épisode douloureux de sa condamnation : « il y a ceux qui par leurs fonctions ou leurs talents ont à diriger ou à conseiller une société. Ceux-là n’ont pas le droit d’être aveugles et d’obéir aveuglement. Le Pape ne se charge pas de tout en ce bas monde. Il reste à donner, en dehors de lui, quelques ordres ici et là. Cette autorité, si minime qu’elle soit, est incompatible avec l’aveuglement et la surdité volontaires, surtout vis-à-vis d’une autre autorité, qui si sacrée qu’elle soit, ne répond jamais, quand on lui demande une explication ou un secours » page 70).

 

Pendant la guerre, il soutient le Maréchal Pétain, auquel il consacrera trois livres. La destruction des villes françaises lors des bombardements aveugles perpétrés pas les « alliés » l’horrifie, et il est lucide sur les débuts de la « libération » : « ce que François a vu à Tours, c’est le vrai commencement de la Révolution. Il paraît que les prisons ont été ouvertes, et il a vu, de ses yeux vu, distribuer des armes : fusil, casque et brassard – au lycée – à tous ceux qui en voulaient. C’est de la folie pure. Demain, ce sera le grand pillage à main armée » (page 87). La tragédie de l’épuration ne fera que confirmer cela. René Benjamin sera, comme tant d’autres, arrêté et interné, puis finalement, libéré.

 

Toute sa vie, René Benjamin combattra la médiocrité et le néant intellectuel de ses contemporains : « Quand on voit les gens du monde, et leur néant, comme on comprend les révolutions et leur incapacité à y résister » (page 71). « Le signe sous le quel ce siècle à commencé est, hélas, celui de la bassesse. Un orage tragique éclata ; à la lueur des éclairs, nous vîmes des héros ; puis la masse est retombée un peu plus bas qu’elle n’était » (page 54).

 

Ce livre de Xavier Soleil est un régal qui nous incite à redécouvrir René Benjamin en lisant ses œuvres. La France de la Cinquième République n’étant pas meilleure que celle de la Troisième, il n’en est que plus utile de se replonger dans la lecture d’un auteur qui ne vivait que pour le Beau et le Vrai.

 

La seule réserve que nous émettons sur ce livre tient aux élucubrations astrologiques ajoutées en annexe, mais apparemment, il s’agit d’une constante dans cette collection Qui suis-je ? , et elle n’enlève rien à la valeur de l’ouvrage de Xavier Soleil.

 

 

 

 

Jean de Saint-Herbot



Disponible aux Editions Pardès, 44 rue Wilson, 77880 Grez-sur-Loing

04/11/2013

Jean Bastien-Thiry, De Gaulle et le tyrannicide

 

(Abbé Olivier Rioult, Editions des Cimes, 8 €)

 

bastion-Thiry, dernière batailleJean Bastien-Thiry « faisait partie de ces hommes conscients qu’une action politique n’est légitime que si elle est morale » (page 7). Il fut pourtant fusillé le 11 mars 1963 pour tentative d’assassinat du général De Gaulle,  président de la République.

 

Catholique fervent, Jean Bastien-Thiry devait avoir de bonne raisons pour agir ainsi. Car, comme le dit Saint Thomas d’Aquin dans la Somme théologique, « Le péché de sédition appartient d’abord et à titre de principe à ceux qui excitent la sédition ; Ceux-là pèchent très gravement. Secondairement à ceux qui les suivent, et qui troublent le bien commun. »[1] Cependant, Saint-Thomas reconnaît une juste révolte face à un régime tyrannique : « Le régime tyrannique n’est pas juste parce qu’il n’est pas ordonné au bien commun, mais au bien privé de celui qui détient le pouvoir, comme le montre le philosophe (Aristote). C’est pourquoi le renversement de ce régime n’est pas une sédition. (…) C’est davantage le tyran qui est séditieux, lui qui nourrit dans le peuple les discordes et les  séditions, afin de pouvoir le dominer plus sûrement. »[2]

 

Par conséquent, pour que l’action du colonel Jean Bastien–Thiry soit légitime, il faut que le régime du général De Gaulle ait les caractéristiques d’une Tyrannie.

 

Dans sa déclaration du 2 février 1963, Bastien-Thiry dira que : « les sentiments auquel le dictateur De Gaulle a fait appel chez les Français de 1960, sont, nous l’avons vu, la propension trop marquée au matérialisme, à l’égoïsme individuel et collectif, à l’incivisme et à l’irresponsabilité politique. (…) Il s’agit de l’exploitation cynique de certaines tendances naturelles à l’homme, car les dictateurs drainent à leur profit une part de ce qu’il y a de mauvais et de bas dans l’âme humaine ; ce qui leur permet de réaliser assez facilement l’asservissement mental d’une partie de la nation » (page 13).

 

D’ailleurs, comme le remarque si bien l’Abbé Rioult, « en 1939/45, comme en 1958/62, les mêmes causes ont eu les mêmes effets, les mêmes vices ont abouti aux mêmes ruines » (page 43). De Gaulle « réalisa l’impensable, l’inimaginable. Il fut le grand accoucheur du nouveau patriotisme révolutionnaire, c'est-à-dire du patriotisme détaché de la France » (page 24).

 

Contre la véritable dictature de ce monstre, «  nous n’avons », nous déclare le colonel Bastien-Thiry, « transgressé ni les lois morales, ni les lois constitutionnelles, en agissant contre un homme qui s’est placé lui-même hors de toutes les lois : hors des lois morales, hors des lois constitutionnelles, hors des lois humaines. » (page 17) « Nous avons exercé le droit de légitime défense contre un homme, au nom de ses victimes, au nom de nos concitoyens et au nom de nos enfants. Cet homme est ruisselant de sang français et il représente la honte actuelle de la France. Il n’est pas bon, il n’est pas moral, il n’est pas légal que cet homme reste longtemps à la tête de la France. La morale, le droit et la raison humaine s’unissent pour le condamner. La vérité que nous avons dite, et que bien d’autres que nous ont dite avant nous, restera attachée au nom de cet homme où qu’il aille et quoi qu’il fasse. Un jour, cet homme rendra compte de ses crimes : devant Dieu, sinon devant les hommes » (page 30).

 

La démonstration de l’Abbé Rioult est magistrale et met parfaitement en vue la nocivité du général à titre provisoire qui par deux fois tint entre ses mains les destinées de la France. Cet ouvrage à aussi le mérite de réhabiliter la grande figure de héros catholique du colonel Bastien-Thiry qui n’hésita pas à tout sacrifier pour restaurer la France abaissée. A lire d’urgence pour finir de déboulonner la statue maintes fois fissurée de « l’homme du 18 juin ».

 
 
Jean de Saint-Herbot
 
 

[1] Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, II – II, q.42, a.2

[2] Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, II – II, q.42, réponse à la troisième objection


Disponible aux Editions des Cimes

12/10/2013

Au service secret du Tsar

 

(Général Pavel Zavarzine, Editions du Trident)

 

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Le Général Pavel Zavarzine qui fut l’un des chefs de l’Okhrana jusqu'à la révolution de 1917 nous donne ici un aperçu très instructif de l’organisation du système de sécurité de l’Okhrana.

Nous découvrons ainsi les modes de fonctionnement de cette police politique tsariste : l’organisation des agences, les différents types de collaborateurs employés, le type de locaux utilisés, les méthodes de travail, les perquisitions , …

Le Général nous livre ensuite ses souvenirs en tant que membre de l’Okhrana entre 1898 et 1917.

Nous assistons notamment au démantèlement de plusieurs réseaux révolutionnaires, aux actions d’infiltration des mouvements révolutionnaires, à la lutte contre l’espionnage des pays étrangers, et contre les menées anti-russes de certains partis polonais.

Un des aspects intéressants de cet ouvrage est de voir comment le pouvoir politique donnait suite aux arrestations effectuées et ce qu’il advenait des réseaux détruits.

Par ailleurs, suite aux différentes tentatives ratées de révolutions ou de manifestations musclées des révolutionnaires, il est à noter que le peuple, justement indigné par les menées subversives anti-tsaristes, défilait en hommage au Tsar, et parfois, dans un élan de colère, s’en prenait aux biens matériels des membres de la secte la mieux représentée dans les partis révolutionnaires, justifiant en quelque sorte l’adage « qui sème le vent, récolte la tempête » …

Un document très révélateur sur les dernières années de la Russie Impériale.


Jean de Saint-Herbot


Disponible aux Editions du Trident

18/06/2013

En dépit des décisions de justice, la démolition de l’église de Gesté va commencer

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Gesté (Maine et Loire)
L’Église Saint-Pierre-aux-Liens en passe
d’être détruite à partir du 18 juin 2013
Photo : D. Rykner

17/6/13 - Patrimoine - Gesté, église - Lorsqu’un meurtre menace d’être commis en pleine rue, il est d’usage que la police intervienne pour empêcher le crime. Il semble qu’en France un maire puisse, malgré des décisions de justice en sa défaveur, décider de détruire une église sans que la force publique ne s’interpose.

On se rappelle que le Conseil d’État avait rejeté la demande de pourvoi en cassation de la Mairie de Gesté contre la décision du Tribunal Administratif qui interdisait la démolition de l’église. Le maire s’en moque et prétend désormais que le permis de démolir (qui a été annulé) n’est pas nécessaire. Et que le permis de construire, qui fait l’objet d’un recours, n’est pas suspensif.
Comme nous l’avions écrit récemment, le conseil municipal a donc à nouveau voté la démolition le 6 mai, et le maire a passé un appel d’offre pour qu’une entreprise mène ce chantier. Aujourd’hui 17 juin, il a convoqué la presse locale à 16 h pour annoncer sa décision, la démolition devant commencer incessamment.

L’avocat de l’association a déposé ce jour un référé en suspension et une requête en annulation de la délibération du conseil municipal, mais il est probable que la démolition commencera dès demain. Il ne reste que peu d’alternatives possibles pour empêcher ce vandalisme. La première serait que le ministère de la Culture, qui est au courant de la situation, prenne ses responsabilités comme à Saint-Gemmes-d’Andigné (ou à Fontainebleau) et prenne un arrêté d’instance de classement. Mais celui-ci doit intervenir immédiatement.
La deuxième serait que l’on suive l’exemple de la Halle de Fontainebleau, où les défenseurs du patrimoine se sont opposés physiquement aux bulldozers. Nous parlions récemment de la leçon turque, peut-être est-il temps de la suivre même s’il est facile de parler depuis Paris, loin du Maine-et-Loire. Quelle que soit l’issue de cette bataille, il reste à espérer que les responsables n’en sortiront pas impunis. Va-t-on accepter qu’en France, désormais, un élu local puisse décider de la destruction d’une église en bon état, dont la qualité artistique est reconnue même par un tribunal administratif ? Sommes nous encore dans un État de droit ou le temps de la barbarie est-il définitivement revenu ?

 

Didier Rykner, lundi 17 juin 2013

 

Source: http://www.latribunedelart.com/en-depit-des-decisions-de-justice-la-demolition-de-l-eglise-de-geste-va-commencer/

08/05/2013

La désinformation autour de La Varende

 

(Gérard Guillotel, Atelier Fol’fer)

 

LaVarende_114.jpg« En réalité, à la mort de Chambord, un seul être avait le droit de porter le blason de France : l’arrière-petit-fils de Louis XIV, le roi d’Espagne … le prétendant … est affublé, masqué, rappelle les exactions sans pareilles de son grand-père, roi des Français par la grâce de Ledru-Rollin. » (M. Le Duc, pages 352 et 353)

Gérard Guillotel nous livre ici une version augmentée et améliorée de son étude parue dans les Cahiers de Chiré n°18 et 20 « La Varende, héraut de la légitimité ».

L’occasion pour nous de redécouvrir ce grand écrivain normand, qui tout en étant proche de l’Action française, n’avait aucune sympathie pour les descendants du citoyen Egalité.

Cette fidélité légitimiste lui vient de sa famille, et notamment de sa grand-mère maternelle, qui «  malgré ses égoïsmes, (elle) restait curieusement monarchiste et légitimiste (…). Je lui ai vu faire une scène atroce à son mari parce qu’il avait voulu envoyer de l’argent pour un cadeau à une princesse d’Orléans qu’on mariait …

« Pour elle, les Orléans étaient de la chienlit » (page 89).

La Varende dans ses romans évoque régulièrement la question de la légitimité. Ainsi, par exemple, dans la nouvelle Le Manifeste (1937), Madame de Galart se montre fort critique envers « le grand-père usurpateur, l’arrière-grand-père régicide » (page 66), et leurs prétentions : « et l’on faisait de la légitimité avec cette salade-là … » (page 66).

Dans La Dernière Fête, on entend le Marquis de La Bare défendre la légitimité des Bourbons-Anjou « Et vous savez, il n’y a jamais eu de fusion entre Monseigneur et les Orléans. L’entrevue du 5 avril 1875 ne fut pas du tout une acceptation générale. A peine une absolution.

« … Il n’y a pas eu de fusion ; c’est-à-dire, en somme, de transmission, de presque abdication en faveur des Orléans. D’ailleurs sont-ils encore aussi sûrs ? Le comte de Paris a décidé de s’appeler Philippe VII au lieu de Louis-Philippe II, pour épargner les légitimistes, mais aussi afin de ne pas renier grand-papa. Les Orléans ne sont pas les héritiers de Monseigneur dans la couronne : la couronne devrait aller au plus proche agnat, au Bourbon d’Espagne. La renonciation du duc d’Anjou ne portait que sur la renonciation aux deux couronnes.

«  … En France existe une loi aussi indiscutable que la loi salique : le Roi ne peut disposer de la couronne. Donc le duc d’Anjou n’avait pas le droit de renoncer au trône de France ; donc l’approbation ou la désapprobation du comte de Chambord n’ont aucune valeur. Par Philippe V, le prétendant serait donc le deuxième fils de Don Carlos. Ce serait Charles-Alphonse. » (pages 79-80).

La lecture des œuvres de La Varende ne peut donc que nous conforter dans notre rejet absolu de la descendance du régicide.

 

« Le sang reste la grande loi française. Nous touchions plus à l’aînesse par notre père Louis XIV que le Régent par son père, frère du grand Roi … Vous admettez sans peine la validité de la Renonciation du duc d’Anjou à la couronne de France et vous ne reconnaissez pas celle de Philippe Egalité ! Vous ne voyez pas que les d’Orléans ont jusqu’aux moelles le goût d’intervenir et de tripatouiller. » (M. Le Duc, page 354)


Jean de Saint-Herbot


Disponible  à l'Atelier Fol'fer

17/04/2013

Tabou (Volume 19)

 

(Editions Akribeia)

 

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Les Editions Akribeia publient depuis quelques années, à raison d’un ou deux volumes par an, une série de recueils de textes d’auteurs divers, consacrés à l’étude de certains aspects méconnus ou cachés de l’histoire contemporaine, et spécialement de la seconde guerre mondiale.

Ces recueils sont présentés ainsi par l’éditeur : « Mensonges, mythes, légendes, bobards de la propagande de guerre, rumeurs, falsifications, dénaturations de documents, fausses interprétations, impostures, mystifications, montages, « vérités » politiques, etc. Les tabous s’effritent peu à peu, y compris les plus « sacrés » d’entre eux . »

Le volume 19, publié en 2012 contient, par exemple une étude de Piero Sella sur les « préjugés », cibles de l’assaut contre la civilisation européenne, dont nous pouvons retenir notamment que : « d’un côté, les « démocrates » s’érigent donc, avec une arrogance sentencieuse, en protecteurs de la tolérance et du pluralisme, en champions de toutes les minorités marginalisées ; de l’autre, cependant, ils lancent des excommunications grossières et bannissent sous le vocable de « préjugés » tout ce qui ne trouve pas place dans leur étroite construction idéologique. » (page 11).

Pour Piero Sella, « il s’agit bien d’une croisade idéologique, visant à l’homogénéisation planétaire. Depuis les centres de pouvoir occupés par les vainqueurs de la seconde guerre mondiale, elle a été menée sans interruption et par tous les moyens ces dernières décennies, imprimant sa marque sur les institutions, la législation, mais aussi sur les consciences et sur le langage courant. C’est ainsi que le sens réel de termes comme, par exemple, « racisme » et « antisémitisme », n’est aujourd’hui connu que de rares hommes libres. Plus faible encore, évidemment, est le nombre de ceux qui trouvent le courage d’exprimer ce sens réel et d’affronter les coups de la culture dominante, laquelle n’hésite pas à condamner, en tant que préjugé, toute déviation par rapport à ses propres schémas. » (page 13).

Un autre exemple au sujet du sida et de la toxicomanie : « et c’est précisément selon cette pseudo-logique, que l’Etat, au lieu de combattre le sida, gaspille argent et énergie à éradiquer le « préjugé », sans se soucier du fait que, une fois de plus, le « préjugé » coïncide avec l’opinion des mieux formés, avec le bon sens, la morale, en résumé avec l’intérêt général. Mais cela ne suffit pas : la catégorie méritante des toxicomanes se voit offrir des seringues et les malades du sida reçoivent une aide financière quotidienne, afin que les soucis matériels leur soient épargnés et qu’ils puissent continuer à circuler librement encore et toujours. » (page 28).

Ce recueil contient aussi un texte de Kevin B. Macdonald, Le modèle juif peut-il aider l’occident à survivre ?, des textes intitulés : Le boycott défensif du 1er avril 1933 en Allemagne, les premiers camps de concentration d’Europe furent polonais, la criminalité sous le Troisième Reich, Des universités dans les camps allemands pour polonais, l’étoile juive, L’association Lebensborn une organisation d’aide sociale, L’incendie du Reichstag, …

Le dernier texte du recueil, consacré à Alain de Benoist, Philippe Nemo et l’immense misère de notre temps, si il démontre clairement l’imposture d’Alain de Benoist et de ses idées délétères, nous laisse quelque peu sceptiques quand aux moyens d’actions proposés, et nous ne pouvons que mettre en garde contre la présentation favorable de penseurs comme Guénon et Evola par Philippe Baillet, l’auteur de cet article.

 

 

Jean de Saint-Herbot

 

Disponible aux Editions Akribeia

10/03/2013

Légitimisme et Papauté

(Adrien Loubier, Editions Sainte Jeanne d’Arc)

 

images.jpegDe la consigne : « Entrons dans la République, pour combattre les mauvaises lois », on en est arrivé à celle-ci, qui est aux antipodes : « Admettons les mauvaises lois, pour entrer dans la République » ! (Robert Havard de La Montagne)

 

 

 

Le Comte Paul de Pradel de Lamase, journaliste légitimiste de la seconde moitié du XIX ème siècle va peu à peu, sombrer de désillusions en désillusions, pour finalement abandonner la cause légitimiste au profit de la politique du Ralliement.

 

Cette curieuse évolution, qui se généralisera dans les milieux catholiques légitimistes de l’époque aboutira à l’une des plus désastreuses erreurs politiques, en venant en quelque sorte légitimer la République maçonnique en place.

 

Les conséquences du Ralliement avaient cependant été entrevues par Charles Maurras, ce que nous démontre Adrien Loubier à travers l’analyse de ses contes philosophiques réunis dans le Chemin de Paradis en 1894.

 

Charles Maurras avait en effet compris à quelles aberrations menait le Ralliement, et décrivit ses conséquences ultimes sous une forme allégorique.

 

Cette double analyse nous permet de mieux comprendre comment tant de royalistes ont pu s’engouffrer dans le sillon de ce funeste Ralliement, alors qu’un jeune journaliste de vingt-cinq ans avait compris l’impasse de cette politique désastreuse et tentait d’en avertir ses contemporains.

 


 

Jean de Saint-Herbot

 

Disponible aux   Editions Sainte Jeanne d’Arc, Les Guillots, 18260 VILLEGENON