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26/03/2014

Carnets de Guerre 1939-1948

(René Benjamin, Cahiers René Benjamin n°2, Editions Pardès)

 

 

index.jpegCe deuxième volume des Cahiers René Benjamin regroupe des extraits inédits des Carnets de Guerre de René Benjamin présentés par Xavier Soleil.

Cette publication nous permet de suivre le déroulement de la guerre, de l’occupation et de la « libération-épuration » à travers les notes d’un témoin lucide de cette époque : René Benjamin.

Ainsi, par exemple, dès 1941, René Benjamin, contrairement à certains Français à vue courte, ne se fait aucune illusion sur la perfide Albion qui transforme notre pays en champ de ruines par ses bombardements criminels : « Les abrutis de Bretagne. Plus il leur tombe de bombes sur la tête, plus ils sont anglophiles et gaullistes. Ils répètent d’ailleurs ce que les Anglais, cyniques, leur disent, après avoir tué les leurs : - Vous n’avez pas vu que c’était des avions allemands ? » (page 32).

René Benjamin n’était pas plus favorable à l’occupant allemand qu’au destructeur anglais. Simplement, à la suite du Maréchal Pétain, et à l’exemple de Charles Maurras, il se dévouait pour la Seule France : « Entre l’immense risque allemand (sérieux – organisation – empoisonnement sûr de la vie : pas de jeu, pas d’air, pas de laisser-aller – pas de bonheur et pas de petite place laissée à l’imprévu de la vie – à une décision subite de Dieu) et la froide cruauté anglaise , dans leur intérêt, je souhaite pour quelques années une France seule sur ses ruines – méditant, s’isolant, se retrouvant, se recueillant. » (page 71).

Devant les attentats et les meurtres perpétrés par les maquis gaullo-communistes, René Benjamin entrevoit avec inquiétude l’épuration qui se prépare contre les élites de la pensée française : « Le préfet raconte les meurtres effrayant, les drames terribles du maquis. Tout commence par l’immonde mitraillette. Il dit son effroi sur l’état de la France : - Elle est encore riche ! s’écrie Béatrice. Riche de ses élites ! S’il n’y avait pas cela ce serait à désespérer ! Je pense :- Mais en effet, pourquoi ne pas désespérer ? Et je dis simplement : - Les élites ne sont exactement rien devant les mitraillettes. » (pages 93-94).

Mais au mois de juin 44, la situation empire, et les règlements de comptes se généralisent peu à peu sur le territoire : « Cette hideuse « libération » de la France, elle a été dès le premier jour imaginée par les fuyards, les dissidents, ceux qui avaient peur des Allemands. Et les orgueilleux comme De Gaulle. C’est eux qui l’ont mise dans la tête des Anglais. Vous pensez si les Anglais ont sauté sur l’occasion de détruire ce pays. Mais les vrais criminels ce sont les dissidents » (page 104).

Dans les rangs des « libérateurs » on trouve de tout, on trouve même certains prêtres philo-communistes. Ainsi, par exemple, lors de la messe du dimanche 23 février 1947, René Benjamin va entendre le sermon d’un certain Père Riquet, que nous retrouverons quelques années plus tard, lors des tentatives de rapprochement de certains clercs « catholiques » avec la Franc-maçonnerie… Le portrait que René Benjamin nous laisse du Père Riquet est édifiant : « Nous allons entendre, avec le haut et puissant seigneur Geslin le Père Riquet, qui est moins père que moi ! Dangereux phénomène ! Que je plains le Cardinal de devoir s’en servir ! C’est Mauriac en beau : belle tête, belles mains, belles attitudes théâtrales. Mais c’est le même monstre à l’intérieur, qui attaque et caresse dans la même minute. Le pompier incendiaire. L’infirmier assassin. La confusion de tous les genres avec une tête ravie. On sort de là avec l’envie de l’écraser. Malgré une patte de velours passée sur l’échine de la bourgeoisie et … de la noblesse (mais en disant férocement : Noblesse oblige !), sa haine perce à chaque instant pour tout ce qui n’est pas déporté, prolétaire et communiste aigri – et il hait au moment où il dit : « Le fait du chrétien, c’est d’aimer ». » (pages 133-134).

Ces carnets regorgent de réflexions, de pensées émouvantes sur le dévouement du Maréchal Pétain ou sur l’état de la France, d’informations, de récits divers, ce qui en fait un document de premier plan sur la seconde guerre mondiale.

Nous ne pouvons tout citer, mais nous finirons simplement par cette opinion si vraie du Général Weygand, rapportée par René Benjamin, sur De Gaulle : « Ainsi c’est ce misérable qui m’a fait arrêter – ce misérable qui a sur la conscience les 2000 morts de Mers-el-Kébir (Weygand vient devant la Haute Cour de déposer au procès Baudouin) parce qu’il a menti aux Anglais, parce qu’il a donné de la suspicion au sujet de notre flotte. Misérable qui laisse les communistes, seconde imposture (c’est lui la première) occuper tout dès le premier jour. Misérable qui a permis lâchement la mort de tant d’hommes. Misérable qui ne s’est pas battu. Misérable sans âme, mais pourri d’ambition, qui dès le grade de capitaine, me disait : «  J’aurai mon nom dans l’Histoire de France ! » » (pages 138-139).

 

 Jean de Saint-Herbot

 

Disponible aux Editions Pardès, 44 rue Wilson, 77880 Grez-sur-Loing

 

Commentaires

Vraiment sympathique le dessin de votre blogue, il l'aime beaucoup, l'avez-vous provoquer vous même ?

Écrit par : cotes france honduras | 15/06/2014

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