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04/11/2013

Jean Bastien-Thiry, De Gaulle et le tyrannicide

 

(Abbé Olivier Rioult, Editions des Cimes, 8 €)

 

bastion-Thiry, dernière batailleJean Bastien-Thiry « faisait partie de ces hommes conscients qu’une action politique n’est légitime que si elle est morale » (page 7). Il fut pourtant fusillé le 11 mars 1963 pour tentative d’assassinat du général De Gaulle,  président de la République.

 

Catholique fervent, Jean Bastien-Thiry devait avoir de bonne raisons pour agir ainsi. Car, comme le dit Saint Thomas d’Aquin dans la Somme théologique, « Le péché de sédition appartient d’abord et à titre de principe à ceux qui excitent la sédition ; Ceux-là pèchent très gravement. Secondairement à ceux qui les suivent, et qui troublent le bien commun. »[1] Cependant, Saint-Thomas reconnaît une juste révolte face à un régime tyrannique : « Le régime tyrannique n’est pas juste parce qu’il n’est pas ordonné au bien commun, mais au bien privé de celui qui détient le pouvoir, comme le montre le philosophe (Aristote). C’est pourquoi le renversement de ce régime n’est pas une sédition. (…) C’est davantage le tyran qui est séditieux, lui qui nourrit dans le peuple les discordes et les  séditions, afin de pouvoir le dominer plus sûrement. »[2]

 

Par conséquent, pour que l’action du colonel Jean Bastien–Thiry soit légitime, il faut que le régime du général De Gaulle ait les caractéristiques d’une Tyrannie.

 

Dans sa déclaration du 2 février 1963, Bastien-Thiry dira que : « les sentiments auquel le dictateur De Gaulle a fait appel chez les Français de 1960, sont, nous l’avons vu, la propension trop marquée au matérialisme, à l’égoïsme individuel et collectif, à l’incivisme et à l’irresponsabilité politique. (…) Il s’agit de l’exploitation cynique de certaines tendances naturelles à l’homme, car les dictateurs drainent à leur profit une part de ce qu’il y a de mauvais et de bas dans l’âme humaine ; ce qui leur permet de réaliser assez facilement l’asservissement mental d’une partie de la nation » (page 13).

 

D’ailleurs, comme le remarque si bien l’Abbé Rioult, « en 1939/45, comme en 1958/62, les mêmes causes ont eu les mêmes effets, les mêmes vices ont abouti aux mêmes ruines » (page 43). De Gaulle « réalisa l’impensable, l’inimaginable. Il fut le grand accoucheur du nouveau patriotisme révolutionnaire, c'est-à-dire du patriotisme détaché de la France » (page 24).

 

Contre la véritable dictature de ce monstre, «  nous n’avons », nous déclare le colonel Bastien-Thiry, « transgressé ni les lois morales, ni les lois constitutionnelles, en agissant contre un homme qui s’est placé lui-même hors de toutes les lois : hors des lois morales, hors des lois constitutionnelles, hors des lois humaines. » (page 17) « Nous avons exercé le droit de légitime défense contre un homme, au nom de ses victimes, au nom de nos concitoyens et au nom de nos enfants. Cet homme est ruisselant de sang français et il représente la honte actuelle de la France. Il n’est pas bon, il n’est pas moral, il n’est pas légal que cet homme reste longtemps à la tête de la France. La morale, le droit et la raison humaine s’unissent pour le condamner. La vérité que nous avons dite, et que bien d’autres que nous ont dite avant nous, restera attachée au nom de cet homme où qu’il aille et quoi qu’il fasse. Un jour, cet homme rendra compte de ses crimes : devant Dieu, sinon devant les hommes » (page 30).

 

La démonstration de l’Abbé Rioult est magistrale et met parfaitement en vue la nocivité du général à titre provisoire qui par deux fois tint entre ses mains les destinées de la France. Cet ouvrage à aussi le mérite de réhabiliter la grande figure de héros catholique du colonel Bastien-Thiry qui n’hésita pas à tout sacrifier pour restaurer la France abaissée. A lire d’urgence pour finir de déboulonner la statue maintes fois fissurée de « l’homme du 18 juin ».

 
 
Jean de Saint-Herbot
 
 

[1] Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, II – II, q.42, a.2

[2] Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, II – II, q.42, réponse à la troisième objection


Disponible aux Editions des Cimes

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