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18/02/2013

Les ex-libris français depuis leur origine jusqu'à nos jours

A. POULET-MALASSIS





LES EX-LIBRIS



FRANÇAIS



DEPUIS LEUR ORIGINE JUSQU'A NOS JOURS







NOUVELLE ÉDITION, REVUE, TRÈS-AUGMENTÉE



ET ORNÉE DE VINGT-QUATRE PLANCHES







PARIS



CHEZ P. ROUQUETTE, LIBRAIRE



85-87, PASSAGE CHOISEUL, 85-87



MDCCCLXXV








Les Ex-libris français (Couv. - 4.079 ko)








TABLE







Préface de la première édition



Avertissement a la seconde édition







LES EX-LIBRIS FRANÇAIS








XVIe SIÈCLE



DE 1600 A 1650



DE 1650 A 1700



DE 1700 A 1789



PREMIÈRE RÉPUBLIQUE



PREMIER EMPIRE



RESTAURATION — MONARCHIE CONTITUTIONNELLE — SECONDE RÉPUBLIQUE



SECOND EMPIRE — TROISIÈME R
ÉPUBUQUE




LES DEVISES








QUELQUES EX-LIBRIS SINGULIERS








LES EX-LIBRIS DE THOMAS GUEULETTE



LES EX-LIBRIS DU PRÉSIDENT DE BROSSES



LES EX-LIBRIS DE LOUIS XV — DE Mme VICTOIRE DE FRANCE — DU CHATEAU DE
LA BASTILLE



LES EX-LIBRIS DE LAUS DE BOISSY



L’EX-LIBRIS DE GRIMOD DE LA REYNIÈRE



L’EX-LIBRIS DE CHAMPCENETZ



LES EX-LIBRIS DE BOYVEAU-LAFFECTEUR



L’EX-LIBRIS DE FRANÇOIS DE NEUFCHATEAU








EX-LIBRIS DESSINÉS OU GRAVÉS PAR
LES PETITS MAITRES DU XVIIIe SIÈCLE








FRANÇOIS BOUCHER



BOUCHARDON



PIERRE



GRAVELOT



COCHIN FILS



CHARLES EISEN



AUGUSTIN DE SAINT-AUBIN



MOREAU LE JEUNE



CHOFFARD



WILLE FILS



MARILLIER



MONNET



GAUCHER



SERGENT-MARCEAU



Mme LOUISE LE DAULCEUR








LISTE GÉNÉRALE DES DESSINATEURS
ET



DES GRAVEURS QUI ONT SIGNÉ



DES EX-LIBRIS FRANÇAIS








XVIIe SIÈCLE



XVIIIe SIÈCLE



XIXe SIÈCLE




















*



* *








PRÉFACE DE LA
PREMIÈRE ÉDITION












« C’est
la collection à la mode, » nous disait, ces jours derniers, un libraire
du quai, à qui nous demandions des ex-libris.







« A la mode » est exagéré.







Nous citerions bien, en vérité, les noms d'une vingtaine de
collectionneurs, après lesquels il faudrait s'arrêter. Noyau excellent
qui grossira et fructifiera, certes, mais fort disproportionné avec le
nombre de tirage de ces notes, qui s'adressent ainsi beaucoup moins aux
curieux de l'heure présente qu'à ceux de demain, ou de l'an qui vient.







Quoi qu'il en soit, nous avons essayé de résumer ici nos observations
sur les marques intérieures
de bibliothèque, et sur leur usage en France depuis la fin du XVIe
siècle, où elles commencent à se montrer, jusqu'à nos jours, où l'on
peut dire qu'elles sont en discrédit. Au siècle dernier, elles ont eu
leur grande vogue correspondant à un besoin général, en même temps que
leur apogée artistique, suivi de l'inévitable retour que l'on sait.







Ce mince objet de curiosité, longtemps négligé, s'est enfin montré aux
bibliophiles et aux iconophiles comme la dernière épave à sauver du
naufrage du livre ancien. Cependant nous sommes le premier à en traiter
à un point de vue d'ensemble, et les généralités sont même la partie la
moins défectueuse de ce travail. Dans le détail, il laisse beaucoup à
désirer, trop peut-être ; soyons le premier à le dire, comme à le
constater.







Nous avons craint, nous devions craindre de nous aventurer dans
diverses parties de notre tâche, sans l’appui d'un assez grand nombre
de documents vus et étudiés. Par exemple — un seul suffira — il a fallu
renoncer à l’idée de dresser la nomenclature des ex-libris du XVIIIe
siècle suivant la condition sociale de leurs titulaires :
ecclésiastiques, grands seigneurs, gens de robe, de finance, savants,
littérateurs, artistes, etc., etc. On comprend tout de suite quel
intérêt bibliographique, voire historique, de semblables listes eussent
offert ; rien que leurs résultats statistiques seraient importants.
Mais dans l’état actuel des collections, ces listes incomplètes eussent
trop perdu de leur signification.







C'est besogne ajournée ; nous disons ajournée, et ne nous en dédirons
pas. Il nous est facile de renoncer d'avance, et sans regret, à une
seconde édition de cet opuscule, mais non pas à l'espérance d'un
complément qui deviendrait surtout nécessaire si le libraire du quai,
avec le coup d'oeil sûr du marchand, a vu clair dans l'avenir de
l'ex-libris. « C'est la collection à la mode » n'est pas une réalité ;
mais sans doute une vue prophétique, à bref délai.







En attendant de contracter de nouvelles obligations envers les curieux,
remercions ici ceux qui ont bien voulu nous assister de leurs
communications : M. Assézat, du Journal
des Débats
; M. Aglaüs Bouvenne, l'amateur le plus connu
de Paris, dans ce genre (1)
; M. Bilco qui a rassemblé si vite une si
curieuse série ; M. Claudin, le libraire érudit, et surtout M. Preux,
qui, avec la plus parfaite bonne grâce, n'a pas hésité à nous adresser
de Douai et à nous confier pendant quelques jours la fleur de sa riche
collection.











20 Janvier 1874.















AVERTISSEMENT A LA
SECONDE ÉDITION












Le libraire du
quai était de l’ordre, peu considéré, des très-petits prophètes, mais
il n'en prophétisait pas moins vrai.







Les collections d'ex-libris sont « à la mode » présentement ;
on peut le dire, et comme de tout nouveau genre de curiosité, on peut
encore augurer de celui-ci qu'il fournira une carrière d'autant moins
brève, qu'il apportera plus d'éléments variés d'instruction et
d'intérêt.







Si l'on considère l'ardeur actuelle des recherches, il est à craindre
que cette carrière soit assez tôt bornée. Une promenade du
Pont-Saint-Michel au Pont-Royal suffit pour montrer que le livre
ancien, le livre à ex-libris, figure à peine pour un tiers dans ce qui
s'appelle le bouquin,
et cette proportion doit décroître avec rapidité. A ce compte, les
collectionneurs courent le risque de se rencontrer, d'ici peu de temps,
d'autant plus nombreux qu'ils n'auront qu'à glaner.







Mais éloignons cette triste perspective, et collectionnons sans cesse,
puisque les moments de collectionner semblent comptés.







Nous promettions seulement un Complément aux Ex-libris français
; les circonstances favorables en ont autrement décidé. Voici bel et
bien une seconde édition très-réelle, revue avec soin, et augmentée au
point d'être doublée ; le cadre est resté le même, mais nous l'avons
rempli en conscience, et peut-être même un peu bourré. De plus, nous
ayons cru indispensable de donner des planches à l’appui de nos
observations et de nos conclusions ; elles sont au nombre de
vingt-quatre, la plupart fac-similées par un procédé excellent, bien
que coûteux. Cet opuscule, tel quel, est sans doute moins indigne du
succès de son premier tirage ; souhaitons que les amateurs
bienveillants qui nous ont encouragé à le compléter partagent ce
sentiment.







M. Ernest de Rozière, entre tous, a droit à notre gratitude. Sans la
série de marques de bibliothèque mise par lui à notre disposition, la
plus anciennement formée dans notre pays, et la plus riche en monuments
du XVIIe siècle, il nous eût été bien difficile, sinon impossible, de
reprendre à nouveau frais ce travail, de le remanier, de le préciser
sur nombre de points. Les plus importantes des pièces reproduites en
fac-similé sont empruntées à ce cabinet hors ligne : nous citerons
surtout l’ex-libris de François de Malherbe.







MM. Bilco, Claudin, Preux, de qui les conseils et les communications
nous avaient été précédemment utiles, ont bien voulu nous les
continuer, avec un redoublement d'obligeance. Enfin, nous sommes assez
heureux pour avoir intéressé à notre oeuvre quelques artistes et gens de
lettres éminents de notre temps, et c’est ainsi qu’on distinguera entre
les marques anciennes, des originaux d'ex-libris modernes signalés par
les noms de leurs titulaires et de leurs signataires. Que MM. Edmond de
Goncourt, Edouard Manet, Octave de Rochebrune, Aglaüs Bouvenne et
Bracquemond nous permettent de les en remercier ici.











10 janvier 1875.











*



* *








LES
EX-LIBRIS
FRANÇAIS












Pas un des
dictionnaires de la langue française n’a admis le terme ex-libris,
composé de deux mots latins qui signifient des livres… faisant partie
des livres
.







Il est pourtant consacré par l'usage et se dit de toute marque de
propriété appliquée à l'extérieur ou à l'intérieur d'un volume.







Dans un sens plus restreint, il s'entend d'un motif d'art, blason,
monogramme, allégorie, emblème, etc., gravé en relief ou en creux, et
fixé sur les gardes ou sur le titre d'un livre, en signe de possession.








C’est de ce genre d'ex-libris et de ses diverses fortunes dans notre
pays que nous voulons seulement parler ici.












XVIe SIÈCLE










L'emploi de l’ex-libris gravé est beaucoup moins ancien, en France,
qu'on ne serait tenté de le supposer.







On connaît un grand nombre d'ex-libris allemands et une certaine
quantité d'ex-libris italiens du XVIe siècle ; il ne s'en rencontre pas
de français.







L'ex-libris semble avoir pris naissance en Allemagne ; dès le
commencement du siècle ce pays montre des marques de bibliothèques
dessinées et gravées par des artistes en renom qui prenaient le soin de
les signer et de les dater ; l'usage s'en généralisa.







Que l'Allemagne ait fait les premières applications, en tout genre, des
divers arts d'imprimerie qu'elle venait d'inventer, rien là qui puisse
surprendre ; il convient de considérer aussi que le mouvement de la
Réforme, en multipliant chez elle les produits de la typographie,
rendit nécessaire l'emploi de marques de propriété à l'intérieur des
livres, et contribua à détourner leurs possesseurs de ce luxe de
reliures et de marques extérieures par lequel se signalèrent, dans le
même temps, certains bibliophiles d'Italie et de France, restés
célèbres. L'Allemagne dès lors n'attacha qu'une importance secondaire à
l'habillement du livre, le fond poux elle emporta la forme ; encore
aujourd'hui, elle ignore, ou à peu près, les raffinements de la reliure
et de la condition,
et se montre résolument indifférente aux
délicatesses bibliographiques qui préoccupent chez nous les curieux.







Quoi qu'il en soit, l’ex-libris nous est venu d'Allemagne, non pas de
plein saut, mais par étapes dans les pays de l’est et du nord que la
France devait se réunir. Ces étapes, non encore étudiées, sont mal
connues. Nous en pouvons cependant citer un notable exemple dans
l’ex-libris de Nicolas de Lescut, savant jurisconsulte lorrain, travail
incontestablement allemand, que son titulaire put commander pendant
qu'il représentait à la diète de Spire (1541) le duc de Lorraine
Antoine dont il était secrétaire (2)
.







Dans la première édition de ce travail nous avons présenté, comme le
plus ancien ex-libris français connu, une marque au nom de Dacquet,
en faisant remarquer toutefois que par la forme de l'écu encadré dans
un cartouche orné et par le caractère du monogramme qui la décore, elle
restait une singularité, une exception dans la série des ex-libris
authentiquement français. Le nom de son titulaire nous avait induit en
erreur. Après un examen plus approfondi il nous parait bien que cette
pièce relève de l’art flamand des dernières années du XVIe siècle.
C'est dans les Flandres, sans doute, qu'il faudrait s'enquérir de
Dacquet, artiste et peut-être peintre verrier. Quant à sa date
(1574-1600), qui a été contestée et reportée au delà du règne de Henri
IV, elle se trouve à nouveau certifiée par la découverte, récemment
faite, d'un exemplaire collé du temps, sur la garde des Oeuvres de
Philippes Des Portes
, Anvers, Arnould Coninx, 1596,
in-12, qui
confirme, à la fois, notre attribution d'origine, car ce produit des
presses anversoises dut trouver sa vente dans le rayon du marché
flamand.







En somme, on doit douter de l'existence d'un ex-libris gravé en creux
ou en relief, antérieur à l'année 1600, qui puisse être dit français
dans les limites géographiques de la France d'alors. C'est pourquoi
nous en citerons un simplement typographique, composé en lettres
mobiles : Ex
bibliothecâ Caroli Albosii E, Eduensis
, avec la devise
Ex labore
quies
,
et la date 1574.







Réserve faite des signatures autographes de possesseurs de livres, dont
nous n'avons pas à nous occuper ici, cet ex-libris d'un bibliophile
d'Autun est la plus ancienne marque intérieure connue d'une
bibliothèque française.












DE 1600 A 1650










Les ex-libris français sont encore assez rares durant cette période,
pour que nous croyions devoir donner la liste de tous ceux que nous
avons pu étudier, et la description de quelques-uns, surtout des
anonymes. Nous résumerons, à la fin du chapitre, les observations
qu'ils nous auront suggérées.







Ex-libris de Jean
Bigot
,
sieur de Sommesnil et de Cleuville, doyen de
la cour des Aides de Normandie. — Pour in-4, pour in-8 et pour in-12 ;
tous trois anonymes : d'argent, au chevron de sable, accompagné de
trois roses de gueules posées 2 et 1 ; le chevron chargé au sommet d'un
croissant d'argent.







L'écu est irrégulièrement blasonné, et les heaumes, les cimiers, les
lambrequins, les supports présentent un caractère si décidément
archaïque dans ces trois pièces, que vues hors de série, elles
sembleraient des premières années du XVIe siècle. Sans doute sont-elles
des copies d'une peinture ou d'un dessin anciens ?







Jean Bigot fit graver plus tard une suite d'autres ex-libris à son
nom, Iohannes
Bigot
,
dont nous avons l’in-4 sous les yeux ; la désignation
des émaux de l'écu par les initiales de leurs noms a (argent ou
azur), o
(or), g
(gueules), s
(sinople ou sable), p
(pourpre),
y supplée à l'irrégularité du blasonnement, comme on le voit dans
l'Armoriai de Claude Magneney, à la date de 1633. Le système de
différencier les deux métaux et les cinq couleurs par des traits en
sens divers et des points, se trouve établi, comme on sait, pour la
première fois, dans les Tesserae
gentilitiae
du P. Silvestre Petra
Santa, publié à Rome en 1638.







Jean Bigot fut le chef d'une famille de magistrats normands
bibliophiles, dont Emeric, l'un de ses fils, est resté le plus célèbre.








Ex-libris d'Emeric
Bigot
.
— Pour in-8 et deux pour in-12 ; mêmes
armes que le précédent, excepté que le chevron est sans croissant,
blasonnées régulièrement. Le nom du possesseur se lit au-dessous de
l’écu : L. E.
Bigot

; les trois pièces sont signées d'un monogramme
formé d'un B et d'un D enlacés.







Nous citons ces ex-libris à la suite de ceux de Jean Bigot, bien que
peut-être postérieurs, mais de peu d'années, à 1650. Emeric Bigot était
né en 1626. Il fut le grand bibliophile de son temps, le plus curieux,
le mieux informé. Il avait tous les auteurs grecs et latins très-bien
conditionnés, quantité de petits livres rares sur des matières
singulières, et des pièces fugitives qu'on aurait eu peine à rencontrer
ailleurs. Dans une lettre à Nicolas Heinsius, du 2 janvier 1659,
Chapelain lui rend cette justice qu'il avait par-dessus Ménage, et
par-dessus lui, « d'estre plus soigneux que l'un à entretenir bonne
correspondance avec ses amis, et qu'il étoit mieux informé que l'autre
de ce qui se passoit dans la République des lettres. »







Le Menagiana
cite souvent Emeric Bigot ; Bayle lui a consacré un
article.







Pour empêcher la dispersion de sa bibliothèque estimée à 40.000 livres,
il la substitua dans sa famille. A sa mort, elle fut confiée à Robert
Bigot, sieur de Montville, conseiller au Parlement de Paris, avec un
fonds considérable pour l'augmenter annuellement. Vigneul-Marville
semble accuser de négligence ce successeur, qui eut aussi un ex-libris
à son nom, et cite à son propos le proverbe : Bene parta, indiligenter
tutantur
.







Après le décès de Robert Bigot, tous les trésors littéraires amassés
par celte famille furent acquis en bloc par les libraires, et se
vendirent à Paris, le 1er juin 1706 et jours suivants, collège de Me
Gervais, rue du Foin ; on en a le catalogue in-12 en cinq parties.







Ex-libris de
Charles de
Lorraine, évêque de Verdun
(1592-1631). —
Anonyme, pour in-8 : l’écu coupé de quatre royaumes soutenus de quatre
duchés ; sur le tout, d'or, à la bande de gueules, chargée de trois
alérions d'argent, qui est de Lorraine ; deux aigles supports. Pièce
d'un beau caractère et d'un travail brillant.







Ex-libris de
Melchior
de la Vallée
. — Melchior
a Valle protonotarius
insignis ecclae. Sancti Georgi Naceis cantor et canonicus Henr. II. D.
Lotharin. et Barri eleemosinarius
. Cette inscription en
douze lignes
de capitales romaines d'inégale longueur, dans un cadre reposant sur un
socle dont les extrémités font retour sur le devant, et supportent à
gauche la Vierge tenant l'enfant Jésus, et à droite saint Nicolas, avec
son attribut ordinaire des trois enfants dans le saloir. Au-dessus du
cadre, deux anges soutiennent l'écu non blasonné de Melchior de la
Vallée, sur lequel l'un d'eux pose le chapeau de protonotaire de la
cour de Rome. La date 1611 au milieu du socle, et à chaque extrémité le
monogramme du titulaire.







Cet ex-libris d'un dessin incorrect et d'une pointe mal habile,
attribué d'abord à Jacques Callot, a été donné avec plus de
vraisemblance à Jacques Bellange, par M. Beaupré, à qui nous en
empruntons la description (3)
.







La pièce est des plus rares ; on n'en connaît que deux épreuves.







Le duc de Lorraine Charles IV fit expier par le feu à son titulaire,
chantre et chanoine de la collégiale de Saint-Georges à Nancy, la
faveur dont il avait joui sous le règne de son prédécesseur. Melchior
de la



Vallée, appliqué à la question ordinaire et extraordinaire, sous
prétexte de sorcellerie, fut finalement supplicié.







Ex-libris de
Chanlecy
.
— Marque anonyme d'un dignitaire
ecclésiastique de cette famille bourguignonne, pour in-8 : au 1, d'or à
une colonne d'azur semée de larmes d'argent, qui est de Chanlecy ; au 2
(?) ; au 3, d'argent à trois bandes de gueules, qui est de Semur ; au
4, d’or à trois écrevisses de gueules, qui est de Thiard.







Ex-libris de
Claude
Sarrau
.
— De sable, à trois serres ou pattes
d'aigle d'or, 2 et l ; deux ex-libris anonymes, irrégulièrement
blasonnés, l'un pour in-12, l'autre pour in-4, celui-ci signé
de Briot; heaume et lambrequins, accolade de branches de
laurier.







La correspondance de ce conseiller au Parlement de Paris, mort en 1651,
avec les savants de son temps, a été publiée par son fils Isaac (1654,
in-8, avec front. signé des initiales d'Abraham Bosse). Il était le
fondé de pouvoir de Christine de Suède pour ses acquisitions
bibliographiques.







Le Briot signataire de la plus grande des deux pièces, et qui sans
doute aussi aurait pu mettre son nom à l'autre, est, à n'en pas douter,
Isaac Briot, qui a gravé, d'après François Quesnel, la célèbre estampe
représentant Henri IV, en habits royaux, sur un lit de parade, après sa
mort. Il ne signa pas toujours son nom de baptême, et par exemple, le
portrait de Malherbe, d'après Luc Vorsterman, n'a que son nom de
famille tout court.







Ex-libris de
Chaponay
,
prévôt des marchands de la ville de Lyon en
1627. — Anonyme, pour in-8 : d'azur à trois coqs d'or, crètés et barbés
de gueules, 2 et 1, avec la devise : Gallo canente spes redit
; lions
supportant l'écu sur un carrelage qui en reproduit les émaux,
disposition ornementale très-riche, assez fréquente alors, notamment
dans le recueil d'armoiries gravé par P. Mignot.







Pour in-4, aussi anonyme, même devise ; les armes de Ghaponay sur de
nombreuses armes d'alliance, heaume avec un coq pour cimier,
lambrequins, lions supportant le blason sur un carrelage émaillé aux
pièces principales de tous les écus qui le composent ; du plus bel
effet décoratif. Ioan.
Picart incidit
.







Ex-libris
d'Alexandre
Petau
, — Pour in-4 : Ex
libris Alexandri
Petavii in Francorum curia consiliarii. Pauli filii
;
devise : Moribus
antiguis
.
L'écu, écartelé aux armes de la femme d'Alexandre
Petau, pose sur un carrelage émaillé où se reproduisent en alternance
les trois pièces des deux blasons : les roses, l’aigle issante, et la
croix ; heaume, cimier, lambrequins ; deux griffons supports.







Paul Petau, conseiller au Parlement de Paris, mort en 1613, avait
laissé à son fils une admirable bibliothèque. A la mort d'Alexandre,
les manuscrits au nombre de plus de mille, français et latins, furent
acquis par Christine de Suède qui les légua au Vatican. Les imprimés
furent vendus à La Haye, en 1722, avec ceux de François Mansart, et les
manuscrits du cabinet de Juste Lipse.







Ex-libris de Louis
Brasdefer
. — Pour in-folio, et pour in-8 ; le nom
du titulaire sur l’un et l’autre ; écu heaumé, lambrequins, accolade de
deux branches de laurier. Les émaux sont désignés par les
initiales g
(gueules) a
(argent), comme nous l’avons déjà vu dans une des marques
de Jean Bigot.







Ex-libris de
Guillaume
Grangier
. — Guillelmus
Grangierius
;
anagramme : Largius
e
glumis nil urge
; devise : Manet altera
caelo
, avec ce commentaire mystique de la gerbe, pièce
principale des
armes :








Largius e glumis nil
urge. Hoc
stemmata
avita




Hoc quoque fatali
lege anagramma jubet.




Flava seges, caelo
rutilentiaque astra sereno,




Horrea falici sat
tua messe replent,




Laetior at multo
est quae te
Manet altéra caelo,



Villice, si nomen
stemmataque omen habent
,










Faict à Nancy p. L
Valdor
.



 



Jean Valdor, né à Liège, élève de Wierx, revenant d’Italie, s'arrêta à
Nancy en 1630 ; on le trouve établi à Paris en 1642.







L'écu heaumé, avec une gerbe pour cimier, lambrequiné ; le heaume et
l’écu échancré sont de formes inusitées en France.







Ex-libris
d'Auzoles
sieur de la Peyre
, auteur de la Sainte
Chronologie
(1571-1642). — Anonyme pour in-4, Picart fe. :
d’azur à
trois épis de blé d'or, surmontés de trois besans de même ; l’écu pendu
au col d'un lion debout et courant qui vomit un fleuve, avec la devise
Sub zodiaco
vales
.
Famille d'Auvergne.







Ex-libris de Brinon.
— Anonyme, pour in-folio : d'azur au chevron
d'or, au chef denché de même ; heaume et lambrequins, lions supports.
Famille normande.







Ex-libris de
Pierre
Sarragoz
, jurisconsulte, l'un des co-gouverneurs
de Besançon. — Anonyme pour in-4 : écu échancré, pallé d'or et de
gueules de 9 pièces, au chef endenché d'argent, chargé d'un phénix de
sinople sur un bûcher de gueules ; heaume couronné, soleil pour cimier,
lambrequins ; sous un portique cintré où les statues de la Guerre et de
la Renommée se dressent à droite et à gauche sur des piédestaux, et
dont le centre présente, dans un médaillon, entre les vieilles armes de
l'Empire germanique et le blason des empereurs de la maison d'Autriche,
l'empereur Rodolphe II, en buste, tendant de la main droite une
couronne, c'est-à-dire sans doute anoblissant les Sarragoz. P. Deloysi
sc
.







La famille Sarragoz, vraisemblablement originaire d'Espagne, avait été
anoblie en 1603 par l’empereur Rodolphe II. Pierre Sarragoz mourut le
14 octobre 1649, suivant son épitaphe à l’église Saint-Maurice de
Besançon.







On ne connaît qu'un fort petit nombre d'estampes de Pierre Deloysi, dit
le vieux,
de Besançon, orfèvre et graveur des monnaies de sa ville
natale.







Ex-libris de
Regnouart
. — Pour in-8 ; De Regnouart, avec
la devise : Age.
Abstine. Sustine
. Écu heaume et lambrequiné.







Ex-libris de
Charreton
. — Pour in-8 ; le nom se lit au bas de l’écu
heaumé, lambrequiné ; pour cimier un léopard ; pour supports deux
lévriers.







Ex-libris de
Roquelaure
. — Pour in-folio, anonyme, signé : L. Tiphaigne
: d'azur, à trois rocs d'argent, qui est de Roquelaure ; écartelé d'or
à deux vaches de gueules, accornées et clarinées d'azur, qui est de
Béarn, et sur le tout d'azur, au lion d'or, armé et lampassé de gueules
; l'écu, sommé de la couronne ducale et posé sur le manteau d'hermines,
est entouré des colliers des ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit.








Ex-libris de
Chassebras
. — Pour in-8 ; le nom sur une banderole qui se
relie aux lambrequins.







Ex-libris de
Boussac
, en
Limousin. — Pour in-8, anonyme : d'azur au sautoir dentelé d'or,
cantonné de quatre croissants d'argent ; heaume et lambrequins.







Ex-libris
d'Antoine de Lamare
. — Pour in-8 ; Ex libris Antonij de Lamare, D.
de Cheneuarin

; devise sur une banderole dont un monogramme forme le centre : εν
τουτω νιχη ; écu heaumé, avec une licorne naissante pour cimier ;
lambrequins.







Cet ex-libris offre la particularité de donner, au-dessous de l’écu
écartelé, la description imprimée typographiquement, du blason de
Lamare, et de ceux des familles de Croisset et de Clercy, ses alliées.
Il s'est rencontré sur la garde d'un livre portant la signature
d'Antoine de Lamare, et la date de son acquisition, 1629.







Lamare, seigneur de Chenevarin, est d'une autre famille que le
bibliophile dijonnais du mêmôme nom, cité par Le Gallois dans
son Traité des
plus belles bibliothèques de l'Europe
, Paris, Michallet,
1680, in-12.







Ex-libris des
frères Sainte-Marthe
.
— Pour in-8, anonyme : d'argent à la fasce fuselée de trois pièces et
de deux demies de sable, au chef de môme, avec la devise : Patrice fœlicia tempora nebunt
; heaume avec une aigle naissante éployée pour cimier, lambrequins,
deux lions supports. I.
Picart sc
.







Ex-libris de
Jean-Pierre de Montchal
,
seigneur de La Grange. — Anonyme, pour in-8 : de gueules au chef d'or
chargé de trois molettes d'azur ; heaume, lambrequins ; pour cimier un
sauvage issant tenant une lance couronnée de laurier, avec la devise
Ie lay gaignee
; pour
tenants deux sauvages armés de massues ; l'écu posant sur un carrelage
émaillé à ses pièces. Famille du Vivarais. Dans son Traité des plus belles
bibliothèques de l’Europe
(1680) Le Gallois cite la
bibliothèque de Montchal parmi celles « vendues ou dissipées dans ces
derniers temps. »







Ex-libris de
Nicolas-Thomas de Saint-André
. — Anonyme et d'une
apparence archaïque, pour in-folio, avec la devise : Pietate fulcior







Ex-libris de Scott,
marquis de la Mésangère, en Normandie. — Anonyme, pour in-folio : d'or
au cerf couché de gueules, orné d'un collier d'azur chargé d'une étoile
d'argent entre deux croissants d'or ; heaume et lambrequins ; pour
cimier un cerf issant, pour supports deux lévriers. La main senestre de
l'écu est la marque des cadets de famille en Angleterre.







Ex-libris de
Garibal
. — Pour in-8 ; le nom au bas de la pièce ; famille
du Languedoc.







Ex-libris de
Berulle
. — Pour in-8 ; le nom au bas de la pièce.







Ex-libris de Bovet.
— Anonyme, pour in-8 ; d'azur au taureau passant d'or. Famille du
Dauphiné.







Ex-libris de
Bernard de Nogaret, duc d'Epernon
.
— Anonyme, pour in-folio : de gueules à la croix potencée d'argent qui
est de La Vallette, coupé de Nogaret qui est d'argent au noyer de
sinople, parti du premier à la croix vidée ; sur le tout d'azur à la
cloche d'argent bataillée de sable, qui est de
Lagoursan-Bellegarde-Saint-Lary ; l'écu entouré des ordres de
Saint-Michel et du Saint-Esprit, posant sur un trophée, entre deux
figures allégoriques. Très-belle pièce, sans doute d'un artiste
italien.







Ex-libris de
François de Varoquier
. — Pour in-8 : Messire François de Varoquier
chevallier de l’ordre du Roy son coner et
maistre d'hostel ordre Trésorier de France Gnal
des Finances et grand voier en la généralité de Paris
.
Avec la devise : Recta
ubique sic et cor
, allusionnelle à la main levée de l’écu.








Ex-libris de Le
Féron
.
— Anonyme : de gueules au sautoir accompagné en chef et en pointe d'une
molette à six branches, et à chaque flanc, d'une aiglette, le vol
abaissé, le tout d'or ; les pièces du blason se reproduisent sur le
pavage émaillé ; aigles pour supports et pour cimier.







Ex-libris de Le
Puy du Fou
. — Anonyme, pour in-folio, signé I. Picart
: au 1 et 4, de gueules à trois macles d'argent ; au 2 et 3, d'azur à
une bande d'argent cottoyée de deux cotices potencées et
contrepotencées d'or, de 13 pièces, qui est du comté de Champagne ;
heaume, couronne, cimier, lambrequins ; pour supports, deux aigles
couronnées tenant dans leur bec, ainsi que celle du cimier, une
bannière aux armes de Le Puy du Fou.







Anonyme, pour in-8, aussi signé de I. Picart : même
blason, couronné, entre deux palmes croisées et liées. Famille du
Poitou.







Ex-libris de Jean
Bardin
. — Pour in-4 et pour in-8 : Ioannes Bardin presbyter.
Autour de l’écu la devise :  Hic ure, hic seca, modo parcas
in œternum
.







Ex-libris de
Lesquen
. — Famille bretonne ; pièce anonyme pour in-8 :
d'or au palmier de sinople, avec la devise : VIN. CEN. TI.
; heaume et lambrequins.







Ex-libris de
François de Malherbe

(1555-1628). — Anonyme, composé de ses armes, au-dessus de deux palmes
croisées : « d'argent à six roses de gueules et des hermines de sable
sans nombre, » ainsi qu'il les décrit dans son Instruction à son
fils.







Superbe pièce qui emprunte un intérêt exceptionnel au nom de son
titulaire, irrégulièrement blasonnée, sans doute gravée dans les
premières années du siècle. M. Roux-Alpheran l’a signalée, entre
autres, sur un volume in-4, Traitez des droicts et libertez
de l’Église gallicane
,
Paris, 1609, avec la signature de Malherbe et la date de son
acquisition : « Emit filio suo M. Antonio, Fr. Malherbe, parisiis 1619
(4)
. »







Le poëte a eu un plus petit ex-libris aussi composé de ses armes, avec
un lion léopardé pour cimier. L'un et l'autre se sont toujours
rencontrés collés au verso des titres des livres.







Vincent de Boyer, seigneur d'Eguilles, conseiller au parlement d'Aix,
fut l’héritier de Malherbe, et recueillit ses livres et papiers qui se
conservèrent dans sa famille jusqu'à la Révolution ; ils furent alors
dispersés par suite de l'émigration de MM. d'Eguilles.







Ex-libris
indéterminé,
irrégulièrement blasonné, pour in-folio : trois têtes de loup
arrachées, 2 et 1 ; loups supports, tête d'agneau pour cimier,
lambrequins, avec la devise : In manus tuas Domine sortes meae,
et la signature : I.
de Courbes fecit
.







Ex-libris de Lamy.
— Marque
très-exceptionnelle, formée du portrait de ce curieux (5)
, gravé de
face par quelque élève de Thomas de Leu, avec la devise : Usque ad aras, et
les mots : Amy
Lamy
, commentés d’une façon flatteuse dans les vers
suivants :








Desine mirari vultus dum cernis
amicos,




Quem pictura
refert verus amicus hic est,




Verus amicus hic
est, ut re, sic nomine dictus,




Talem, si rogitas,
experiere virum,




Ast etiam si non
rogitas, tuus ecce manebit,




Qui sibi non natus
jam suus esse nequit.











Avec huit pièces anonymes indéterminées, dont la description
n'ajouterait rien à la nomenclature précédente, et trois armoiries dans
l'oeuvre de Léonard Gaultier, au Cabinet des estampes, qui peuvent être
des ex-libris (l’une de 1611, avec la signature du maître, serait le
premier français gravé, avec date), nous en récapitulons cinquante-cinq
de 1600 à 1650. Dans trois mille pièces que nous avions pu voir pour la
première édition de ce travail, nous en comptions vingt-huit, moins de
une pour cent. Aujourd'hui que six mille au moins nous ont passé sous
les yeux, la proportion reste la même, et selon toute probabilité, ne
saurait guère varier.







Si l'on élimine de cette suite les ex-libris lorrains et franc-comtois
de Melchior de la Vallée, de Guillaume Grangier et de Pierre Sarragoz,
composés sous des influences étrangères ; celui de Nogaret d'Epernon,
d'un maître italien, et le portrait de Lamy, pure singularité, on verra
que toutes les marques de bibliothèques françaises, dans les limites
géographiques de la France de 1600 à 1650, sont essentiellement
héraldiques, composées de blasons et de leurs ornements extérieurs :
accolades de lauriers ou de palmes, heaumes, cimiers, lambrequins,
supports ; les supports, en général, tiennent les blasons sur un
terrain renflé des deux côtés, au centre duquel s'insère la pointe de
l’écu, et plus rarement sur un pavage émaillé à leurs pièces,
décoration très-riche dont on ne retrouverait plus d'exemple passé
1650. Les métaux et les couleurs, d'abord blasonnés sans régularité,
sont ensuite désignés sur les armoiries par les initiales de leurs
noms, et enfin indiqués suivant un système qui depuis n'a pas varié,
mais aussi n'a pas toujours été suivi.







Onze de nos cinquante-cinq ex-libris sont signés de noms d'artistes ou
de monogrammes ; un peu plus de la moitié portent les noms de leurs
possesseurs, sans énumération de titres ni de qualités, un excepté ;
deux seulement ont la formule Ex libris indiquant
leur destination (6)
; aucun n'est daté.







Leur époque se détermine aisément, malgré l'absence de dates, par
l'usage de l'écu dit en accolade, du heaume et des lambrequins à amples
rinceaux descendant des deux côtés de l'écu, quelquefois l'enveloppant
tout entier, et surtout par le métier serré et brillant des graveurs,
élèves ou imitateurs de Léonard Gaultier et de Thomas de Leu. A peine
quelques pièces, sans doute gravées en province, se réfèrent par leur
travail naïf à des modèles anciens.







Les ex-libris français des règnes de Henri IV et de Louis XIII sont des
incunables dans leur genre, dignes d'être recherchés pour leur belle
tournure héraldique, leur caractère artistique et leur rareté. Ils
n'ont pas été nombreux dans le temps, et les bibliothèques où ils
figuraient se sont dispersées, pour la plupart, depuis près de deux
siècles ; surtout la mise au pilon, dans d'effrayantes proportions, des
in-folio et des in-quarto, a été pour eux une cause permanente de
destruction. Faisons remarquer que, parmi les pièces énumérées, sept,
sans plus, sont franchement pour in-folio, et au moins est-il probable
que les titulaires d'ex-libris des moindres formats en avaient aussi
pour leurs volumes du plus grand. L'in-folio a été le format par
excellence pour les premiers hommes à livres, pour les races érudites ;
il composait la base précieuse et coûteuse de leurs bibliothèques,
c'est celui pour lequel ils ont dû le plus se mettre en frais de
marques de possession.







Pierre d'Hozier avait eu l'idée de donner un Recueil
des noms, surnoms, qualitez, armes et blasons de tous les curieux et
amateurs des armoiries, généalogies et histoires, vivans en cet an 1631
.
Il ne l'a pas publié, mais son exemplaire au moins existe, avec un
titre et de nombreuses notes autographes de sa main, et une dédicace
imprimée au marquis de Gesvres (7)
. Ce précieux recueil se compose de
cent vingt-cinq armoiries, gravées par Magneney et J. Picart. C'est la
fleur des érudits et des amateurs du temps, possesseurs de
bibliothèques, titulaires possibles d'ex-libris. Eh bien ! dans ces
cent vingt-cinq curieux nous n'en avons compté que cinq dont les
marques de bibliothèque soient aujourd'hui connues, en partie ; ce sont
: Le Puy du Fou, Montchal, Auzoles de la Peyre, Jean Bigot, les frères
Sainte-Marthe. D'autres encore parmi eux en ont eu, on peut l'affirmer
; mais où les retrouver ? et les retrouvera-t-on jamais ?












DE 1650 A 1700










L'un des ex-libris d'André
Félibien escuier sieur des Avaux seigneur de Iavercy etc.
historiographe du Roy
,
y avec la date 1650, particularité notable, peut être cité comme pièce
de transition. Il est gravé dans la manière grasse et colorée de
l'école d'Abraham Bosse ; l'écu en accolade, écartelé, s'y montre
timbré du heaume, mais avec un lambrequin rétréci, et les deux licornes
gardiennes posent sur un socle qui se variera en piédouche, en
cul-de-lampe, en accolade arabesque, et deviendra caractéristique de
cette période, où l'usage primitif et rustique de poser les supports
sur un terrain herbu, renflé des deux côtés, se perd peu à peu.







Les ex-libris ne sont pas encore nombreux, et offrent surtout, comme
curiosité, les variations de la mode héraldique. Les lambrequins
perdent leur caractère somptueux, le heaume disparaît pour faire place
aux couronnes qu'on usurpe, dit un contemporain, « sans qu'elles soient
dues à la naissance ni aux titres des terres, » l'écu quitte la forme
en accolade pour l'ovale, et s'encadre dans un cartouche ; il continue
à se montrer bien de face, et avec ses supports ou ses tenants,
présente un ensemble marqué de parallélisme et de régularité. Ces
changements sont l’oeuvre du temps ; les armoiries conformes à celles de
la précédente époque, mais, à la vérité, d’un travail sommaire et
lâché, tiennent bon, et trouvent dans l’Armorial universel
de Segoing, à la date de 1679, leur dernière expression collective.
Mais à partir de l’année suivante l’ensemble dont la marque de la
bibliothèque de Félibien se trouve être le prototype, remporte
décidément.







Nous signalerons, entre 1650 et 1700, quelques ex-libris remarquables
par les noms de leurs titulaires, par ceux des artistes qui les ont
signés, ou intéressants par leurs dates :







Quatre ex-libris pour les quatre formats, aux armes, aux noms et
qualités et à la devise de Nicolas Martigny, de Marsal, par Sébastien
Le Clerc, tous quatre signés, l’in-folio et l’in-quarto datés de 1655
et de 1660, gravés à Metz par cet artiste, avant son départ pour Paris.








Aux années 1655, 1660, 1666 et 1701, Jombert, dans son Catalogue raisonné de l’oeuvre
de S. Le Clerc

(Paris, 1774, 2 vol. in-8), mentionne, sous le nom d’armes, sept
autres marques de bibliothèques de ce graveur célèbre, anonymes ou avec
les noms de leurs possesseurs, signées les unes et les autres ; en
tout, onze pièces.







Ex-libris de
Guillaume Tronson
, avec la devise : Virtuti non divitiis,
signé A. B.
Flamen

; pour in-4, gravé en perfection pour le protecteur auquel l’artiste a
dédié les « Paisages dessignees après le naturel aux environs de Paris.
»







Ex-bibliot.
Hadriani de Valois dom. de La Mare consiliarii et historiogr. Regii
.
Devise : Seu
calamo, sive ense
,.







Ex-libris anonyme pour in-fol. de Jérôme Bignon II, grand maître de la
Bibliothèque du Roi : d’azur à la croix d'or coupée d'argent, accolée
d'un cep de vigne de sinople chargé de trois grappes de raisin d'or, et
cantonnée de quatre flammes d'argent ; heaume, lambrequins, pour cimier
un ange issant, pour tenants deux anges portant des palmes.







Superbe pièce sans nom de graveur, qui semble de François Chauveau. On
trouve dans son oeuvre, au Cabinet des estampes, une marque de
bibliothèque pour in-8, qu'il n'a pas non plus signée : Clerget, avec la
devise : Inania
pello
.







Le jurisconsulte bourguignon Charles Fevret : Carolus Fevretus,
devise : Concientia
virtuti satis amplum theatrum est
.







Leonor Le François
escr sr de Rigawille
,
avec la devise : Meliora
seguentr
, et la date 1673.







Ex-libris anonyme, pour in-4, de Charles-Maurice Le Tellier, archevêque
de Reims : d'azur, à trois lézards d'argent posés en pal, au chef cousu
de gueules, chargé de trois étoiles d'or ; signé : I.
Blocquet, 1612.
On a le Catalogue de la bibliothèque de ce prélat, rédigé par Nicolas
Clément (Paris, Imp. royale, 1693, in-fol.).







Louis François du
Bouchet marquis de Souches conseiller d’Estat prevost de l’Hostel et
Grand Prévost de France
; pour in-4, signé : Mavelot, graveur de Mademoiselle.








B. Bteg
de Mgr Pellot Per Presnt
du Parlnt de Normandie
.
Pièce signée, à gauche, des deux initiales I. T. ; sans doute Jean
Toustain, graveur normand.







Le premier président Pellot (1670-1686) avait une bibliothèque
considérable, composée en partie de livres italiens et espagnols.







Guyet de la
Sourdière
.
Légende : au premier quartier de Le Roy qui porte parti de Sanguin, au
second de Chassebras qui porte parti de Melun, au troisiesme de
Gallard, au quatriesme de Fougeu des Currées, et sur le tout de Guyet
de la Sourdière.







Nous avons déjà vu, dans le précédent chapitre, un exemple de ces
énumérations d'alliances ; ils ne sont pas communs.







Ex-libris anonyme de Rostaing, pour in-folio, signé de P. Nolin
: dazur à la fasce haussée d'or, accompagnée en pointe d'une roue de
même, sur des blasons d'alliances ; tenants, deux sauvages ; colliers
de Saint-Michel et du Saint-Esprit ; monogrammes couronnés aux quatre
angles.







Pièce exactement reproduite dans l'Armorial de Segoing, gravé par P.
Nolin, avec cette souscription : « Armes d'alliances de Messire Charles
marquis et comte de Rostaing, gravées par son très humble serviteur
Pierre Nolin, 1650. » La planche de l’Armorial nous donne la date
d'exécution de l’ex-libris.







Mre
Simon Chauvel chevalier seigneur de la Pigeonniere conseiller du Roy en
son conseil destat et prive président et lieutenant general à Blois
Maistre des Requestes aurdinaires de Monseigneur frère unique du Roy

; pour in-4, signé : P.
Nolin
.







Ex-libris aussi reproduit, avec la légende abrégée, dans l’Armorial de
Segoing. Cette constatation et la précédente nous ont fait regarder de
près à ce recueil héraldique, où de compte fait, se rencontrent plus de
soixante planches d'ex-libris copiés par Nolin d'après lui-même, ou
d'originaux dont il avait eu communication dans sa clientèle ou chez
ses confrères. Nous citerons comme marques de bibliothèques formelles
et indéniables, les diverses armes signées de Jacque Picar (n°161) et
de Ladame (n°139, 140, 141, 142) ; parmi ces pièces empruntées, il s'en
trouve deux, celles des Gougnon et des Ragueau, qui, survenues après le
numérotage des cuivres, sont restées sans numéros.







Denis Godefroy,
fils
de Théodore, l'historien, petit-fils de Denis, le jurisconsulte, mort
en 1681 ; son nom au-dessous de ses armes sur des marques pour in-8 et
in-12.







Ex-libris anonyme aux armes de Potier de Novion, signé de Trudon ; seule
marque connue au nom de cet artiste qui a gravé toutes les planches de
son Nouveau
traité de la science pratique du blason
, 1689, in-12.







Ex-libris anonyme de Jules-Hardouin Mansart, surintendant et
ordonnateur des bâtiments de Louis XIV : d'azur, à la colonne d'argent,
la base, le chapiteau et le piédestal d'or, surmontée d'un soleil du
même ; ladite colonne accostée de deux aigles d'or, affrontées et
fixant le soleil, signée Montulay
Lenée
.







Ex-libris divers aux noms de Jean-Nicolas de Tralage,
neveu du lieutenant de police La Reynie, grand curieux qui fit don de
toutes ses collections à l'abbaye de Saint-Victor, en 1698.







En feuilletant les collections, on ne voit pas que l'usage de la marque
gravée, collée sur la garde du livre, se fût généralisé de 1650 à 1700.
Beaucoup de savants y résistaient et conservaient leurs préférences
pour la marque de possession frappée sur les plats, antérieure, et en
quelque sorte nationale. Tels furent, entre autres, deux des plus
grands bibliophiles du siècle, Gilles Ménage et Huet, l'évêque
d'Avranches, et s'il se rencontre des livres de leurs cabinets avec une
marque intérieure supplémentaire, c'est l'ex-libris de gratitude
ajouté, après 1692, par les Jésuites de la maison professe de Paris, à
qui l'un et l'autre avait légué sa bibliothèque. Les Pères firent bien
les choses : l'ex-libris in-folio aux armes de Huet est une superbe
pièce, sans parler des trois autres ; le légataire était vivant, et le
legs de grande valeur : 8312 volimies, plus les manuscrits. Ils
semblent s'être mis en moindres frais pour Ménage, défunt, et qui
laissait à peine 2000 volumes, bien que sa bibliothèque fût grossie de
celle de son ami Guyet, savant en grande réputation alors, à peine
connu de nos jours par une épigramme de Maynard. Mais c'est déjà
beaucoup.












DE 1700 A 1789










La vogue des ex-libris se détermine durant la grande querelle des
Anciens et des Modernes ; ils se multiplient avec les bibliothèques
composées surtout de livres en langue vulgaire, qui témoignent de la
prédominance décidée, sinon de la prééminence, des lettres françaises
sur les lettres grecques et latines. Leur nombre va toujours croissant
dans le siècle, comme celui des lecteurs, des savants, des littérateurs
et des collectionneurs. Avant 1789, la France, suivant l'observation de
l'Anglais Arthur Young, était la nation où les esprits ornés et
cultivés se trouvaient en plus grand nombre, — autant dire qu'elle
était un pays à ex-libris.







Mais à cause de la superstition de la naissance persistant et
s'irritant dans ce temps de philosophie, l'ex-libris reste héraldique,
plus héraldique que jamais, et même le blason y montre d'incroyables
visées. « Les gens d'esprit et les gens riches trouvaient la noblesse
insupportable, et la plupart la trouvaient si insupportable, qu'ils
finissaient par l'acheter. » Cette observation de Rivarol explique la
manie nobiliaire d'alors, et l'audace de ses manifestations, servie et
poussée à l'extrême par la plus étonnante génération de vignettistes
décorateurs.







Nous avons vu les gens de bonne race et de dignité sénatoriale se
contenter, pour l’ornement de leurs écus, de lambrequins et d'animaux
du bestiaire héraldique ; les contemporains de Voltaire et des
Encyclopédistes sont moins modestes : ils font adopter les leurs par
les dieux, les lancent dans l’empyrée, les guindent parmi les astres et
les constellations.







Sur l’ex-libris du président Henault (dessiné par Boucher et gravé par
le comte de Caylus), Minerve, ayant rejeté son égide, a pris pour
bouclier l'écu de ce membre de l'Académie française : de sable, au cerf
d'or, accompagné d'une étoile de même. L'abbé de Gricourt manifeste par
le sien que notre globe terraqué est indigne de ses armes : un essaim
d'anges les enlève au ciel, leur vraie patrie, en chantant hosanna (8)
!







Le personnel de l'Olympe, les nuées, les puissances, les foudres, les
chérubins, les gloires, les arcs-en-ciel, les soleils, jouent, dans ces
vignettes, en faveur des armoiries, des rôles de féerie. La palme de
l'ex-libris hyperterrestre et sidéral reviendrait sans doute à la
marque anonyme de la bibliothèque de M. de Montaynard, dessinée par
Eisen, génie excessif, et gravée par Lemire : le blason de ce seigneur,
avec ses bons gardiens, son casque, son épée, les lauriers dont il est
né couvert, monte au ciel sur une nuée qu'illumine un soleil allumé
pour la circonstance ; la couronne ducale
plane au-dessus et le devance, afin que la troupe immortelle puisse
d'abord s'écrier en choeur : C'est un duc ! il arrive (9)
!







Ceux-ci sont qualifiés, titrés, et nobles nouveaux, au moins. La fureur
de l'égalité, sinon dans la noblesse, dans les signes de la qualité, en
attendant mieux, est endémique parmi les gens de charges municipales et
de professions libérales, et fait éruption en rébus étourdissants, mais
blasonnés. Du blason, qui ne s'en donnerait encore plus que du galon !
Et les armes dites parlantes sont là pour accentuer à outrance et
graver au plus profond des mémoires les noms destinés à la gloire :








Ailly ! Mailly ! Créquy !



Tels noms, telles
armes, tels cris !











M. Harlé, bon bourgeois, qui a les goûts d'un honnête homme, la
bâtisse, la musique, la lecture, adosse son blason, d'azur, à
la hart
et à la laie
d'or, à une pyramide entourée de violons et de livres, dans une
perspective de jardin à terrasses. J. N. Arrachart, chirurgien, non pas
dentiste, se blasonne de sinople au chevron d'argent escaladé de
deux rats
de sable, sinon de cave, avec le char de même,
traîné par un cheval marin (?). Deux crocodiles
s'entremangent sous les armes d'Odile, composées d'un troupeau de ces
sauriens, et une devise, à faire rêver Cyrano de Bergerac, commente cet
ensemble aimable : Terrâ
metuendus et undis
.
Sur la terre et dans l’onde animal redoutable ! Quels êtres, cet Odile
et ces crocodiles ! C'est effrayant, mais risible, et aussi sérieux.
Pourtant, entre ces rébus prétentieux, il s'en rencontre de naïfs,
venus tout seuls, composés en toute innocence et simplicité. On peut
prendre pour tel le blason de François Dezoteux : trois hotteux ou
porteurs de hottes, 2 et 1.







Dans ce carnaval des armoiries, où la calembredaine se mêle à
l’apothéose, rien ne se tient à sa place, tout se dérange et affecte
les attitudes le moins convenantes, le plus équivoques. On voit des
blasons sur des balcons, au haut d'escaliers, formant pavillon,
glissant de côté, relevés par leurs tenants qui suent à la peine,
lâchés par l’un d'eux qui se sent fatigué, écrasant leur gardien.
Supports, tenants et gardiens en prennent aussi bien à leur aise avec
leurs fonctions naguère sérieuses : ils flânent, baguenaudent, baient
aux corneilles, jouent à cache-cache, se prennent dans les volutes des
cartouches, et quelques-uns, d'ennui, semblent s'appiquer à épeler les
hiéroglyphes des écus, sans plus se soucier des importuns ni des
malveillants. Les griffons supports des armes de M. de Gourgue les
écaillent à coups de bec ; le lion gardien du célèbre chevalier Folard,
ô prodige ! porte le blason de son maître en équilibre sur l'épine
dorsale.







Un certain nombre de pièces armoriées, dans la foule, se montrent
régulièrement composées, d'éléments disparates, il est vrai, et bien
que contournées dans la forme, et attifées de palmes, de festons, de
guirlandes, de rinceaux, de coraux, d'ailes de chauve-souris, etc., se
tiennent sérieuses et droites, à la bonne vieille mode. Ce n'est pas
elles qui sollicitent les regards ; l’oeil débauché court et s'attache
aux vignettes où l’ornementation se montre le plus capricieuse et le
plus folle. Celles-ci sont bien du siècle ; les autres y semblent
attardées.







La plupart des ex-libris portent les noms de leurs possesseurs ;
beaucoup sont signés ; trois sur cent ont des dates.







Notons-en d'allégoriques, comme celui dessiné et gravé par Le Mire, de
J.-B. Descamps, l'auteur de la Vie des peintres hollandais
: la Peinture, auréolée, assise sur les nuées, esquisse un tableau ; ou
celui du libraire Prosper Marchand, dessiné par Bernard Picart : un
phénix qui renaît de ses cendres, entre deux cornes d'abondance, d'où
roulent des volumes, avec la devise allusionnelle : Sic vitam post funera reddunt.
Et d'autres formés de monogrammes modestes, mais fort agrémentés ;
telle la marque, genre rococo, de Gabriel Fulchiron, ou celle de M.
Lemoine, avocat et instituteur de la jeune noblesse, sur un écu ovale
entouré de palmes et de guirlandes, et timbré d'une couronne de roses,
avec ces mots emphatiques : Les lettres nourrissent l’âme.
Mais ils sont en petit nombre ; on les compte. Encore plus rares sont
les marques de bibliothèque anecdotiques, rappelant une circonstance ou
révélant un détail de la vie de leurs titulaires ; on peut citer
pourtant Mouffle de Champigny et M. de Varville, qui ont donné dans
leurs ex-libris des vues de leurs demeures préférées ; Félix Chevalier,
l'historien de Poligny, qui a montré dans le sien une perspective de sa
ville natale ; Chavagnac d'Amandine et le marquis de Grasse Briançon,
qui ont fait représenter, sur les socles où posent leurs armes, des
actions navales où ils s'étaient distingués.







Les trois styles d'ornementation du XVIIIe siècle, Régence, rocaille,
Vien, ou Louis XVI, sont amplement représentés dans le petit art de
l'ex-libris par de charmants spécimens ; une foule de graveurs et de
dessinateurs héraldiques, des plus habiles, bien que restés obscurs, en
ont su épuiser autour des blasons les formes et les combinaisons
diverses. Assez longue en serait la liste ; en tête se verraient les
noms de Scotin, Gamot, Roy, Ingram, Faugrand, les Collin de Nancy (10)
,
de la Gardette, Ollivault, etc., etc.







Les meilleurs et les plus renommés artistes du temps se sont mis de la
partie, et comme gens pour qui leur métier n'avait rien d'indigne et
qui ne pût être relevé par la grâce et la façon, Cochin, Gravelot,
Pierre, Saint- Aubin, Choffard, Marillier, Moreau le jeune, Gaucher, de
même qu'ils ont dessiné et gravé des encadrements, des invitations de
bal, des adresses de commerçants, des étiquettes de pommade, des
entourages de lettres de mariage, etc., ont tracé sur le papier ou sur
le cuivre des ex-libris d'une fantaisie et d'un agrément infinis.
Boucher lui-même a condescendu à la marque de bibliothèque ; en s'en
cachant, il est vrai, mais sans pouvoir dissimuler sa griffe ; un seul
des trois ex-libris connus qu'il ait dessinés, est signé de son nom, le
premier en date, sans doute, après lequel il eut à subir trop
d'importunités. Dans un chapitre spécial, nous donnons la liste des
pièces dues à ce maître, suivie de celles des ex-libris échappés à la
facilité des petits maîtres à sa suite.







En faisant reproduire onze pièces de 1700 à 1789, nous n'avons pas cru
trop demander au XVIIIe siècle ; la plupart sont disséminées dans ce
travail, mais cinq trouvent leur place ici :







Ex-libris de
Jacqvss-Benigne Bossuet
,
évêque de Troyes, neveu du grand évêque de Meaux, qui hérita de la
bibliothèque de son oncle ; anonyme : d'azur à trois roues d'or. Le
premier nom des Bossuet était Rouyer. Belle pièce où des livres, des
lauriers et des palmes se mêlent aux insignes épiscopaux ; sans doute
gravée avant 1720.







Ex-libris de la
bibliothèque du collège d'Eu
,
fondée par le duc du Maine, en 1729. Les armes du fondateur sur un
piédestal avec bas-relief, entourées d'attributs militaires ; marque
dans la tradition de solidité et de régularité de l'art du règne de
Louis XIV.







De la bibliothèque
de Mr de Joubert trésorier des Etats de Languedoc
.
Dans le style Louis XV, pièce de quelque graveur-décorateur du Midi. Le
même artiste a dessiné, sans y mettre son nom, de la même pointe légère
et brillante, l’ex-libris in-4 de Dillon, archevêque et primat de
Narbonne.







Ex-libris de
Mirabeau
;
anonyme : d’azur, à la bande d’or accompagnée en chef d'une demi-fleur
de lys du même, défaillante à dextre, florencée d'argent, et en pointe
de trois étoiles d'argent en orle. Il figure ici moins pour sa beauté
que pour le nom de son possesseur ; c'est celui de Mirabeau l’Ami des hommes,
père de Mirabeau tonnant et de Mirabeau tonneau.







De la bibliothèque
de M. Lavoisier
,
etc. Dans le plus pur style Louis XVI, dessiné et gravé par De la
Gardette ; le titulaire y prend la qualité de fermier général, qui
devait lui être funeste.







Ces ex-libris du XVIIIe siècle, si variés, si amusants, si spirituels,
si tentants, étaient le menu gibier de l'amateur, en chasse au fourré
chez les libraires, ou à découvert sur la ligne des quais. Poursuite
innocente, battue égayante et piquante d'iconophile et de lettré, vous
aurez été trop brève, vous avez fui !







Aujourd'hui, l'ex-libris, à peine aperçu, est décollé par le
bouquiniste, et précieusement réservé pour être vendu à prix débattu.
Plus de plaisir, plus d'émotion de découverte. C'est une valeur
reconnue, en hausse, et qui pourrait dire où elle s'arrêtera ?
Peut-être, un jour, dotera-t-on ses filles avec des ex-libris, et
celles qui en auront le plus et des plus rares passeront pour les
meilleurs partis. Tout arrive sous le ciel.












PREMIÈRE RÉPUBLIQUE











Le vicomte de Bourbon-Busset remplace l’ex-libris à ses armes, d'azur à
trois fleurs de lys d'or, au bâton péri en bande, au chef do Jérusalem,
deux anges pour supports, où il avait énuméré ses titres : premier
gentilhomme de la chambre en survivance de M. le comte d'Artois,
colonel-lieutenant commandant le régiment d'Artois-cavalerie, élu
général des États de Bourgogne
, par une marque encadrée
d'une couronne de chêne, où il s'honore du titre de citoyen français, à
la date de 1793.







Il a quelques imitateurs, entre autres Alexis Foissey, de Dunkerque,
qui substitue le niveau égalitaire à la couronne de son ex-libris dans
le style rococo.







Le temps n'est pas aux marques de propriété sur les plats ni à
l'intérieur des livres ; pourtant, deux ex-libris de conventionnels
assez inconnus se sont retrouvés : celui de P. M. Gillet, député du
Morbihan, surmonté du bonnet de la liberté, avec la devise : Liberté, Égalité ;
et celui de J. B.
Michaud Pontissaliensis legati in Natli Conventu
1791
, également orné du bonnet phrygien, avec la devise
La liberté ou
la mort
.
Ce mélange de français et de latin surprend sur la marque d'un député
du Doubs, né à Pontarlier ; mais on pouvait être très-latiniste alors,
et le montrer. Nous avons lu, à la même date, la Marseillaise d'un
professeur, du nom de René Morel, Ad gallicam juventutem
profecturam et se in castra composituram
.







Un des derniers ex-libris avec emblèmes républicains, doit être celui
de l’Adjudant
général Villatte
,
promu à ce grade le 5 février 1799. Son nom s'y lit entre les faisceaux
surmontés du bonnet, et un chapeau pastoral, couvrant une houlette, sur
lequel deux pigeons se becquètent. De même que le philosophe Sylvain
Maréchal, ce militaire cachait, sous une enveloppe trompeuse, un berger
de nature et de vocation.












PREMIER EMPIRE










Résurrection du blason qui faisait le mort pendant la tourmente
révolutionnaire. Il reparaît, panaché sur les ex-libris des sénateurs
et grands dignitaires de plumes d'autruche, en nombre impair,
contournées dans des poses qui n'étonneraient pas davantage sur la
partie de la bête où l'homme les a ravies.







La marque d'Antoine-Pierre-Augustin de Piis se distingue heureusement
dans cette cohorte d'armoiries réglementaires ; elle se compose de son
monogramme appendu au tronc d'un palmier qui porte à chaque rameau le
nom d'un des maîtres de la chanson : Panard, Favart, Vadé, Collé, etc.
; par terre sont éparses les oeuvres dont l'aimable vaudevilliste
pouvait se réclamer pour figurer à son tour sur cet arbre de gloire
Santeuil et
Dominique, le Rémouleur et la Meunière, les Amours d'été, les Veillées
villageoises, Chansons
.












RESTAURATION.
MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE. SECONDE RÉPUBLIQUE










Rien, rien, et encore rien, que des marques héraldiques sans caractère
et sans style, pour lesquelles il y a des moules, à Paris, chez les
graveurs des passages. Le moule dit au ceinturon
fut un des plus en vogue, et peut-être l’est-il encore. C'est un
ceinturon entourant les armes ou le monogramme ; rien de plus, mais
cela a charmé, le ceinturon avait le je ne sais quoi.
Hermione, Rachel, veux-je dire, s'était donné le ceinturon ; M. Armand
Baschet a fait tracer le cercle en cuir du ceinturon autour du lion de
Venise, Custos
vel ultor
, qu'il partage avec les d'Argenson, on ne sait
pas assez pourquoi.







L'art romantique n'a pas une pièce dans ce genre, où, comme dans le
frontispice et la vignette, il eût pu laisser trace de son originalité.
Nous sommes à voir un ex-libris de Célestin Nanteuil, des Johannot, de
Gigoux ou de Camille Rogier. Dans ce désert, on s'étonne de rencontrer
la marque de bibliothèque d'Alphonse Karr, la guêpe, sa bête
symbolique, en train de couvrir d'écriture une longue pancarte ; sans
doute dessinée par le caricaturiste J.-J. Grandville.












SECOND EMPIRE.
TROISIÈME RÉPUBLIQUE










A côté de la gravure industrielle des armoiries, qui prospère,
constatons une petite renaissance artistique de l’ex-libris, due à
celle de l’eau-forte, et tout à fait étrangère à l’héraldisme.







Depuis quelques aimées, des artistes connus ont pris le goût de graver
pour les livres de leurs amis, littérateurs, savants ou curieux, la
plupart roturiers, des marques de possession concordantes avec leurs
études, leurs goûts, ou emblématiques de leurs oeuvres.







Tels:







M. Alexandre Bida, qui a dessiné une jolie vignette pour l’étonnante
bibliothèque, sitôt faite et défaite, de M. Félix Solar (11)
;







M. Aglaüs Bouvenne, l’auteur des Monogrammes historiques d'après
les monuments
,
qui a dessiné et gravé les ex-libris de MM. Victor Hugo, Théophile
Gautier, Champfleury, Alexis Martin, Maurice Tourneux ; celui de M.
Victor Hugo, antérieur à la publication du livre Mes premières années à Paris,
semble avoir inspiré à M. Auguste Vacquerie le vers mémorable :








Les tours de Notre-Dame étaient
l’H de son nom
.










M. Féhix Bracquemond, à qui MM. Charles Asselineau, Philippe Burty,
Georges Pouchet, Edouard Manet le peintre, Christophe le statuaire sont
redevables de leurs marques d'écrivains ou d'artistes lettrés ; la
marque de M. Manet le représente en buste sur un terme ; la
devise Manet et
manebit
, affirme sa gloire, en jouant sur son nom ;







M. Léopold Flameng, qui s'est employé à celles du bibliophile Pierre
Deschamps et du docteur Gérard Piogey ;







M. Octave de Rochebrune, qui a encadré dans des motifs d'architecture
de la Renaissance trois ex-libris de personnes de sa famille, ceux de
l’érudit Benjamin Fillon et de l'éditeur T.-S. Montagne, et le sien
propre, composé de ses armes, entre deux figures de Paul Ponce d'un des
frontons du Louvre, avec la devise : Labore surgo (12)
.







Avant eux, Gavarni s'était complu à dessiner l'emblème fraternel de MM.
Edmond et Jules de Goncourt, que Jules de Goncourt grava lui-même : une
main indiquant, de l'index et du médium, les lettres E et J, tra-cées
sur un papier ; image assez parlante pour se passer de la locution
populaire qui serait sa devise : Les deux doigts de la main.













LES DEVISES










La devise suit l'écu. Dans cette masse de gravures d'armoiries, le plus
grand nombre des légendes sont des affirmations ou affectations de
vertus obiliaires : fidélité au roi, impatience de combattre, fermeté
inébranlable ; des déclarations de prépondérance féodale, des cris de
joie de compter parmi les puissants de ce monde, des allusions
flatteuses au nom qu'on porte, des commentaires avantageux de la pièce
principale de son blason :








A Créquy grand baron nul ne s'y
frotte
, Créquy ;



Plutôt crever que
plier
, Moreton-Chabrillan ;



Impavidum ferient
ruinœ
, Beaumont ;



Duce non erramus
Olympo
, Carvoisin ;



Fortis et fidelis,
Forestier ;



Fiddis semper
contra infideles
, Beaufranchet de la Chapelle ;



Attente nuit,
Buissy
, Buissy ;



Une fois, Faletans,
Faletans ;



Honeur y gist,
Balleroy ;



Et habet sua
sidéra tellus
, d'Hozier ;



Fortis ut Samson,
Samson ;



Vetustate robur,
Saint-Aulaire.



Hogne qui vonra,
est la devise des Mailly qui portent d'or à trois maillets de sinople ;




Separata ligat et
fluctuantibus obstat
, celle des Pontevès qui blasonnent de
gueules au pont de deux arches d'or, maçonné de sable.



Moderatur et urget,
celle des Rouillé de Boissy qui ont trois mains dans leurs armes.










Des élans vers les joies éternelles marquent les ex-libris des
ecclésiastiques : Hic
ure, hic seca, modo parcas in œternum
,
est la prière du prêtre Jean Bardin. Barré, curé de Monville, près
Rouen, en thésaurisant sa bibliothèque, fait un retour sur la
sécheresse du célibat : Thesaurisat,
et ignorat cui congregabit ea
.







Les savants manifestent leur préoccupation ou leur passion
professionnelle, l'idée qu'ils ont de leur art, le but de leurs études,
leur conviction philosophique. Sollicitudo vigilanti ,
Vigilentia custos, Cunctando
, sont les devises des
médecins Benningham, Raussin, Sauvage ; Je rapporte fidèlement ce que je
découvre
,
dit le consciencieux historiographe et généalogiste Chevillard ; l’abbé
Morellet, autour de son monogramme, a fait graver : Veritas omnia vincit,
et l’érudit Delaulnaye, au centre de son nom, capricieusement contourné
Rerum
cognoscere causas
.








L'homme a dit : Faisons Dieu,
qu’il soie à notre image.




Dieu fut ! et
l'ouvrier adora son ouvrage
.










Ce distique, dans un encadrement du style Louis XVI, est la marque
anonyme du philosophe Sylvain Maréchal, et la formule surprenante de
son athéisme (13)
.







Les devises et inscriptions témoignant du plaisir de posséder une
bibliothèque, assez rares sur les ex-libris, sont aussi de genres
différents. Les plus communes expriment le goût de la lecture ; elle
est un charme et une consolation : In secundis voluptas, in
adversis perfugium
In solitudine solamen
; His me consolor
Fallitur hora
legendo
; « C’est
la meilleure munition que j’aye trouvé en cet humain voiage

(Montaigne). »



En quatre mots, M. Maurice Tourneux, bibliophile contemporain, a donné
l'expression du parfait bonheur de la vie studieuse et modeste
In angulo,
cum libello
.
Ce concert de bibliophilie n'est guère troublé que par la note
discordante d'une marque anonyme, composée d'un livre et d'une plume
Res optimœ,
res pessimœ
; antithèse renouvelée de la controverse
d'Esope le Phrygien sur la langue, la meilleure et la pire des choses.







Viennent ensuite les devises de libéralité qui indiquent le Mécène ;
elles ont leur modèle, excellent, dans le fameux Grolierii et amicorum,
souvent copié, non sans hypocrisie, et sur lequel ont trouvé moyen de
renchérir Lambert de Villejust : Amicis et mihi, et
un Savigny : Non
mihi, sed aliis
; dans ce dernier cas la générosité va
jusqu'à la renonciation.







Mais les inscriptions les plus heureuses, les plus sincères surtout,
sont celles où la joie du bibliophile se montre en même temps que son
inquiétude de prêter, ou que sa résolution de garder pour lui ses
richesses, de ne s'en séparer jamais.







Lege et redde,
dit François-Jean Sirebeau ; Hugo de Bassville lui fait écho : Rendés le livre, s'il vous plaît.
« La première
chose qu'on doit faire, quand on emprunte un livre, c’est de le lire,
afin de le rendre plus tôt
. » Vérité constante, que le
grand comédien anglais Garrick a bien fait de répéter d'après
le Menagiana.








Charles-Frédéric Hommeau, de qui l'ex-libris représente la
bibliothèque, ornée de la statue du dieu des arts, donne quatorze jours
à l'emprunteur pour rendre le livre, en bon état, et afin que nul
n'excipe d'ignorance, il a pris soin de faire graver, au bas de la
planche, cet article du règlement de son cabinet :








LEX
BIBLIOTHECAE











Intra quatuordecim
dies, commodatum ni reddideris, neque bellè custodieris, alio tempore
dominus : Non habeo, dicet
.







Ite ad vendentes,
et emite vobis

; Allez chez les libraires, et payez-vous-en ; c'est en s'autorisant de
saint Mathieu qu'Aubry, docteur en théologie, curé de
Saint-Louis-en-risle, ferme sa porte au nez des emprunteurs.



 



Guilbert de Pixérécourt a pris la peine de formuler, en deux vers, les
raisons péremptoires pour lesquelles, sous quelque prétexte que ce
soit, un curieux ne se doit dessaisir d'un livre :








Tel est le triste sort de tout
livre prêté,




Souvent il est
perdu, toujours il est gâté
(14)
.










Guillaume Colletet, grand bibliophile, comme l’on sait, envisageait le
prêt de ses livres avec la même horreur que celui de sa moitié, la
belle Claudine elle-même, et avait ainsi déclaré son ferme propos :








A MES
LIVRES












Chères délices de mon âme.



Gardez-vous bien
de me quitter ;




Quoiqu'on vienne
vous emprunter ;




Chacun de vous
m'est une femme




Qui peut se
laisser voir sans blâme




Et ne se doit
jamais prester
(15)
.










La plupart de ces malédictions aux emprunteurs se rencontrent, réunies
à des devises personnelles, sur l’ex-libris pour in-folio de M. Abel
Lemercier, gravé par M. Martial Potémont, qui présente de plus la
singularité de se pouvoir décomposer en marques de bibliothèque des
divers formats ; c'est une pièce originale parmi les modernes.












*



* *











QUELQUES
EX-LIBRIS SINGULIERS








Les ex-libris de Thomas
Gueulette











Simon-Thomas Gueulette, grand conteur de contes de fées, et grand
compositeur de farces pour le Théâtre Italien et le Théâtre des
Boulevards, est, que nous sachions, le premier, peut-être le seul homme
de lettres, qui ait eu l'idée de faire de son ex-libris une allégorie
de l’ensemble de ses productions littéraires. Il a même eu deux
ex-libris de la même allégorie, reprise et retournée, tous deux
charmants, dignes de cette belle bibliothèque de littérature française,
ou gauloise, si l’on veut, qu'il avait réunie à Choisy-le-Roi, à côté
de son théâtre particulier.







Exlibris Thomae
Gueulette et Amicorum
, c'est leur légende ; Dulce est desipere in loco,
c'est sa devise épicurienne, qu'un amour volant emporte dans les nuées.
Dans la vasque d'une fontaine formée de son blason que décore une tige
de muflier (16)
, entourée d'une volée de papillons, se baigne un Syrène
tenant d'une main un miroir, et de l'autre une marotte ; à droite et à
gauche se groupent un Tartare, un Mandarin, un Arlequin et un Cyclope
tenant un enfant dans ses bras.







Le Cyclope nous échappe, mais le seigneur tartare figure ici
les Mille et un
quarts d'heure, contes tartares
, publiés en 1715,
réimprimés en 1723 et en 1753, et formant les tomes XXX et XXXII
du Cabinet des
Fées
; le beau Mandarin, les Aventures merveilleuses du
mandarin Fum Hoam, contes chinois
, dont il y a eu deux
éditions, sans compter la réimpression au tome XIX du Cabinet des Fées ;
et enfin le sémillant Arlequin, tout le théâtre de Gueulette.







Dans le second et le plus petit ex-libris, jolie eau-forte
signée Inv.
Bellanger et sc.
,
la fontaine et les personnages, au lieu de se présenter de face, se
dessinent à gauche, en perspective fuyante ; à droite, un Arlequin
sinistre les désigne d'un geste moqueur, et les raille. C'est Arlequin-Pluton,
héros d'une parade que Gueulette fit jouer en 1719, qui semble
promettre aux sombres bords le monument de son auteur.







Et de fait, Gueulette littérateur n'est plus de ce monde, il avait pris
soin, d'ailleurs, d'en épuiser jusqu'à quatre-vingt-trois ans les
joies, les plaisirs et les succès.












Les ex-libris du président de
Brosses











Quand Charles de Brosses vint à passer ses examens pour le grade de
bachelier en droit, il fallut l'élever sur un tabouret, pour montrer au
public le petit prodige.



Cette disgrâce d'être petit, au-dessous de la commune petitesse, se
peut consoler par d'illustres exemples ; pour un humaniste, comme
Charles de Brosses l’était, la première phrase de Quinte Curce sur
Alexandre le Grand est déjà bien secourable. Et puis, en homme
d'esprit, il ne tenait qu'à lui de prendre son parti de son exiguité,
de l'arborer, d'en rire avant les rieurs ; et c'est ce qu'il fit,
croyant bien faire.







Sur le premier de ses ex-libris, gravé par A. Aveline, au-dessus de ses
armes, d'azur, à trois trèfles d'or, posés 2 et 1, sommées de la
couronne de comte et du mortier de président, on lit cette devise
Homunculi
quanti sunt !

Que grands sont les homuncules ! Mais Charles de Brosses n'eut sans
doute pas à se féliciter de son héroïsme à se traiter d'homoncule en
antithèse à ses grandeurs de toute sorte ; sur son second ex-libris,
gravé par Durand, la malencontreuse devise a disparu.







Décidément il était trop petit, et tout en lui et de lui se tournait
contre sa petitesse : s'il publiait un livre sur le culte des dieux
fétiches, par exemple, on l'appelait le président Fétiche. Ce ridicule
le poursuit outre-tombe, et chaque fois que son nom est réveillé, c'est
pour quelque avanie posthume à sa taille minuscule. Un des derniers
Salons publiés de Diderot le fait voir comme un nabot, monstrueusement
avantagé in eâ
parte quâ Achilles erat
.







L'ex-libris avec la devise Homunculi
quanti sunt !

énumère en latin les titres de de Brosses, « comte de Tournay, baron de
Montfaulcon, président à mortier au parlement de Bourgogne, » et résume
ainsi ce qu'il y eut de funeste dans la vie de ce galant homme.







Le domaine de Tournay n'est autre que celui dont Voltaire acquit la
propriété viagère, et où il se chauffa, au détriment de son vendeur, de
quatorze moules de bois, valant bien douze louis. De là une grosse
affaire, où l’on se menaça, de part et d'autre, de se déshonorer, et
de se mener
fort loin à la table de marbre
.
La conséquence en fut que Voltaire empêcha Charles de Brosses de
succéder, à l’Académie française, au fauteuil du président Hénault.







Que de choses dans un ex-libris !












L'ex-libris de Louis XV



L’ex-libris de
Madame Victoire de France




L’ex-libris du
Château de la Bastille











On nous avait bien dit que Louis XV avait eu un ex-libris. Nous n'en
voulions pas croire les yeux d'un autre ; nous ne pouvions imaginer les
livres d'un roi de France avec une si modeste marque de possession,
rappelant l'économie d'une branche cadette.







Aujourd'hui, nous l'avons vu, de nos yeux vu. Le double L y figure en
monogramme sur un écusson entouré de trophées et sommé de la couronne
royale. Très-belle pièce pour in-folio, dessinée par A. Dieu, et gravée
par L Audran ; elle s'est rencontrée sur un volume couvert en veau, où
le double L était répété entre les nerfs, mais non sur les plats.







Le blason de France, d'azur, à trois fleurs de lys d'or, existe en
ex-libris pour la bibliothèque de Mme Victoire de France, fille de
Louis XV, et pour celle du Château royal de la Bastille.












Les ex-libris de Laus de Boissy










« Je gage, dit l’un, que je pourrai vous citer tel ouvrage et tel
écrivain dont vous n'avez jamais ouï parler.



 



— Je vous le rendrai bien, répondit l’autre. Et en effet, ces messieurs
se mettant à disputer de petitesse et d'obscurité, on vit paraître sur
la scène une armée de Lilliputiens : Mérard de Saint-Just, Santerre de
Magni, Laus de Boissy, criait l’un... »







Ceci est du Rivarol, et en effet, à la date du Petit almanach de nos grands
hommes

(1788), Laus de Boissy était un écrivain assez obscur, et par malheur,
destiné à le rester. Mais il aima les livres, il eut jusqu'à trois
ex-libris, l'un galant, bien troussé, bien gravé, et illustré d'un
calembour en latin ; il est notre homme. Voici :







La Justice sur des nuées, vêtue d'une robe fleurdelysée, le bandeau sur
les yeux, tient d'un bras le glaive, et de l'autre qui replie les
balances, s'appuie au blason de Laus de Boissy, qu'environnent des
amours porte-lyres, et des colombes amoureuses ; l'un d'eux et l'une
d'elles tendent une banderole festonnée de roses, où se lit : Virtuti et amori laus.
Louange à la vertu et à l'amour ; ou plutôt : Laus est tout à la vertu
et à l'amour. C'est charmant.







Comme le chat fait la souris, Rivarol après avoir marqué Laus de la
dent, dans la préface de l’Almanach,
le reprend, à l'ordre alphabétique, pour le remordiller sur sa manie de
titres littéraires et autres ; et en effet, l'ex-libris porte
Bibliotéque
(sic) de
M. de Laus de Boissy, Ecuyer Lieutenant particulier du siège de la
Connétablie, Happorteur du Point-d'Honneur, Membre des Académies de
Rome, Padoue, Rouen, etc., etc.








Dépourvu de talent et affamé de considération, de notre temps, ce
pauvre écrivain eût eu du moins la satisfaction de se faire décorer de
quantité d'ordres extravagants.







Il est venu au monde trop tôt.












L'ex-libris de Grimod de la
Reynière











Grimod de la Reynière dessinait et découpait très-agréablement avec sa
main mécanique en fer ; on a des vignettes signées de lui, entre autres
celle du volume anonyme intitulé Gastronomiana, qui
représente un gourmand déjeunant avec des huîtres et des pâtés.







Son ex-libris est, à n'en pas douter, aussi de sa façon ; les objets
allusionnels qui s'y groupent le font assez voir.







Ex libris A. B. L.
Grimod de la Reynière
.
Sous son blason, sommé de la couronne de comte, à laquelle une toque
d'avocat sert de cimier falot, sont jetés pêle-mêle, une robe, des
livres, une coupe, un masque, une marotte ; à droite, une énorme
lorgnette est guindée sur une colonne à chapiteau corinthien ; à
gauche, une branche de laurier s'enroule à un bâton que surmonte le
bonnet de la liberté.







Cette composition dit la profession du personnage, avocat au parlement,
ses goûts littéraires, ses habitudes de folie et d'indépendance
endiablée, et surtout son excentricité. La lorgnette monumentale y met
une date. C'est en 1783 que Grimod publia son second livre : La Lorgnette philosophique,
trouvée par un révérend père capucin sous les arcades du Palais-Royal
.
Au préalable, il s'était donné la satisfaction de lire des passages de
cet ouvrage à ses convives, pendant son second grand festin
commémoratif de la mort de Melle Quinault, du 22 février de cette
année-là.







Sa vocation gastrolâtrique était encore indécise alors ; sans quoi nous
verrions figurer dans l’ex-libris quelqu'un de ces puissants harnois de
gueule, qui dessinent de si imposantes lignes sur les frontispices de l’Almanach des gourmands



 








L'ex-libris de Champcenetz










Une caricature de 1789 représente MM. Casserole et Chambrenette (lisez
Rivarol et Champcenetz) collaborant au Petit almanach de nos grands
hommes
dans une mansarde des plus délabrées et démeublées.








Il ne faudrait pas s’y laisser prendre. A cause de deux affreux vers
latins sur le ridicule de la pauvreté, on l'infligeait, de tradition,
dans la littérature française, à ses ennemis, même vivant sous des
lambris dorés. Ce qui était le cas du marquis Louis de Champcenetz,
lequel, de plus, s'était donné le luxe d'une très-belle bibliothèque et
d'un ex-libris représentant son blason sur un amoncellement de nuées,
au centre d'une gloire plus irradiée que celle d'aucun saint-sacrement.
La pièce est enlevée au burin, et typique dans le style Louis XVI.







La bibliophilie fut pour quelque chose dans la fin tragique du
pamphlétaire royaliste. Il avait quitté Meaux où il s'était caché,
surtout pour revoir sa bibliothèque, à ce qu'il dit à son ami le
chevalier Joumiac de Saint-Méard, célèbre échappé aux massacres de
Septembre. Arrêté en novembre 1792, il fut exécuté sept mois après. La
vente de ses livres, commencée à son domicile, rue du Mail, n° 19, le
quintidi 5 frimaire an IV (jeudi 26 novembre 1795) demanda quinze
vacations ; le catalogue se composait de 1293 numéros.







Journiac semble avoir beaucoup regretté Champcenetz, comme estomac.
Quelques années plus tard, il fondait la société dite des Gobe-mouches,
dont il empruntait le nom au titre de la plus plaisante production
littéraire du défunt (17)
. C'étaient des habitués de l'ancien
Palais-Royal, survivant au cataclysme révolutionnaire, qui se
réunissaient pour se refaire de leur long jeûne, et aussi de leurs
émotions, en débridant fort et ferme. Leur président fondateur poussa
plus loin que personne ces représailles de table. En 1808, âgé de
soixante ans, il faisait « six repas par jour, sans compter tout ce
qu'il mangeait pendant la nuit. » Grimod l’affirme, et on l'en peut
croire (18)
. Phénomène de nature à consoler et à attrister à la fois
les mânes du pauvre Champcenetz, appétit fauché dans sa fleur !












Les ex-libris de
Boyveau-Laffecteur











Qui n'a rencontré avec douleur des volumes où les blasons ont été
coupés sur les plats, et où, plus souvent encore, les ex-libris ont été
couverts d'un papier qui les laisse deviner dans sa transparence ? Ce
sont les marques exécrées des bibliophiles, de la proscription, pendant
la première République, des signes et emblèmes nobiliaires, qu'une
terreur fort excusable faisait arracher au dissimuler.







En gravure, comme en politique, il est des moyens ingénieux de
retourner sa casaque, sans la mettre en pièces ; seuls, les malins s'en
avisent : le citoyen Boyveau-Laffecteur en est un intéressant exemple.







Avant la Révolution, Boyveau-Laffecteur, docteur en médecine, qui a
laissé son nom à une postérité de médicaments, s'était fait graver un
agréable ex-libris représentant, dans un paysage, un abreuvoir
rustique, bien que monumental, où une vache se désaltérait ; au centre
se détachait son blason, où figure une cigogne, emblème de la prudence
et de la sapience, couronné d'une belle couronne de comte.







Boyveau, connu
sous le nom de Lafecteur
,
comme dit la banderole qui s'enroule à ce blason, était-il comte ? Il
n'importe. On ne regardait pas de très-près aux couronnes, en 1789 ;
mais en 1792, on y regarda de trop près.







C'était un détail : Boyveau, sur son ex-libris, en un tour de main, le
fit effacer et remplacer par un bonnet phrygien, énorme et triomphant !








L'ex-libris au bonnet se trouve bien moins souvent que l’ex-libris à la
couronne, qu'il recouvre parfois. Boyveau, sans doute, se refit comte ;
son jacobinisme ne fut qu'une halte entre deux noblesses.







Après tout, il est resté une des illustrations les plus tenaces à la
quatrième page des journaux.












L'ex-libris de François de
Neufchateau











A travers les événements, François de Neufchateau resta un porteur de
lyre.







Cela se lit dans sa bibliographie où des poésies diverses, fugitives,
odes, épîtres, poëmes, etc., alternent sans cesse avec des écrits
politiques, économiques, historiques, agronomiques. Presque du berceau
à la tombe, il bégaya le langage des dieux : vocation impérieuse, que
le talent trahit parfois. Elle explique le commentaire du blason que
Napoléon Ier lui avait donné, et la célébration, sur son ex-libris, de
cette munificence, dans le



rhythme ïambique, ou prétendu tel.







Et que de titres ! que de têtes ! c'est une hydre politique,
administrative, poétique, agricole, etc., que








N.
FRANÇOIS DE NEUFCHATEAU








LE PREMIER DES PRÉSIDENTS DU SÉNAT CONSERVATEUR,



GRAND OFFICIER DE LA LÉGION D'HONNEUR, TITULAIRE



DE LA SÉNATORERIE DE BRUXELLES, l'UN DES QUARANTE



DE LA CLASSE DE l'INSTITUT QUI SUCCÈDE A l'ACADÉMIE



FRANÇAISE, PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ d'AGRIGULTURE



DE PARIS, POUR LA SIXIÈME FOIS, EN 1811 ; ETC.











Dans un siècle où l'or seul fut
un objet d'envie.




De l'or je ne fus
point épris.




J'aimai le bien
public, j'y dévouai ma vie ;




J'en ai reçu le
digne prix :




Du plus grand des
héros l'estime peu commune




M'a doté de cet
écusson ;




Honneur bien
préférable aux dons de la Fortune,




Il m'offre une
double leçon.




L'agréable est ici
figuré par le cygne,




Et l'utile par les
épis :




Trop heureux en
effet qui serait jugé digne




De ces emblèmes
réunis.




O mes livres
chéris, conservez cette image,




Seul trésor que je
laisserai.




Et longtemps après
moi, rendez encor hommage




A la main qui m'a
décoré !











Il va sans dire que l’écusson où l’utile se môle si étroitement à
l’agréable, est ombragé d'une de ces toques sénatoriales d'où cinq
plumes d'autruche s'élancent en ondoiements indescriptibles.







Les ex-libris, recherchés surtout comme pièces bibliographiques et
comme images de décoration et d'ornement, offrent assez souvent un
intérêt littéraire et biographique ; c'est ce que nous avons voulu
montrer.







Il n'a tenu qu'à nous d'en multiplier les exemples.














*



* *














EX-LIBRIS




DESSINÉS OU GRAVÉS
PAR LES PETITS MAITRES




DU XVIIIe SIÈCLE










Cette liste ne se présente pas comme complète ; il reste bien quelques
trouvailles à faire. Telle quelle, elle se compose de vignettes bien
difficiles à réunir, surtout en bonnes épreuves. Excepté lorsque la
pièce est anonyme, nous nous contentons d'en donner la lettre, sans
description.







Il s'agit ici, bien entendu, des petits maîtres qui ont su donner à
l’ex-libris un caractère de nouveauté, qui l’ont traité avec liberté,
imagination et fantaisie, mais non des bons ouvriers en gravure
héraldique, tels que Roy, Bourgeois, Viotte, Ollivault, etc., etc., si
nombreux au XVIIIe siècle. Les noms de ceux-ci se trouveront dans
la Liste
générale des dessinateurs et graveurs signataires d’ex-libris français
.
Nous n'avons pu songer à les en tirer : les minores ont droit à
plus d'attention que les minimi.













FRANÇOIS BOUCHER










Le Pdent Henault de l’Academie françoise. Sans
nom de dessinateur ni de graveur.







La lettre de cet ex-libris, sur l'épreuve de l'oeuvre du comte de
Caylus, au Cabinet des estampes, est : Académie franc. Pdent
Henault. Boucher
inv. C.
(Caylus) s.







Ex libris Joannis Laurentii Aublé. F. Boucher in. Pariset sc.








Ex-libris anonyme du chevalier de Valori. F. B. inv. (sur une
palette au bas de la pièce, à droite), J. H. V.
(Valori) scul.








Se trouve dans l'oeuvre de Valori, Recueil des amateurs,
au Cabinet des estampes.












BOUCHARDON










Mde Le Daulceur. Ed.
Bouchardon in. Del. Louise Le D.
(Daulceur) sculp.












PIERRE










Mr Mignot de Montigny. Pierre
del. Louise Le D.
(Daulceur) sculp.












GRAVELOT










Bibliothèque de Mr Thiroux d'Arconville, présidnt au
Parlement. H.
Gravelot in. M
de Le D.
(Daulceur) sculp.








La composition de cet ex-libris a servi pour celui de Thiroux de
Gervillier aussi gravé par Mme Le Daulceur, et a été empruntée par
Jacobus Henricus Tribourdet legus partuls
et U. B. praefectus. H.
Gravelot in. del. Fessard sculp.
1737 ; il existe des
épreuves de cette dernière pièce avant le nom du titulaire.







Ex-libris sans doute d'un comédien, avec la devise : Facies mutat semperque decenter.
H. Gravelot inv. Major sc.
1747.







Ex-libris anonyme, sans signature. Blason avec la devise : Magis ac magis.







Compris, au Cabinet des estampes, dans l’oeuvre de Gravelot et dans
celui de Choffard, comme destiné par le premier et gravé par le second.








Ex-libris pour in-4, anonyme, sans signature, aux armes de Nicolaï :
d'azur, au lévrier courant d'argent, accolé de gueules, bandé d'or.
Même observation que pour le précédent. Voir l'article CHOFFARD.








Il est singulier que Gravelot, grand liseur, et qui avait une
bibliothèque nombreuse, ne se soit pas donné d'ex-libris.












COCHIN FILS










Ex-libris anonyme : un amour appuyé à un blason entouré d'attributs des
arts et que surmonte une tête de boeuf. Cochin inv.
1750. De
Lafosse sc.








Ex-libris anonyme de l’abbé Leblanc : des amours, parmi des rochers
égayés de verdures et d'eaux vives, enguirlandent des cygnes autour
d'un blason dont un cygne est la principale pièce. C. Cochin filius inv. C. O.
Galimard sculp.








L'abbé Leblanc et Cochin accompagnaient dans son voyage en Italie
(1749) le marquis de Vandières, frère de Mme de Pompadour, depuis Mr de
Marigny.







Ex libris Le Vassor de la Touche. C.
N. C. d. I. Ingram.








Ex-libris anonyme et sans signature, aux armes de madame de Pompadour :
d'azur, à trois tours d'argent, maçonnées de sable ; deux griffons
gardiens.







Dans l'oeuvre de Cochin, annoté par lui-même, du Cabinet des estampes,
on lit au-dessous de cette pièce : « Il y a apparence que ces armes ont
été destinées à être collées sur les livres de la bibliothèque de cette
dame. » Il est aussi probable que, gravées peu de temps avant sa mort,
elles n'ont pas été utilisées.







Mme Du Barry se fit aussi graver un ex-libris dont elle ne se servit
que peu ; nous en avons vu deux épreuves, sans plus. M. Delero a bien
voulu vérifier qu'il ne se trouve sur aucun des nombreux volumes aux
armes de Du Barry et de Gomart de Vaubemier, de la Bibliothèque de
Versailles.







Pour les livres de la bibliothèque de son domaine de Crecy, près de
Dreux, la marquise de Pompadour avait un ex-libris formé d'un cartouche
rocaille, au centre duquel se lit le mot Crecy.







Ex-libris anonyme pour in-folio, aux armes de Poisson de Marigny,
surintendant des Beaux- Arts, dans les nuées, entourées de figures
allégoriques. C.
N. Cochin filius inv. C. O. Qalimard sculp.
1752.












CHARLES EISEN










Mde d'Arconville. C. Eisen del. Louise Le Daulceur
sculp. et in.








Ex-libris anonyme aux armes de Monteynard. Voir p. 28. C. Eisen inv. Le Mire sc.








Ex-libris anonyme pour in-4 de Claude-Antoine de Choiseul-Beaupré,
évêque, comte de Châlons-sur-Marne : d'azur à la croix d'or, cantonnée
de vingt billettes de même, cinq en chaque canton, disposées en
sautoir. C.
Eisen invenit. Aliamet scul.








Ex-libris anonyme à la date de 1749, pyramide et génies. C. Eisen del. R. Strange scul.








Ex-libris anonyme aux armes du marquis de Paulmy : d'azur, à deux
léopards d'or, couronnés à l'antique, passant l'un sur l'autre ; le
lion de Venise pour cimier. Eisen inv. J. Aliamet.







Dans son OEuvre
suivie contenant différents sujets de décorations et d'ornements
,
etc., dédiée à ce même marquis de Paulmy, Charles Eisen a donné divers
passe-partout de blason, décorés d'amours, de guirlandes, de palmes et
d'attributs divers, dont les graveurs héraldiques de son temps se sont
fréquemment inspirés.












AUGUSTIN DE
SAINT-AUBIN










Ex libris Auguus de Saint-Aubin.







Ex libris Ludovicus de Meslin. Aug. de Saint-Aubin fecit.







Dans l'oeuvre d'Augustin de Saint-Aubin du Cabinet des estampes,
rassemblé et légué par lui, ces deux petites pièces se montrent gravées
sur la même planche.







Ex libris F. de La Rochefoucault, marchionis de Bayers. Aug. de Saint-Aubin inv.



  



Cette charmante pièce a trois états dans l'oeuvre précité : eau-forte
pure, avant la signature, et avec la signature à laquelle Augustin de
Saint-Aubin a ajouté de sa main : del. 1763.







Quatre pièces anonymes du même oeuvre semblent des ex-libris, l'une
surtout, aux armes de M. de Béthune-Charost qui avait une bibliothèque
considérable, vendue en l'an X.












MOREAU LE JEUNE










Ex-libris anonyme de Moreau d'Hemery : d'azur à la fasce d'argent
chargée d'une grenade tigée et feuillée de sinople, accompagnée de
trois merlettes d'argent posées 2 et 1. Moreau i. et s.







Ex libris Ludovici Deschamps des Tournelles. Moreau sculp.







Ex-libris avec armes composées d'un chevron échiqueté, de deux
croissants et d'un château ; lions supports. Moreau in. fecit.
1768.







Du cabinet de livres de M. A. P. de Fontenay, éc.r
S.gr de Sommant, Noiron, etc., président et
lieutenant génal au bailliage et siège présidial d'Autun. J. N Moreau le Jne
inv. et sculp.
1770.







L'oeuvre de Moreau du Cabinet des estampes a trois états de cette jolie
pièce : eau-forte pure, avant la lettre, avec la lettre.







Ex libris marquis de Rognes. J. Moreau del. N Le Mire sculp.
1777.







Ex libris Boucherot du Fey. Sans signature.







Comme dans l'oeuvre d'Augustin de Saint- Aubin, il se trouve dans celui
de Moreau le jeune quelques ex-libris douteux.












CHOFFARD










De Gursay, de Landry et de la Parisière-Thomasseau, écuyer, origin.
d'Angers. Malo
mori quam fœdari
. Traduct. morale de la devise : Plutôt
mourir que de me déshonorer. P. P. Choffard fecit.
1756.







De Gursay-Thomasseau. De sable, à l’émanche d'argent de cinq pièces, en
pointe de l'écu. Explication : Sable (martre noire), Emanche (manche
antique décousue et déployée), signifie : Ennemis vaincus et
dépouillés. P.
P. Choffard fecit
, 1756.







Ex libris de Buissy. P.
P. Choffard fecit
, 1759.







Franc. Jos. Ant. Hell, bailli de l'évêché de Bâle, des comtés de
Montjoye et de Morimont, des départems
de Hirsingen et de Ht Landzer, et autres terres
en Hte-Alsace. De la Société économique de Berne
; etc. P. P.
Choffard fecit
, 1773.







Ex libris Souchay, eq.is, Lugduni. C. Monet del. P. P. Choffard
sculp.
1776. Le Cabinet des estampes a un état avant la
lettre.







Jean Armand Tronchin. P.
P. Chofard fecit
, 1779.







Thellusson. P.
P. Choffard fecit
, 1782. Noble prussien, baron de
Rendlesham.







Andréas de Salis, curiâ Rhœtorum. P. P. Choffard fecit.








Ex libris (le nom resté en blanc). Pièce d'armoiries dont le Cabinet
des estampes a deux états. P.P.
Choffard
.







Ex-libris anonyme, blason avec la devise Magis ac magis.
Voir l'article GRAVELOT.







Ex-libris anonyme aux armes de Nicolaï. Voir l'article GRAVELOT.








Pinsot d'Armand. P.P.
Choffard fec
.












WILLE FILS










Ex-libris anonyme, représentant un faucheur nu, une draperie enroulée à
sa ceinture. Wille
filius del.
1766. Halm sculp.












MARILLIER










Ex libris Duché. P.
Marillier inv. et del.
1779. De Launay le jeune sculp.







 




MONNET










Ex libris Souchay, eq.is, Lugduni. C. Monet del. P. P. Choffard
sculp.
1776. Voir l’article CHOFFARD.







Ex-libris avec monogramme formé d'un L et d'un B, dans un entourage
d'attributs champêtres. Monnet
inv. D’Elvaux sc.













GAUCHER










Cabre. C
Gaucher inc.
1775.







De la Bibliothèque de François Grangier de Lamotte, cap. de Dragons au Rgt
de Deux-Ponts. Dessiné
et gravé par Ch. Gaucher de l’Acad. des Arts de Londres
.
1779.







Messire André-Gaspard-Parfait comte de Bizemont-Primelé. Dessiné et gravé par Ch.
Gaucher, de l’Acad. des Arts de Londres
. 1781.







Le comte de Bizemont-Prunelé a gravé à l’eau-forte, la même année,
l’ex-libris de sa femme, Marie-Catherine d'Hallot, où il s'est
représenté dessinant, dans des ruines, leur double blason sculpté sur
un piédestal ; motif remarquable à sa date. Treize ans plus tard, cet
amateur, émigré en Angleterre, y vivait de son talent. Sa carte ornée
de maître de dessin à Londres se remarque dans son oeuvre au Cabinet des
estampes : M.
Bizemont drawing master n° 19 Norton street, near Portland street
.
— Bizemont sc.
London
, 1794.







Ex libris Jac. Desmares in Senatu Paris, patroni. C. E. Gaucher ex Acad. art. Lon.
del.








Ex libris Pétri Gosset de Saint-Clair, Doct. med. Facult.
Monspelliensis.







De Gaucher, sans aucun doute ; l’épreuve que nous avons vue était sans
marges.







Ex-libris aux armes de Séguier : d’azur, au chevron d'or accompagné de
deux étoiles d’or en chef, et d'un mouton passant d'argent en pointe,
avec la devise Per
indolem bonus. C. Gaucher del. et sc.













SERGENT-MARCEAU










Mr Tascher. Sergent
fecit
.







Ex libris D. D. d'Archambault. Devise : In armis leones. Sergent scul.
Carnuti
. Jolie pièce d'un travail précieux ; la première,
presque grossière, doit être de l'enfance du graveur.












Mme
LOUISE LE DAULCEUR










Il y aurait de l'injustice à ne pas donner place ici à cette femme du
monde, amateur de talent, gracieux intermédiaire entre les artistes ses
maîtres et ses amis, auxquels elle demandait des marques de
bibliothèque, et ses autres amis savants et lettrés, pour qui elle se
plaisait à les graver. Mme Louise Le Daulceur, dans sa société, s'était
fait de l’ex-libris une spécialité aimable. Bouchardon, Pierre,
Gravelot, Eisen, lui ont donné des modèles ; les deux premiers n'en ont
donné qu'à elle. C'est une patronne toute trouvée pour les
collectionneurs, et du bon temps.







Mde Le Daulceur. Ed. Bouchardon in. del. Louise
Le D. sculp.
Voir l'article BOUCHARDON.








Bibliothèque de Mde Le Daulceur. Plus petit que
le précédent, et sans doute dessiné par Mme Le
Daulceur elle-même ; sans signature.







Bibliothèque de Mde la comtesse de Mellet. Signé
à gauche, dans la draperie. Le D.







Mde la comtesse de Mellet. Ed. Bouchardon in. del. Louise
Le D. sculp.








M. de Montigny, de l'Académie des sciences. Gravé par Mde Le D.
 Le Cabinet des estampes a un état de cette pièce avant la
lettre et avec la signature à droite.







Ex-libris avec la même lettre, pour in-8 ; le précédent est pour in-4.







Mr Mignot de Montigny. Pierre
del. Louise Le D. sculp.
Voir l'article PIERRE.








Bibliothèque de Mr Thiroux d'Arconville, présidnt
au ParlemtH. Gravelot in. Mde
L. D. sculp.
Voir l’article GRAVELOT. Il
y a des exemplaires avec la lettre grise.







Bibliothèque de M. le Cte Thiroux de
Gervillier. H.
Gravelot in. Mde L. D. sculp.








Mde d'Arconville. C. Eisen del. Louise Le Daulceur
sculp. et in.
Voir l'article EISEN.








Mde d'Alleray. Durand D. V. inv. del. Louise Le
Daulceur sc.








Nous n'osons attribuer à Mme Le Daulceur
l’ex-libris de Mlle
d'Alleray, d’une pointe très-brillante, sans nom d'artiste : blason
appuyé à un buisson de roses, avec la devise enfantine, sur une
banderole flottante : Piccola
si, ma studiosa
.







A. Mde du Tailly. Louise Le D. in. sc.













*



* *











LISTE
GÉNÉRALE




DES DESSINATEURS ET
DES GRAVEURS




QUI ONT SIGNÉ DES
EX-LIBRIS FRANÇAIS
















XVIIe SIÈCLE













Auroux (N.).



Berain (C).



Blocquet (I.), 1672.



Bonnard (I. B. H.).



Briot.



Chevalier.



Colin (I.), 1685.



Collin, à Reims.



Courbes (I. de).



Deloysi (P.).



Flameng (A. B.).



Gagneux (P.).



Giffart (P.).



Gilbert.



I. T. (Jean Toustain).



Landry.



Le Clerc (G.).



Le Clerc (Séb.), 1655, 1660.



Le Masson (Antoine).



Le Roux (I.).




Marctz.



Malh. (Mathan).



Mavelot, graveur de Mademoiselle.



Montulay Lenée.



Nolin (P.).



Ogier, à Lyon, 1696.



 Picart
(Ioan.).



Housseau.



Sarret.



Sas (Chrétien).



Simonin, à Toloze.



Thomassin.



Tiphaigne (L.).



Toustain (I).



Trudon.



Valdor (I.), à Nancy.











XVIIIe SIÈCLE










Andouard.



Aribaud(J. P.).



Arthaud.



A. T. Cys. (Adrien Théry, à Gisoing).      




Aublé.



Augustus.



Aveline (A.).



Avisse, 1730.



Baltazard, 1755.



Baour (L. F.).



Baquoy (C.).



Baron (C.}.



Baumes, à Montpellier.



Beau, fils.



Beaumont, gravr ordre de la ville.



Bécat (H.).



Beleau(I. D.),à Rouen, 1724.



Bellanger.



Berain (C.).



Berlier, 1740.



Bert (J.), à Granmont.



Berthault, 1777.



Bes.



Beugnet, 1769.



Bille.



Bis, à Douay.



Bizemont - Prunelé (André de), 1781.



Bonrecueille (de).



Bouchardon (Ed.).



Boucher (F.).




Bouchy, 1739.



Bourgeois.



Branche.



Braspacher, 1775.



Bréant.



Brenet, 1791.



Brichet (R.).



Brochery.



Brochery (Thérèse).



C. (Comte de Caylus).



Carpentier (J. B.).



Cars (J. F.).



Catelin (J. B.).



Cathey.



Cava (F.).



Chappron Meûnier (P. H.}.



Charles (C.).



Charpentier, 1709.



Chenu (L.), 1780.



Chevalier.



Chinon (B.).



Choffard (P. P.), 1756, 1759, 1773,1776, 1779.



Chollet.



Clouzier (A.).



C. N. C. (Charles Nicolas Cochin).



Cochin fils (C.), 1750.



Cole.



Collard.



Collin (D.), à Nancy, graveur du feu roy de Pologne,  
     



duc de Lorraine, 1751, 1752, 1754,1756,1769,1773.



Collin (J.).



Collin (Y. D.), 1785.



Colinet.



Colot.



Coquardon.



Cordier.



Corlet.



Croisey.



Coutellier.
Danchin, à
Gambray.



Dapsol, 1787.



David.



Decaché.



Dejean.



Delaitre.



De la Gardette.



Delarbre.



De Launay le jeune, 1779.



Delcourt fils, à Tournay.



D'Elvaux.



D'Embrun.



De Meuse.



Derond (J.).



Desmaisons, 1780.



Dieu (A.).



Docaigne (A.), 1762.



D'Orvasy, à Nancy.



Doyen.



Dreer.



Drevet (G.).



Duflocq.



Duflos (C.).



Duplessis.



Dupré (I. R.).



Durand.



Durand D. V.



Durig, à Lille.



Du Vivier (Louise), 1737.



Eisen (C.), 1749.



Faugrand.



Faure.



F. B. (François Boucher).



Ferrand.



Fessard (Et.).



Flipart.



Fonbonne (Mlle).



Fouquet.



François.



Francs (J. G. François), à Nancy, 1739.



Galimard (C. O.).



Gamot (Jos.).



Ganhy (J. B. de).



Gaucher (Ch.), de l’Académie des arts de Londres, 1779, 1781.



George.



Germain.



Gifiart (P.).



Glomy.



Godard, à Alençon.



Gosset (L).



Gossard.



Gossellin, 1770.



Goüel (P.), 1777.



Gravelot (H.).



Guérard, à Beaucaire.
           
 



Guibert (J. B.).



Guillaume.



Guttemberg (C. G.).



Halm, 1766.



Helman, 1767.



Helman le jeune.



Herisset.



Houat (A.), l’aîné.



Humbelot.



Huquier.



Ingram (J.).



Jacquot.



Jacques, à Rouen.



Jacques, le J.



Janinet (F.).



Jeanjean.
J. H. V.
(Valori).



Jonveaux.



Joubert (L.).



Jourdan (femme), 1788.



Lachappelle (P.).



Lachaumée.



La Gomparde.



Lançon, à Nancy.



Lavau (A.), à Bordeaux.



Lebas, 1741.



Lebeau.



Leclere.



Le D. (Mme Louise Le Daulceur).



Le D. (Louise) (Louise Le Daulceur).



L. D. (Madame) (Mme Louise Le Daulceur).



Le
Daulceur (Louise).



Le Féron, à Rennes, 1767.



Legrand (L.).



Lejeune.



Lemaire (M.).



Lemaire, le fils.



Le Mire (N.).



Le Roy.



Le Sage.



Lucas.



Lussaut.



Mandonnet.



Manessier.



Marinier, 1779.



Martinet.



Mathey.



Maugein (Me).



Mauriset.



Maurisset (J. C.).



Mercadier (J.).



Merché (J. C. D.), à lille, 1786.



Messager.



Micaud.



Michel (J.), de Genève, à Arles, 1727 ; à Avignon, 1730, 1732.



Moitte.



Monchi (de).



Monet (C.), 1776.



Monier, 1768.



Monnier.



Montulay (François), 1754.



Moreau le jeune (J. N.), 1768, 1770, 1777.



Moulinneuf.



Moyreau (Mme).



Noblin.



Nonot.



Nonot (Charlotte).



Nicole, à Nancy, 1725, 1743, 1745,



1747, 1748, 1751, 1753,



1762, 1767.



Nicole fils, à Nancy, 1754, 1755.



Nion.



Oblin, à Paris.



Ollivault, à Rennes,



 à Paris, 1788.



Pallière.



Papillon, 1764.



Pariset.



Phelippeau (C.).



Picart (B.), 1722, 1731.



Picault (P.), à Blois.



Pierre.



Pinot fils.



Poilly (J. B. de).



Poisson, 1787.
Ramel.



Roy (Cl.), grav. sur tous métaux,



1765.



Robin.



Roger.



S***(V. de) (Semeuze).



Saint-Aubin (Aug.).



Scotin (Gérard), l’aîné, à Paris, 1715.



Scotin (J. B.).



Sergent, à Chartres.



Semeuze
(V. de), 1763.



Seraucourt.



Sicard.



Simon (H.).



Sornique.



Striedbeck (J.), à Strasbourg.



Tardieu (P. F.).



Tardieu fils.



Tardieu (Lse Duv.).



Tardiveau, à Rennes, 1707. Tasnière (G.).



Thansis.



Théry (A.), à Cisoing,1746.



Thevenard (M.).



Thibaut.



Traiteur (J.), 1771, 1772.



Tubert.



Vacheron, à Douai, 1769.



Vallet, 1721.



Van Merlen(T. J.).



Varin, 1774.



Veyrier, 1751,1752, 1759.



Villiez.



Viotte, graveur de la monnaie royale.



Voysard.



Wallaert.



Waffet.



Wille fils, 1766.










XIXe SIÈCLE














Alès, 1868.



Ancelet (E.).



B. (Bracquemond).



Barbât, à Châlons.



Belille, à Verdun.



Bida.



Boullay (J.).



Bouvenne (Aglaüs) , 1868, 1870,1871.      
       



Burdet.



Catenacci (H.).



Cheffer (A.).



Chenay (Paul).



Delauney.



Descaves (A.).



Desnoyers.



Dufour-Bouquot.



Durand, à Lyon.



Flameng (Léop.).



Gavarni.



Gozo (Gozora).



Gustave.



Hamel.



Judée.



Lefêvre.



Lizars.



Loizelet.



Luc.



Maingourd (E.).



Monnier (L.).



Oblin.



O. de R. (Octaye de Rochebrune), 1867, 1869.



Palaiseau (M.), 1835.



Pegard (J.).



Perry (F.).



Pollet.



Potémont (Martial).



Potier (J.).



Riboulet-Goby.



Richomme (T.).



Rochebrune (O. de), 1873.



Roch. (O. de)
(Octave de Rochebrune), 1871.



R. (O. de) (Octave de Rochebrune), 1867, 1868, 1869.



Rouargue.



Royer (Emile).



Stern, à Paris.



Thiéry (E.).



Varin (P. A.).



Veran (J. M.).



Vidal (J.), à Bordeaux.















FIN.








Paris. -
Typographie Motteroz, rue du Dragon, 31.



EN VENTE CHEZ P. ROUQUETTE












NOTES :



(1)
Un article de M. Maurice Tourneux sur la collection d’ex-libris



de M. Aglaüs Bouvenne a paru dans l’Amateur
d'autographes
, d’avril 1872.



(2)
Nous devons la communication d'une copie de cette pièce
intéressante à M. Charles de Rozières, de Nancy; on l’a supposée la
marque d'une bibliothèque allemande, jusqu'à la découverte d'un
exemplaire complet des légendes inscrites au-dessus et au-dessous des
armes de Nicolas de Lescut, et que voici ; au-dessus :  Domine, ut scuto bonae
voluntatis tuae coronasti nos
. Au-dessous : Scuto circundabit te veritas
eius, non timebis à timore nocturno
.



D. Nicolai de
Lescut sacrae
Cœsareae aulae Palatini V. I. Licentiati : à consiliis et secretis
Illustrissimi Lotharingiae etc. ducis.




Les initiales N. D. L. sont de plus reproduites au bas de l'écu.



(3)
 Journal de
la Société d'archéologie lorraine
. Nancy, 1864, in-18.



(4)
 Recherches
biographiques sur Malherbe et sur sa famille
, par M.
Roux-Alpheran. Aix, Nicot et Aubin, 1840, in-8, avec planche de
fac-similé.



(5)
Les portraits ex-libris sont fort rares, et après ce Lamy,
bibliophile ignoré, nous ne savons que le fameux abbé Desfontaines qui
ait pris plaisir à se mirer dans son image, sur la garde de ses livres.
Sans pouvoir douter de leur provenance, nous avons déjà rencontré une
dizaine de volumes auxquels avait été ajoutée par une main intéressée
la belle gravure de Schmit, d'après Tocqué, représentant Petr. Fr. Guyot Desfontaines
praesb. Rothomag.
, illustrée d'un distique où il n'est pas
épargné, ou ne s'est pas épargné :








Dum te Phœbus amat
scribentem,Maevius odit,




Et lepidis salibus
maeret inepta cohors.











Ce qu'on traduisit, ou qu'il traduisit par :








Chéri du dieu des arts, craint
et haï des sots,




L'Ignorance en
courroie frémit de ses bons mots. 











Un petit nombre de bibliophiles de ce temps-ci se sont fait représenter
au milieu de leurs livres, accessoire assez important pour couvrir le
risque de la portraiture. N'oublions pas que le comédien Grassot avait
pour ex-libris sa charge, gravée sur pierre par le chanteur Gozora qui
l'a signée du rébus Gozo
et un rat. Elle est reproduite, en réduction, sur le titre du catalogue
de ses livres vendus en mars 1860.



(6)
Elle se trouve moins ancienne que celle Ex bibliothecâ
relevée sur la marque typographique d'Alboise, d'Autun, à la date de
1574 (V. p. 4). Les formules de possession bibliographique ne
deviennent fréquentes que vers 1700, et voici, à peu près par ordre de
dates, toutes celles que nous avons pu relever, latines et françaises
Ex
bibliothecâ… Ex libris...
Ex catalogo bibliothecâ... Ex musœo... Insigne librorum... Bibliothèque
de... Du cabinet de... Je suis à M... J'appartiens à... 




(7)
Petit in-4, dans la belle bibliothèque héraldique de M. Ernest de
Rozière.



(8)
Cette marque, à la date de 1750, signée A. T. Cys,
est l'oeuvre d'un frère de l'abbé de Gricourt, Adrien Théry d'Inghem,
chanoine régulier de l'abbaye de Cisoing. Voir sur cette famille
douaisienne des Théry de Gricourt, artistes et amateurs une
intéressante notice signée A. P. (Preux), dans la France wallonne de
mai 1866.



(9)
Le motif de cet ex-libris supercoquentieux, comme on eût dit en
1832, a été employé pour la marque anonyme de M. de Noyel, sans noms de
dessinateur ni de graveur. On usait sans façon des compositions
d'artistes célèbres, comme de vulgaires passe-partout. Le bel ex-libris
dessiné en 1701 par Sébastien Le Clerc, et gravé par C. Duflos, pour
Geoffroy, ancien grand'garde du corps des apothicaires de Paris, se
retrouve copié pour Véronneau, de Blois, par P. Picaut, graveur
blaisois. Nous verrons plus loin Jacques- Henry Tribourdet s'emparer de
la marque de bibliothèque des Thiroux d'Arconville et de Gervilliers,
dessinée par Gravelot, et y substituer son blason.



(10)
Les Mémoires de la
Société d'archéologie lorraine
,
année 1861, ont donné une notice de M. Beaupré sur Dominique Colin et
sur son fils, Yves-Dominique. On trouve dans le même recueil, année
1867, un travail du même érudit sur d'autres graveurs nancéens
d'ex-libris : les Nicole père et fils, Durig et Traiteur.



(11)
Gravée par M. Pollet. M. Solar a eu un second ex-libris
gravé par M. Paul Chenay, d'après Andréa del Sarto ; il se trouve,
imprimé à la sanguine, après les prix de vente et les tables des
anonymes et des livres sur vélin de son Catalogue ; Paris, Techener,
1860-61, 2 part. in-8.



(12)
Cette charmante planche a eu un état antérieur, avec la devise
Par la peine
et le travail
. Voir Ch. Marionneau, les Eaux- fortes de M. O. de
Rochebrune
. Nantes, G. Grimaud et Forest, 1865, in-8.



(13)
Il s'y complaisait ; c'est l'épigraphe qu'il a donnée aux trois
éditions, sous divers titres, de ses Fragmens d'un poëme moral sur
Dieu
; la première à la date de 1781.



(14)
La devise de l'ex-libris de Guilbert de Pixérécourt est : Un livre est un ami qui ne
change jamais

; mais un artiste bibliophile, M. G. E. Thiery, lui a emprunté son
distique. L’ex-libris de Pixérécourt se trouve imprimé sur le
faux-titre de son Catalogue, Paris, 1838, in-8 ; nous remarquons aussi
l'un des ex-libris de la duchesse de Berry sur le titre du Catalogue de la riche
bibliothèque de Rosny
... Paris, 1837, in-8. Ces deux bons
exemples n'ont guère été suivis dans les catalogues imprimés depuis
trente ans.



(15)
Colletet n'a pas eu d'ex-libris ; les livres de sa bibliothèque
portaient sa signature Guillaume
Colletet
.
Son sixain, que l'éditeur bibliophile Curmer avait fait inscrire
au-dessus de la porte de son cabinet, à Passy, se trouve aussi
reproduit sur la jolie marque de M. Ch. Mehl, dessinée par M. Gustave
Jundt. Dans les Epigrammes
du sieur Colletet, avec un discours de l’Epigramme
, Paris,
Louis Chamhoudry, 1653, in-12, p. 26, immédiatement après la
boutade A mes
livres
, se trouve cette apostrophe :








AUX
EMPRUNTEURS DE LIVRES QUI NE LES RENDENT POINT












Emprunteurs, pour vous parler
net,




Ma bibliothèque
connüe




Est un meuble de
cabinet




Qu'on ne crotte
point dans la rue
.






(16)
 Antirrhinum
majus
, scrophulariée connue vulgairement sous les noms
de muffle de
veau, gueule de lion
.



(17)
 Les
Gobbe-mouches
. Au Palais-Royal, 1788, in-8 (anonyme).
Auguis a reproduit cet opuscule, sous le nom de Champcenetz, dans
ses Révélations
indiscrètes du dix-huitième siècle
.



(18)
 Manuel des
Amphitryons
, éd. de 1808, in-8, p. 219.














ALBUM
DES EX-LIBRIS FRANÇAIS








Album des ex-libris français (couv.)














Ex-libris de DACQUET (4.160 ko) Ex-libris d'Alexandre PETAU (4.722 ko) Ex-libris anonyme d'AUZOLES DE LA PEYRE (4.371 ko) Ex-libris anonyme de François DE MALHERBE (4.860 ko)
1.-
Ex-libris de DACQUET
2. - Ex-libris
d'Alexandre PETAU
3.
- Ex-libris anonyme d'AUZOLES DE LA PEYRE
4.
- Ex-libris anonyme de François DE
 MALHERBE
Ex-libris d'André FÉLIBIEN (4.675 ko) Ex-libris de Gilles MÉNAGE (4.003 ko)
5.
- Ex-libris d'André FÉLIBIEN
6.
- Ex-libris de Gilles MÉNAGE
7.
- Ex-libris du président HÉNAULT
8.
- Ex-libris anonyme de J.-B. BOSSUET, évêque
de Troyes
Ex-libris de la Bibliothèque du Collège d'Eu (4.848 ko) Ex-libris de M. de JOUBERT (4.784 ko) Ex-libris anonyme de MIRABEAU, l'Ami des hommes (3.953 ko) Ex-libris de LAVOISIER (3.988 ko)
9.
- Ex-libris de la Bibliothèque du Collège d'Eu
10.
- Ex-libris de M. de JOUBERT
11.
- Ex-libris anonyme de MIRABEAU, l'Ami des hommes
12.
- Ex-libris de LAVOISIER
Ex-libris du conventionnel J.-B. MICHAUD (4.354 ko) Ex-libris de M. Victor HUGO (4.200 ko) Ex-libris de M. Édouard MANET (4.115 ko) Ex-libris de M. Octave de ROCHEBRUNE (4.520 ko)
13.
- Ex-libris du conventionnel J.-B. MICHAUD
14.-
Ex-libris de M. Victor HUGO
15.
- Ex-libris de M. Édouard MANET
16.
- Ex-libris de M. Octave de ROCHEBRUNE
Ex-libris de MM. Edmond et Jules de GONCOURT (4.423 ko) Ex-libris de Thomas GUEULETTE (4.815 ko) Ex-libris du président DE BROSSES (3.901 ko) Ex-libris de CHAMPCENETZ (4.130 ko)
17.
- Ex-libris de MM. Edmond et Jules de GONCOURT
18.
- Ex-libris de Thomas GUEULETTE
19.
- Ex-libris du président DE BROSSES
20.
- Ex-libris de CHAMPCENETZ
Ex-libris de J.-L. AUBLÉ (4.878 ko) Ex-libris de Mme DU BARRY (4.354 ko) Ex-libris de MIGNOT DE MONTIGNY (4.020 ko) Ex-libris de l'auteur : Auguste POULET-MALASSIS (4.216 ko)
21.
- Ex-libris de J.-L. AUBLÉ
22.
- Ex-libris de Mme DU BARRY
23.
- Ex-libris de MIGNOT DE MONTIGNY
24.
- Ex-libris de l'auteur











Les planches n° 9,
14, 15, 16, 17, et 24 sont des originaux

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