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22/01/2013

Questions à Philippe Ploncard d’Assac

Cet entretien du 18 juillet 2011 entre Tony Kunter et Philippe Ploncard d'Assac a été initialement publié sur le blog de Tony Kunter.

Nous remercions M. Ploncard d’Assac de bien avoir voulu répondre aux questions que nous lui avons posé.

LA JEUNESSE DE VOTRE PERE :

* Quel était son milieu d’origine, les positions politiques de vos grands-parents ? Vos grands parents étaient-ils actifs dans les milieux politiques ? Avaient-ils une certaine proximité avec les milieux catholiques ?

Rép. – Bourgeoisie lyonnaise et ascendance aristocratique par sa mère remontant aux d’Assas-d’Assac, selon la calligraphie des époques.

Catholiques, son grand père Teillard avait des livres politiques dont ceux d’Edouard Drumont.

Son père, ancien « poilu » était un fervent du Maréchal.

* Certains événements de l’enfance ont-ils pu influencer votre père par rapport à sa manière de voir le monde ?  Notamment, comment a-t-il vécu la Première Guerre mondiale tout jeune qu’il était ? Comment ses parents l’ont-ils vécue ?

Rép. – La lecture chez son grand-père Teillard lors de ses vacances d’été, à l’âge de 16 ans, des deux livres majeurs d’Edouard Drumont, La France juive et La fin d’un monde,  est à l’origine de toute son action politique.

*Quelle est la formation initiale de votre père ? Où a-t-il fait ses études ?

Littéraire, études chez les Jésuites d’Autun.

*A 17 ans, en 1927, il adhère à l’Action française. Pourquoi ce choix ?

Rép. – Parce que cela correspondait à sa propre analyse

Votre père vous a-t-il raconté des anecdotes concernant les cadres du mouvement, le mouvement, ou Maurras ?

Rép. – Je ne m’en souviens pas.

*Que faisait votre père le 6 février 1934 ?

Rép. Je n’en sais rien. Mais il fustigeait le naïveté des « nationaux » et autres patriotes de l’époque, qui ne savaient que si « la République gouverne mal, elle sait se défendre ».

*Peut-on dire que votre père s’est émancipé de l’AF lors de la création du Front national ouvrier paysan ?

Rép. Non. Il en est parti, avec Henry Coston et Maurice Yvan Sicard, alias Saint-Paulien, pour rejoindre le Parti populaire français de Jacques Doriot, parce que pour lui le nationalisme est indissociable du social.

* N’a-t-il pas toujours été un électron libre au regard de l’AF quand on songe aux revues indépendantes qu’il a pu fonder comme La Lutte créée en 1927 ?

Rép. – Si l’on veut, il n’a jamais aimé les carcans.

*Comment votre père a-t-il rencontré Henry Coston ?

Rép. – Je n’en sais rien mais les deux étaient des disciples de Drumont.

LA DEUXIEME GUERRE MONDIALE ET VICHY :

*Comment votre père a-t-il vécu la « débâcle », lui, qui s’est courageusement illustré au combat ?

Rép. – Mal.

*Comment a-t-il vécu sa détention de treize mois ?

Rép. – Assez bien, à par le froid, les Allemands ont été corrects.

*Comment en est-il venu à s’intéresser à la franc-maçonnerie et à travailler au Service des Sociétés secrètes ?

Rép. – Cela découle de tout ce qu’il avait découvert au travers de Drumont.

C’est la Maréchal qui l’a fait nommer à ce poste avec Bernard Fäy.

*Que pensait-il de Laval ? de Pétain ? Remarque-t-on une évolution de ses opinions sur la période 1941-1944 ?

Rép. – Pas d’estime pour Laval, personnage douteux responsable de la mise à l’écart de l’amiral Platon , chargé de la surveillance de la reconstitution des Sociétés Secrètes.

Indirectement il est le responsable de la mise à mort de l’amiral Platon, écartelé entre deux tracteurs par les  « résistants » dans sa propriété du Sud-ouest.

Quant au Maréchal, il l’admirait tout en regrettant le nombre d’incapables et de « modérés » qui l’entouraient qui n’avaient rein compris à la guerre révolutionnaire, idéologique en cours.

*Est-il correct de dire que votre père a fui la Libération en 1944 pour rejoindre le Portugal ?

Rép. – Tout à fait, nombre de ses amis avaient été assassinés chez eux, par des individus qui se présentaient comme des préposés au gaz, ou autre, pour se faire ouvrir.

Cela s’est fait grâce au comte de Paris qu’il connaissait, lui-même réfugié au Portugal.

Ce fut lui qui le recommandât au président Salazar.

*Que pensez-vous du procès Ploncard d’Assac et de la condamnation à mort par contumace de 1947 ?

Rép. – Il y en eu au moins deux, C’était la vengeance de ceux que mon père avait trop bien découvert.

LES ANNEES PORTUGAISES

*Quel fut son rôle précis auprès de Salazar ? Comment a-t-il réussi à s’intégrer au premier cercle du pouvoir salazariste ?

Rép. – Cela s’est fait tout naturellement du fait de la convergence de leurs analyses, c’est ainsi que mon père fut appelé à  écrire dans le journal du régime, le Diario da Manha et à devenir un intime du président Salazar, sans avoir jamais eu le titre de « conseiller » que certains lui ont attribué, même si dans les faits se fut vrai.

*Pourquoi a-t-il attendu a fin des années cinquante pour se lancer dans une œuvre si capitale pour la nationalisme post-Deuxième guerre mondiale ?

Rép. – Nombre de ses ouvrages ont commencés par être édités en Portugais, avant de l’être en Français, en Italien, en Allemand et en Espagnol.

*Quand et pourquoi est-il amnistié ? Pourquoi faut-il attendre la Révolution des  Œillets pour qu’il revienne en France ?

Rép.. Il n’a été amnistié que sous Pompidou, grâce à la persévérance de son ami Guillain de Bénouville, lui aussi ancien Camelot du Roi, qui avait choisi, l’autre voie…

S’il est rentré en France, c’est parce que c’était préférable pour sa sécurité, vu ses rapports avec Salazar.

Ce fut moi-même qui le mena à la frontière espagnole, où il fut pris en charge par le jeune Nicolas Franco, neveu du Caudillo, son père ayant été ambassadeur d’Espagne au Portugal. Nous connaissions bien.

De là, il est parti à Paris, chercher un appartement, tandis que ma mère et moi, nous occupions du déménagement.

Quinze jours après notre départ, nous devions apprendre que la police politique du nouveau régime socialo-communiste était venue nous chercher…

*Comment avez-vous vécu les années portugaises ? Avez-vous des anecdotes à raconter ?

Rép. Je les ai très bien vécues. Le Portugal de Salazar avait une douceur de vie que l’on ne retrouvera plus sans doute.

La vie n’était pas chère, ce qui, après avoir tout perdu à la Libération-Epuration,  l’appartement de mes parents à Paris volé , et la propriété de mon grand-père côté Ploncard, en Bourgogne, pillée et incendiée par les « résistants », nous permis avec  l’action littéraire de mon père, de remonter la pente.

LE RETOUR EN FRANCE JUSQU’AUX DERNIERES ANNEES

*Comment votre père a-t-il vécu son retour en France ?

Rép._ Pas trop mal et il a continué à écrire.

*Votre père est connu pour avoir largement contribué au journal Présent. Comment a-t-il rencontré Jean Madiran ? Quels étaient ses rapports avec Jean Madiran ?

Rép.  Incontestablement, jusqu’à ce que l’évolution prosioniste de ce journal avec les Madiran, Bernard Antony, et Alain Sanders, l’amène à cesser d’y collaborer pour les mêmes raisons que François Brigneau.

Pour donner une idée, lorsque mon père portait son article à Présent et qu’il n’y voyait pas le directeur administratif, pierre Durand, il aimait à taquiner Sanders en lui disant ; « Où est donc votre agent du Mossad » … ? !

*Que pensait votre père du Front national et de Jean-Marie Le Pen ?

Aucune confiance, au point de m’avoir déconseillé d’accepter la proposition de J-M Le Pen, de prendre en main la structure du FN pour les Français de l’Etranger, le CFRE.

Si j’ai finalement accepté c’est parce que j’estime qu’il faut toujours prendre les places qu’on vous offre pour dire et écrire que ce l’on défend jusqu’au jour où on vous l’interdit.

C’est ce qui s’est passé et c’est ainsi que j’ai claqué la porte du FN en juin 1993, car déjà on prétendait m’interdire de parler de De Gaulle, de la maçonnerie et de l’avortement !

Ce qui confirmait les avertissements de mon père.

*Que pensait-il de la France du début du XXIe siècle ? Quel bilan dressait-il au vu de son parcours ?

Rép. – Que ses analyses n’étaient hélas que trop vraies, les évènements lui donnant raison sur tous les plans.

L’ŒUVRE DE VOTRE PERE : QUESTIONS GENERALES

*Peut-on dire que votre père a été un modèle et un guide pour plusieurs générations nationalistes ?

Rép. Certainement et toujours maintenant

*Peut-il être considéré comme un successeur de Maurras au regard de l’ampleur de son magistère ?

Rép. – Tout à fait, mais sans l’antigermanisme outrancier de Maurras qui aura amené nombre de jeunes d’AF chez De Gaulle et la résistance.

Nous en vivons les conséquences.

*Quelle fut l’influence de votre père en Espagne et en Italie ?  D’autres pays sont-ils a considérer ?

Rép. – Influence indirecte par les traductions des ses livres dans ces pays et jusqu’en Allemagne.

*Votre père a-t-il fait Ecole ? Si oui, quels sont ses principaux disciples ?

Rép. Il a fait école ne serait-ce qu’avec moi, qui ait repris son combat.

*Quelles sont les œuvres incontournables de votre père ?

Rép. – Les Doctrines du nationalisme, L’Eglise occupée, Le secret des FM, Les jeunes ont droit à la vérité, entre autres

*La collection « La Voix de l’Occident », qui reprend les éditoriaux de votre père à la radio, constitue une grande partie de son œuvre. Il réagissait souvent à cette occasion sur l’actualité. Dans ces conditions, ses propos se limitent-ils à l’époque sur laquelle il médite ou peut-on parler de postérité ?

Rép. Oui on peut parler d’actualité, dans la mesure où ce qu’il dénonçait explique ce que nous vivons.

*Pourquoi votre père s’est-il lancé dans l’écriture de Doctrines du nationalisme ?

Rép ; – Pour répondre à la caricature haineuse et aux mensonges donnés par les vainqueurs  de la dernière guerre

*Comment ont évolué les positions de votre père sur l’Eglise catholique ?

Rép. – Elles n’ont pas évoluées ; C’est L’Eglise qui a évoluée.

A la bonne époque de la Fraternité Saint Pie X, Mgr. Lefebvre l’invitait avec Bernard Faÿ, tous deux spécialistes de la maçonnerie, à venir former ses jeunes prêtres et séminaristes.

Aujourd’hui c’est terminé et la FSSPX laisse en place des éléments douteux crypto maçonniques tels l’abbé Celier, et l’abbé de Tanoüarn qui, bien que parti garde une grande influence.

Quand à la formation antimaçonnique et anti gnostique qui en est le support, c’est terminé.

*Peut-on parler d’historien concernant votre père, au regard de sa traduction d’une Histoire du Portugal, du Secret des francs-maçons, ou de 1792, Les dernières marches du trône ? Si oui, de quels historiens s’inspire-t-il ? Quels sont ses canons épistémologiques ?

Rép. Oui, D’Augustin Barruel ; de Joseph de Maistre et d’Edouard Drumont, notamment.

*Que pensait votre père de ce qu’on appelle les mouvements « révisionniste » et « négationniste » ?

Rép. – Tout en dénonçant les mensonges sur les faits de la IIème guerre mondiale, il regrettait une vision trop parcellaire, centrée uniquement sur ce sujet.

Il est d’ailleurs étrange que nombre de « révisionnistes », ne comprennent rien au problème maçonnique, or tout est lié par une même ascendance talmudique kabbaliste comme je l’ai démontré dans mon livre La Maçonnerie.

*Quels étaient les rapports de votre père avec la pensée d’Action française développée par Pierre Pujo et Michel Fromentoux ?

Rép. Corrects, sans plus, ce n’était plus la grande époque de l’AF.

*Comment qualifier la pensée de votre père ? Contre-révolutionnaire ? Nationaliste ? Autre ? Merci de justifier.

Rép. – Les deux, l’une découle de l’autre.

Le nationalisme que dénonçait déjà Adam Weishaupt fondateur de la secte maçonnique des Illuminés de Bavière, à la fin du XVIIIème siècle, réagissait déjà aux idées anti nationales internationalistes, cosmopolites, de la Révolution dite française.

Le nationalisme est par essence « contre révolutionnaire »

QUESTIONS PRATIQUES

*Connaitriez-vous des personnes pouvant nous livrer des informations complémentaires sur votre père ?

Rép. – Arnaud de Lassus, Jean Auguy qui a la collection complète de ses Lettres Politiques basées pour beaucoup sur se éditoriaux de la Voix de l’Occident.

*Savez-vous s’il existe un fonds d’archives contenant des papiers de votre père ?

Rép. Non.

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