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30/07/2010

Gustave Gautherot

gautherot_gustave1274r3.jpgGustave Gautherot, né en 1880 et mort en 1948, fut professeur d'histoire à l'Institut catholique. Il consacra l'essentiel de ses travaux à la Révolution française, à une époque où l'école radicale, menée par Alphonse Aulard, exerçait son monopole à l'Université.

En 1908, l'Académie française couronne son ouvrage La Démocratie révolutionnaire, mais cela ne suffit pas à lui permettre de sortir d'une certaine marginalité.

Après la Première Guerre mondiale, il devient le correspondant français de l'Entente internationale contre la IIIe Internationale (Internationale communiste). Il publie La Revue antibolchévique, puis La Vague rouge, cette dernière financée par Ernest Mercier, fondateur du Redressement français. À partir d'une documentation puisée dans la presse et les revues communistes, Gautherot élabore toute une série d'ouvrages visant à fournir des informations fiables sur l'idéologie, la stratégie et les méthodes communistes.

En 1922 il publie la biographie du député catholique Emile Keller avec le sous-titre 1828 - 1909 un demi-siècle de défense nationale et religieuse. Il s'engage aussi sur le terrain électoral et sera élu sénateur.

Le 8 avril 1927, il survola Paris en avion pour lancer un tract anticommuniste : « L'araignée bolchéviste tisse à travers le monde ses toiles perfides. [...] En Russie [...], elle a massacré des millions d'ouvriers et de paysans ; elle a réduit un vaste empire à la misère et au plus brutal des esclavages. »

Après la Seconde Guerre mondiale, il est un des rares à s'intéresser au sort réservé aux pays tombés sous la domination soviétique, publiant à compte d'auteur, Derrière le rideau de fer. La vague rouge déferle sur l'Europe (1946).

Source: Wikipedia
Ouvrages disponibles:
  • Septembre 1792, histoire politique des massacres, Bibliothèque Saint-Libère (Version pdf uniquement)

28/07/2010

MORT DE LÉON GAUTIER

 

220px-L%C3%A9on_Gautier.jpgLa douloureuse émotion causée par la mort de Léon Gautier a été ressentie bien au delà des limites de notre Société. Personne n'était plus aimé, et, en écrivant ces lignes, nous nous croyons sûrs de n'être démentis ni par ses confrères de l'Institut, ni par les archivistes paléographes dont les trois quarts ont été ses élèves, ni surtout par ses collègues des Archives nationales, qui tous s'étaient habitués à voir en lui un confident dont ils connaissaient à l'épreuve l'amitié, la fidélité, la discrétion. Cette discrétion — c'était chez lui un trait caractéristique — se conciliait avec l'ardeur d'une nature enthousiaste à laquelle il dut en grande partie ses succès de professeur et de vulgarisateur. Aux arides débuts de la paléographie, il savait exciter l'intérêt des auditeurs par des éclaircissements sur tous les sujets mentionnés dans les textes d'étude, par une chaleur d'expression égale à celle qu'il mettait dans ses écrits à commenter nos Chansons de geste. Tout en poursuivant les recherches de la plus austère érudition, celles qu'il entreprit sur les poésies liturgiques, par exemple, il estimait que les savants ne devaient pas travailler pour les seuls savants; continuant le mouvement dont Paulin Paris fut jadis l'initiateur, il s'était donné la tâche de faire connaître aux Français le patrimoine de traditions poétiques, chevaleresques et nationales que contiennent nos épopées du moyen âge. Il y avait réussi : si la Chanson de Roland est aujourd'hui entre les mains de tous les écoliers, c'est à Léon Gautier qu'on le doit.

L'ardeur chez lui était d'autant plus communicative qu'il était impossible de n'y pas reconnaître la bonne foi, qui se manifestait d'ailleurs dans tous les actes de sa vie. Peu de gens ont eu des convictions aussi profondes ; bien peu ont su, au même degré, rendre justice à leurs adversaires. On sait quel respect, quelle amitié même il portait à des hommes qui ne partageaient aucune de ses idées. C'est qu'il était attaché à ses convictions pour elles-mêmes, non pour lui-môme. Jamais savant n'eut moins de vanité; jamais homme ne fut plus modeste. Il avait tenu à éloigner de ses funérailles tout ce qui pouvait ressembler à un hommage rendu à sa mémoire. Mais le silence qui, par respect pour ses volontés, a été pieusement gardé sur sa tombe, aurait été une injustice s'il eût été prolongé. M. Héron de Villefosse, président de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, l'a rompu le premier, au nom des plus éminents confrères de Léon Gautier, en prononçant devant eux le discours qu'on va lire.

H. -F. D.

« Messieurs,

« La mort, cette année, n'épargne pas notre Académie; elle nous impose de tristes et douloureux devoirs. A peine avons-nous rendu les derniers hommages à notre confrère Edmond Le Blant, qu'un autre est frappé. Léon Gautier, que nous venons de perdre d'une manière si rapide, était encore assez jeune pour que nous eussions le droit de compter sur son activité; il nous a été enlevé en quelques heures, sans que ses plus chers amis aient pu lui donner un témoignage de leur affection, sans qu'ils aient pu lui dire un dernier adieu. Lorsqu'il a senti le moment suprême approcher, il a demandé avec instance qu'aucun discours ne fût prononcé sur sa tombe; votre Président s'est conformé à cette volonté nettement exprimée. Mais il ne nous a pas été interdit d'honorer sa mémoire dans le lieu même de nos réunions. Aussi je voudrais essayer, malgré mon insuffisance, de vous rappeler les étapes de sa carrière scientifique si bien remplie, si féconde; je voudrais dire ici quelques mots de sa vie consacrée tout entière à l'étude, au bien, à la défense de ses plus chères convictions.

« Né au Havre le 8 août 1832, Léon Gautier fit ses études à Laval; il les termina au collège Sainte-Barbe. Entré à l'École des chartes, il en sortit en 1855 avec le titre d'élève pensionnaire. Il fut aussitôt attaché, en qualité de secrétaire, à Francis Guessard, auquel le ministère de l'Instruction publique venait de confier la direction du Recueil des anciens poètes de la France; il accompagna le savant philologue en Suisse et en Italie. C'est à Venise, à la bibliothèque Saint-Marc, qu'il découvrit un long poème, écrit en français par un Italien; il en fît bientôt apprécier l'intérêt et le mérite. Il l'analysa avec soin dans la Bibliothèque de l'École des chartes sous le titre de l'Entrée en Espagne. Il préludait ainsi à ses belles études sur l'origine et l'histoire de notre littérature nationale auxquelles il devait attacher son nom.

« Nommé archiviste de la Haute-Marne à la fin de l'année 1856, il occupa ce poste pendant deux années. Le 1er mars 1859, il entrait aux Archives nationales, où il resta pendant trente-huit ans, consacrant ses forces et son activité à classer, à faire connaître et apprécier les richesses de ce grand établissement scientifique. En 4893, il y remplaça notre regretté confrère Siméon Luce, comme chef de la section historique.

« Ses principaux travaux se rapportent à la poésie liturgique, à l'histoire littéraire, à la paléographie.

« C'est sur les bancs de l'École des chartes qu'il écrivit ses premiers Essais sur la poésie liturgique au moyen âge : tel était le titre de sa thèse. Il avait conçu le projet de faire un travail d'ensemble sur les proses, les tropes, les offices rimes. Il voulait écrire l'histoire de cette poésie et en rassembler une collection vraiment complète, où les chants de toutes les églises de la catholicité, réunis les uns à côté des autres, donneraient à l'ouvrage un caractère réel d'universalité. Ce projet a été réalisé par la publication des Œuvres poétiques d'Adam de Saint-Victor et par celle de Y Histoire de la poésie liturgique au moyen âge. Dans ce dernier volume, il a traité, d'une manière aussi curieuse que neuve, la question des tropes intercalés au texte pontifical de la liturgie catholique, il y a fait connaître dans les menus détails la nature, l'origine et les vicissitudes de ces morceaux d'office auxquels est liée si intimement l'histoire de la poésie latine, celle de la musique et du théâtre au moyen âge. Ces recherches, tout à fait originales, sont présentées avec la chaleur d'exposition dont il avait le secret; il a suivi pas à pas les développements des tropes; il a montré comment en étaient sorties les proses, puis les petits poèmes satiriques que les élèves des moines chantaient pendant les récréations. C'est par l'étude laborieuse des manuscrits qu'il est arrivé à mener à bien cette œuvre d'érudition aussi instructive qu'intéressante. Il fallait tout son talent, toute son ardeur, toute sa critique impartiale pour traiter avec succès un sujet aussi ardu et pour montrer quelles ressources offrent les monuments liturgiques à ceux qui veulent apprécier l'esprit et pénétrer dans les habitudes de la société religieuse du moyen âge.

« Ses travaux sur l'histoire littéraire sont les plus connus; ils lui ont valu à diverses reprises les plus hautes récompenses académiques. Léon Gautier a eu une bonne fortune, rare pour un érudit, celle de voir le succès de ses livres; il le doit surtout à la chaleur communicative et à la clarté de son style. Son plus vif désir était d'exprimer ses idées d'une manière heureuse et agréable. Il ne méprisait pas la forme pour ne s'occuper que du fait. On lui a quelquefois reproché son ardeur et son enthousiasme, mais, sans ces puissants mobiles, il n'aurait pas entrepris les œuvres qu'il nous laisse, il n'aurait pas rendu d'aussi notables services à la science. « L'histoire littéraire, disait-il, touche « par trop de côtés à la littérature, à l'art lui-même, et par conséquent à « toute notre âme, à toutes nos idées, à tous nos sentiments. Gomment « voulez-vous que je lise Aliscamps sans m'émouvoir très vivement, com- « ment voulez-vous que j'en parle sans cette sorte de frissonnement qui « donne au style un éclat et une chaleur naturels? » Le premier volume des Épopées françaises parut à un moment où on n'avait encore, dans le public lettré, que des notions très vagues sur notre ancienne littérature. L'histoire de notre poésie épique est une matière singulièrement complexe, et, sans un plan très clair, elle serait tout à fait ténébreuse. C'est un des grands mérites de Léon Gautier d'avoir apporté l'ordre et la clarté dans ce chaos. Il a su résumer et vulgariser sous une forme nouvelle tous les travaux qui avaient eu pour objet la littérature épique de la France; il a complété ces travaux par le résultat de ses propres recherches. En publiant cet important ouvrage, Léon Gautier a su séduire et entraîner beaucoup d'esprits curieux qui, pour entrer dans l'étude de notre littérature nationale, avaient besoin d'y être introduits par un initiateur convaincu et passionné. A deux reprises, notre Académie lui en témoigna toute sa satisfaction : elle lui accorda le second prix Gobert pour le tome Ier et pour la première partie du tome II; en 1868, elle lui décerna le grand prix Gobert après la publication du tome III. Elle lui tendait déjà les mains.

« Mais ce qui a rendu le nom de Léon Gautier presque populaire, c'est le texte définitif qu'il a donné de la Chanson de Roland. Sa connaissance approfondie de nos chansons de geste et de leur destinée, ses beaux travaux sur nos épopées nationales le désignaient pour accomplir cette tâche. Il lui appartenait de faire entrer pour ainsi dire dans le domaine public un monument qui représente avec une réelle supériorité cette littérature épique qui s'est produite avec tant de fécondité dans la France du moyen âge, et, par la France, dans l'Europe entière. Déjà bien des éditions en langage moderne en avaient été publiées. Mais il y avait encore quelque chose à ajouter pour en compléter l'étude, pour en faciliter et pour en répandre la connaissance. Grâce à lui, le chef-d'œuvre épique du xie siècle, connu pendant longtemps des seuls érudits et de quelques curieux, est aujourd'hui étudié dans nos écoles; les gens du monde peuvent le lire; le vieux français a conquis sa place dans les programmes classiques. Plus de vingt-cinq éditions attestent le succès toujours croissant de la Chanson de Roland, que Léon Gautier, dans son enthousiasme, plaçait à côté de l'Iliade, peut- être avec un peu d'exagération.

« L'Académie des inscriptions et belles-lettres récompensa ce grand labeur et ces efforts en 1873 par le second prix Gobert; l'Académie française, en 1875, accorda au même ouvrage le prix triennal fondé par M. Guizot.

« Gomme suite et complément de ses précédents travaux, Léon Gautier fit paraître en 1884 une étude des mœurs du moyen âge d'après les documents poétiques ; il l'intitula la Chevalerie. L'institution même est peinte, dans ce beau livre, en faisant vivre à nos yeux un de ses représentants; la chevalerie est résumée tout entière dans l'histoire d'un chevalier. Depuis la naissance jusqu'à la mort, chaque épisode de la vie du chevalier donne lieu à des éclaircissements nombreux et sûrs, à une foule de détails précieux empruntés aux textes que Gautier connaissait si bien. Un souffle de sincérité anime cette peinture de la vie du moyen âge; la délicatesse et l'élévation des pensées y dominent; un style net et coloré, d'une originalité particulière, y rehausse l'abondance de l'érudition. Le texte est éclairci par des figures techniques bien choisies, et le cadre restreint adopté par Fauteur, la seule époque de Philippe- Auguste, lui permet d'apporter une précision particulière dans l'étude des monuments dont il est difficile de donner une idée plus juste et plus complète. L'Académie française lui décerna pour cet ouvrage le grand prix Gobert. — Peu de savants ont reçu de l'Institut, avant de lui appartenir, d'aussi éclatantes marques de sympathie, tant de témoignages d'estime !

« Je ne puis énumérer ici tous les titres qu'il s'était acquis à la bienveillance de notre Académie, par ses recherches incessantes et par ses beaux travaux. J'ai rappelé les principaux. Il fut élu le 18 février 1887 à la place laissée vacante par le décès de Natalis de Wailly, qui l'avait désigné lui-même à vos suffrages, et dont la recommandation émue fut comme le testament académique de l'un des hommes qui ont le plus honoré notre Compagnie.

« II me resterait à dire un mot de ses travaux paléographiques. Il me semble qu'ils peuvent être confondus avec son enseignement. Pendant plus de vingt-cinq ans, il a été titulaire du cours de paléographie à l'École des chartes, et il s'y est montré tout à la fois érudit et éloquent. Il avait la passion du professorat; il possédait un don particulier pour conquérir l'affection de ses élèves. Par son entrain, par sa verve, par son dévouement, il les empêchait de se décourager. Que de jeunes gens, rebutés tout d'abord par les premières difficultés de Ja paléographie, ont été ainsi soutenus par sa parole d'apôtre, et, entraînés par la chaleur et par la conviction de leur maître, ont continué des études dans lesquelles ils sont devenus des maîtres à leur tour! Il leur communiquait son enthousiasme pour la littérature du moyen âge; il savait les initier d'une façon vive et agréable à des travaux nouveaux pour eux et absolument ardus. Je ne crains pas d'affirmer que Léon Gautier est un des hommes qui ont le plus contribué à former des paléographes et des érudits.

« II a pris rarement la parole au milieu de nous. A voir l'attitude tranquille et recueillie qu'il conservait pendant nos séances, qui aurait pu deviner l'éloquence passionnée dont il était doué et dont il savait se servir d'une manière si profitable dans son enseignement? Son cœur débordait de bonté, de tendresse et de chaleur; on le sentait au ton vibrant de sa voix; on le lisait dans ses yeux; on le devinait dans la façon dont il parlait de ce qui lui était cher. Pendant toute sa vie, il a hautement affirmé ses sentiments religieux ; il revendiquait avec orgueil les titres que lui avaient valus ses écrits pour la défense delà foi catholique. Mais sa religion n'était pas intolérante; ses amitiés et ses admirations en sont la preuve.

« II meurt en pleine possession de son talent, travaillant toujours, au moment même où il venait d'achever un nouveau livre, complément de ses Épopées françaises, la Bibliographie des Chansons de Geste. « Ce « n'est pas sans quelque, tristesse et mélancolie, dit-il dans la préface, « que nous disons adieu à des études qui ont charmé et rempli tant « d'années de notre vie. Peut-être avons-nous fait mieux connaître et a aimer plus vivement notre Épopée nationale et par elle notre France. « C'est notre vœu le plus cher et ce serait notre plus chère récompense! » II venait d'écrire ces lignes où, comme toujours, déborde son cœur, mais entre lesquelles on lit ses tristes pressentiments. Quand la mort est venue le prendre, elle ne l'a pas surpris. Il Га vue venir avec le calme profond et la parfaite résignation d'un chrétien. « Le jour de la Saint-Louis, fête du pieux roi qui, comme lui, aima si passionnément l'Église et la France, il s'est éteint, plein de sérénité, dans les bras de la fidèle compagne qui avait partagé avec lui les bons et les mauvais jours, laissant à ses enfants l'exemple d'une vie noble et .simple, utile à la science et au pays. »

(Bibliothèque de l'école des chartes, 1897, tome 58)

 

Ouvrages de Léon Gautier réédités:

27/07/2010

Les sociétés secrètes et la société

 (Nicolas Deschamps / Claudio Jannet, Cercle Edouard Drumont)

 

320_9140898.jpgUn prêtre que nous avons connu docte et ferme, dévoué au bien, dévoué à l'Église et aux conditions de l'ordre en ce monde, témoin attentif et clairvoyant des choses de son temps, lecteur, chercheur, annotateur infatigable, très-épris de la vérité, toujours indomptable dans sa foi et dans sa pensée, est mort récemment, après avoir achevé un immense travail sur la Franc-maçonnerie.

Rien de plus instructif, de glus curieux, de mieux démontré. C'est là que les masques tombent et que les voiles sont déchirés. La Franc-maçonnerie est là dans son origine, dans ses branches, dans ses doctrines et ses oeuvres. L'auteur ne fut jamais affilié, mais il a lu tout ce que les affiliés ont écrit en France, en Italie, en Allemagne, en Angleterre ; il appelle chaque chose par son nom et nomme ceux qu'il faut nommer. Il procède par dates et par citations et prouve tout ce qu'il avance. Il marche toujours en règle, toujours muni, toujours armé. C'est une vaste érudition contemporaine appliquée à des hommes et à des choses qu'il nous «importe de connaître et qui porte le secret des événements de notre siècle. Cet ouvrage, intitulé : Les sociétés secrètes et la société ou philosophie de l'histoire contemporaine est la plus vive lumière qui ait été jetée sur le monde ténébreux où se forgent depuis longtemps les plus cruelles armes contre l'Église, la royauté et les plus saintes traditions du genre humain.

M. POUJOULAT

(l'Union du 3 mars 1874)

Disponible au Cercle Edouard Drumont

 

Ouvrage également réédité par les Editions Delacroix et les Editions Saint Rémi

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26/07/2010

Le septième numéro de la revue "La Dernière Bataille" est paru

 

« L’heure est sombre ! La France a besoin de tous les dévouements. Voulez-vous que nous combattions encore côte à côte, comme au temps où gentilshommes et plébéiens mêlaient leur sang sur les champs de bataille pour constituer la Patrie française que le Perfide est en train de détruire. » (Marquis de Morès)

 

 

 
 

 

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Revue mensuelle

N°7 Juillet - Août 2010

Pour recevoir un numéro spécimen de la revue (format pdf), contactez-nous à l'adresse suivante: dernierebataille@yahoo.fr

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25/07/2010

Madame Elisabeth, un ange protecteur

(Jean de Viguerie, Le Sacrifice du soir. Vie et mort de Madame Elisabeth, soeur de Louis XVI, éditions du Cerf)

couv8754g_260.jpg«Je vivrai cent ans à moins que l’on ne m’assassine.» La soeur de Louis XVI, Madame Elisabeth, mourra à trente ans, assassinée par celle qu’elle appelle elle-même «l’ennemie », la Révolution. Le livre que lui consacre Jean de Viguerie est un hommage vibrant, précis sur les détails jusqu’à la minutie mais en même temps reliant toujours les micro-événements de cette courte existence à la grande Histoire.

 Spécialiste du XVllle siècle auquel il a consacré un Dictionnaire dans la collection Bouquins, l’auteur est aussi l’attentif biographe du frère de Madame Elisabeth, le roi Louis XVI. Il est parfaitement familier avec les différents protagonistes de cette biographie, qu’il intitule, non sans raisons profondes, Le Sacrifice du soir. C’est une véritable sainte dont il décrit la vie, offrant son célibat dès l’âge de 15 ans, avec l’accord de son frère, mais refusant de devenir religieuse, car elle souhaite, dit-elle, se consacrer à sa famille». Elle en sera l’ange, faisant preuve « de plus de fermeté que son frère » comme le note le constitutionnel Malhouët, et elle ne survivra pas au massacre du roi et de la reine, puisqu’elle est elle-même guillotinée, le 10 mai 1794.
On lui avait offert plusieurs fois de s’échapper, elle n’a jamais voulu quitter son frère. Elle a même souhaité le 20 juin 1792 sauver la reine, en laissant la populace qui a fait irruption dans les Tuileries, la confondre avec elle : « Ne les détrompez pas ! S’ils pouvaient me prendre pour la Reine, on aurait le temps de la sauver.» Son sacrifice muet a quelque chose de sublime qui donne à ce livre d’histoire une étrange beauté...


JoëI Prieur

(Minute, n°2469, 14 juillet 2010)

Ouvrage disponible à la SA DPF, B.P. 1, 86190 CHIRE-EN-MONTREUIL

 

24/07/2010

L’homme des droits de l’homme et sa compagne

(Xavier Martin, Editions Dominique Martin Morin)

 

833869621_L.jpgDans cet ouvrage, Xavier Martin, poursuivant ses études approfondies de l’ « homme des droits de l’homme », va insister sur plusieurs caractéristiques complémentaires de la vision de l’homme des prétendus philosophes des « Lumières ».

Ainsi, pour ces « penseurs », la fonction pensante n’est conçue que comme accidentelle. En effet, la pensée chez l’homme est contre nature. Pour Joubert, inspecteur général de l’Université Impériale, la nature « a pourvu aux travaux nécessaires à la vie en ne donnant à la plupart des hommes que des cerveaux qui ne font rien ».

Par ailleurs, ce que l’ont peut remarquer, c’est la non existence de la femme en tant qu’être humain. La femme n’est pas, pour ces « philosophes » l’égale de l’homme, elle lui est bien inférieure. Un de leurs disciples, Proudhon, a bien résumé dans ses Notes et pensées, cette conception quelque peu réductrice de la femme : « Je crois que c’est élever très haut la femme que de l’appeler compagne de l’homme ». La femme n’est donc finalement qu’un instrument.

Au fur et à mesure des investigations de Xavier Martin, la conception de l’ « homme des droits de l’homme » est de plus en plus réductrice ; et le corpus doctrinal des « Lumières » nous apparaît d’autant plus délirant et dangereux pour la société.

 

Jean de Saint-Herbot

Disponible aux Editions Dominique Martin Morin (DMM)

23/07/2010

Mgr Delassus (1836-1921)


(Louis Medler, Editions du Sel)
 
 

Face à la conjuration antichrétienne, un maître contre-révolutionnaire


39333.jpgPremière étude d'ensemble sur Mgr Henri Delassus (1836-1921).
Cet auteur antilibéral, qui fut plusieurs fois félicité par saint Pie X, mérite le titre de Docteur de la Contre-Révolution. Spécialiste de l'ennemi, il décrit de façon saisissante la conjuration antichrétienne, la voyant même à l'avance pénétrer dans l'Église.


Introduction de l'ouvrage

On peut, en généralisant quelque peu, distinguer trois types principaux dans la grande famille des écrivains catholiques contre-révolutionnaires :

Les docteurs, d’abord ; ceux qui délivrent avec autorité les principes de salut face à la subversion révolutionnaire. Citons en France : le père de Clorivière (trop peu connu, mais qui mérite d’être cité en sa qualité de pionnier), puis, pour nous en tenir aux plus célèbres, le cardinal Pie et Dom Guéranger ; au XXe siècle, Mgr de Castro Mayer au Brésil, Mgr Lefebvre en France, le père Fahey en Irlande ou le père Meinvielle en Argentine en seront les glorieux héritiers.
A ce premier groupe, on peut joindre d’autres auteurs qui, sans mériter le titre de « docteurs », car leur doctrine est parfois moins sûre, ont néanmoins exposé et répandu les principes contre-révolutionnaires. Appelons-les donc «penseurs», et nommons : les écrivains de la première génération contre-révolutionnaire, malheureusement contaminés par le virus fidéiste (Bonald) ou ontologiste (Blanc de Saint-Bonnet) ; Joseph de Maistre qui, davantage visionnaire que doctrinaire, se fiait plus à son intuition (souvent géniale, mais nullement infaillible) qu’aux données les plus sûres de la théologie ; les abbés Joseph et Augustin Lémann; Mgr de Ségur, etc. Joignons-y le premier théoricien de l’école sociale : Frédéric Le Play.

— Viennent ensuite les spécialistes de l’ennemi, les agents de renseignements (le contre-espionnage si l’on veut) : tous ces historiens qui, depuis Barruel jusqu’à Pierre Virion, en passant par Crétineau-Joly et Léon de Poncins, s’emploient à écarter les décors en carton-pâte de l’histoire officielle pour découvrir et dénoncer les machinations des sectaires.

— Troisième groupe, enfin, celui des combattants directs, les publicistes et polémistes qui assaillent l’ennemi concret de leurs traits personnalisés. Louis Veuillot en est l’exemple achevé au XIXe siècle ; l’abbé Emmanuel Barbier et sa revue La Critique du libéralisme, au début du XXe siècle.

Bien sûr, ces types ne sont pas exclusifs les uns des autres : rares sont les auteurs qui se sont cantonnés en un seul genre. Mais rares sont aussi ceux qui, comme Mgr Delassus, se sont nettement placés au carrefour des trois groupes tout en appartenant pleinement à chacun d’entre eux.


En outre, Mgr Delassus occupe une place centrale à l’intérieur même de ces trois groupes, à cause du moment où il intervient : dans les années 1890-1910, période-clé du combat, et charnière entre le XIXe et le XXe siècle.

— Dans le groupe des docteurs et des penseurs, il est celui qui peut, au seuil du XXe siècle, présenter une synthèse de l’œuvre de ses prédécesseurs ;

— parmi les spécialistes de l’ennemi, il est celui qui voit la conjuration antichrétienne pénétrer à l’intérieur même de l’Église. Les travaux de Barruel et Crétineau-Joly, qu’il reprend et utilise abondamment, prennent toute leur signification quand il montre, dans le modernisme, l’aboutissement des menées qu’ils dénonçaient ;

— parmi les combattants concrets, enfin, Mgr Delassus doit faire face à la troisième vague de libéralisme, celle des démocrates-chrétiens et des modernistes de tout poil, dans les années 1890-1910. Il se trouve, là encore, au cœur du combat, puisque les historiens nomment généralement deux grands polémistes antilibéraux (ou « intégristes ») en France, à cette époque : l’abbé Emmanuel Barbier et Mgr Delassus.



Personnage central, personnage-clé, Mgr Delassus ouvre, par son œuvre et son combat, une large perspective sur l’ensemble du mouvement contre-révolutionnaire. C’est dans cette optique que nous l’étudierons ici, en faisant apparaître successivement trois aspects de sa personnalité :
— l’héritier des docteurs et des penseurs contre-révolutionnaires du XIXe siècle,
— le spécialiste de l’ennemi,
— le combattant concret.

Nous considérerons donc à la fois sa vie et son œuvre – tout en insistant particulièrement sur l’œuvre, puisque c’est aujourd’hui, pour nous, le plus important. Nous manquons, de toute manière, des documents nécessaires pour reconstituer sa vie dans le détail puisque tous les papiers personnels de Mgr Delassus, toute sa correspondance, ses notes, ses documents ont mystérieusement disparu au lendemain de sa mort.


Plan de l'ouvrage

I. — Légataire universel
– Les origines familiales de Mgr Delassus
– La famille intellectuelle de Mgr Delassus (les enseignements pontificaux ; Pie IX ; Joseph de Maistre, Frédéric Le Play, Blanc de Saint-Bonnet)

II. — Spécialiste de l'ennemi
– Fiabilité documentaire de Mgr Delassus (et de ses sources : Augustin Barruel et Jacques Crétineau-Joly)
– Théologie de la Contre-Église (La conjuration antichrétienne, ses agents et ses complices inconscients ; le cas de l'abbé Lemire)

III. — Le combattant
– La troisième vague libérale (les "abbés démocrates" ; École de Liège et école d'Angers ; Dérive libérale de l'antilibéralisme économique)
– Les ambiguïtés de départ de la "démocratie chrétienne" (le Ralliement ; les deux démocraties)
– "Démocratie chrétienne" ou conjuration antichrétienne ?
– La fin du règne de Léon XIII (les congrès ecclésiastiques ; l'américanisme ; manœuvres romaines)
– Sous le pontificat de saint Pie X
– Une figure d'inquisiteur ?

CONCLUSION : le prêtre

ANNEXES
– Les ouvrages de Mgr Delassus
– Approbation romaine du livre La Conjuration antichrétienne
– Hommage du chanoine Constantin Lecigne à Mgr Henri Delassus
– Lettre du père Berthe à Mgr Delassus
– Textes de Mgr Delassus parus dans Le Sel de la terre

 

Disponible aux Editions du Sel

22/07/2010

Etudes sur la Révolution

(Père Pierre-Joseph de Clorivière, Editions Saint-Rémi)
G2-8162-0020-1.jpgCette étude est en deux parties 1°) Les doctrines de la déclaration des droits de l'homme. 2°) Vues sur l'avenir (Caractères et conséquences de la Révolution - Conditions d'un relèvement durable.) Voici un ouvrage que toutes les élites catholiques devraient lire et méditer, car si un jour la France doit se relever de la catastrophe révolutionnaire, ici sont exposés brillamment les principes qui doivent présider à un pareil redressement, qui est entre les mains de Dieu. « Semblable à son divin Époux, l'Homme de douleurs, l'Église sera regardée comme si Dieu l'avait frappée et abattue, et son âme, comme celle de Marie, sera percée du glaive de la Justice divine « afin que les pensées de plusieurs soient découvertes ». Les desseins de Dieu sont impénétrables, ce qui paraît y être le plus contraire, devient dans Ses mains un moyen de les accomplir d'une manière plus admirable. Purifiée et fortifiée par ces jours d'oppression et d'obscurité, l'Église reparaîtra plus brillante et plus étendue que jamais. Elle sera de nouveau reconnue pour la reine et la maîtresse des nations. Mais que les vrais fidèles restent fermes dans l'épreuve, et que ceux qui chancellent prennent garde de perdre le peu de lumière qui leur reste, qu'ils raniment leur foi, afin de ne pas se laisser éblouir par de fausses apparences, et d'aimer mieux être affligés avec les justes que de se réjouir avec les pervers. »
 
 
Disponible aux Editions Saint-Rémi

20/07/2010

Maurras toujours là

(Jean Madiran, Editions de Paris)

 

maurras-toujours-la.jpgPour avoir été désigné par Maurras comme l’un de ses successeurs, Jean Madiran est certainement l’un des meilleurs connaisseurs du maître de l’Action française. Il lui a d’ailleurs consacré un livre important (Maurras, NEL), avec un chapitre essentiel sur la question du “politique d’abord”. Jean Madiran aborde Maurras sous l’angle de la piété, ce qui lui donne une connaissance très fine de l’homme et de l’œuvre en même temps qu’elle l’écarte de la tentation du psittacisme maurrassien. Madiran a évolué à plusieurs reprises sur Maurras, passant par exemple (et ce n’est qu’un exemple) d’une prise de distance dans la préface qu’il a donnée à l’Enquête sur le nationalisme de Marcel Clément à un retour au nationalisme tel qu’il apparaît dans un éditorial d’Itinéraires (le n° 302 par exemple) ou dans ses articles de Présent. Ce nouveau livre offre, à côté d’autres textes, la préface que Maurras avait accordée à l’ouvrage de Jean-Louis Lagor (le pseudonyme de Madiran), La philosophie politique de saint Thomas. Le livre partait en guerre contre Gilson auquel Madiran consacrera plus tard un ouvrage (Gilson, NEL) et dont il publiera en épisodes un livre entier dans Itinéraires.

Madiran explique ici la portée de cette lettre-préface. Dans ce texte, Maurras écrivait notamment qu’il ne croyait pas « que notre pays puisse se relever de sa dernière chute profonde sans le concours de catholiques nombreux, actifs, influents, et dont l’esprit soit restauré dans sa vertu, régénéré dans son principe ». On a l’impression de lire l’architecture de ce que sera la Cité catholique de Jean Ousset, cet autre héritier possible nommé par Maurras. On notera aussi l’appel au bonheur qui révèle un Maurras bien plus humain que les portraits habituellement tracés. Pourquoi avoir publié la préface et n’avoir pas réédité le texte qu’il présente ? La réponse se trouve dans la dédicace que Madiran-Lagor donna à un jeune lecteur fervent, en 1988 : « C’est quand même à refaire, il y a beaucoup de faiblesses ». Dans ce nouvel ouvrage, Madiran regrette à juste titre l’oubli par certains de l’œuvre d’Henri Charlier. Il le note à propos de deux livres consacrés à Maurras. [...] Il revient aussi sur son plus beau texte consacré à Maurras : Pius Maurras, que l’on trouve, complet, dans son Maurras.

P.M.

(L’Homme Nouveau, n° 1327, 4 juillet 2004)

Disponible aux Editions de Paris

19/07/2010

Mon vieux Paris

(Edouard Drumont, Editions Saint-Rémi)
G2-84519-924-4.jpg« Le public a fait un accueil véritablement exceptionnel à Mon Vieux Paris commenté par le crayon de Gaston Coindre. Il a eu raison. Quand je rencontre ce volume sur une table et que je jette les yeux sur les illustrations, il m'arrive parfois d'oublier que je suis l'auteur du texte et de m'écrier : « Quel joli petit livre ! » Les lecteurs prendront plaisir comme moi à parcourir ce Paris d'autrefois qui ressuscite devant les regards de tous, grâce à cet artiste qui aime la grande ville d'un amour si profond et qui la comprend si merveilleusement. Sans doute, ce travail, qui a été un délassement pour moi, est un peu en dehors de mes études habituelles. Il se rattache à mon œuvre, cependant, car les lieux qui ont servi de cadre à la vie de nos pères racontent à leur façon les transformations et les métamorphoses d'une société… Qu'est-il arrivé ? C'est que Paris est devenu la ville de l'Europe où la vie est la plus chère, et que Paris a perdu en même temps cette physionomie particulière qui en faisait une ville à part, une cité privilégiée, un séjour original et charmant, dont chacun subissait involontairement la mystérieuse séduction. En 1878, au moment où parut la première édition de Mon Vieux Paris, on pouvait encore douter de ce résultat. Il semblait que le parti qui, après une lutte acharnée, venait de s'emparer du pouvoir allait appliquer ces magnifiques programmes qui avaient enthousiasmé nos jeunes intelligences et faire régner partout la fraternité et la justice. L'épreuve est faite aujourd'hui et l'histoire de ces dix-huit années n'a été qu'une longue suite d'humiliations, de turpitudes et de scandales. On pardonnera ces réflexions un peu moroses à un écrivain auquel le titre du premier volume publié rappelle la jeunesse écoulée. Elles n'empêcheront pas nos lecteurs de prendre quelque agrément à ce voyage à travers le Passé, à cette pittoresque promenade dans le Paris d'autrefois. »
Edouard Drumont
Disponible aux Editions Saint-Rémi